Ken le Transporteur - Actualité manga

Dossier

actualité manga - Ken le Transporteur



L'histoire


Découvrez les aventures mouvementées de Ken Takahashi, autrement appelé Ken le transporteur. Les voyages de ce héros pas comme les autres vous inviteront à découvrir de nombreux pays (Afghanistan, Thaïlande, Bali, Mexique...) et provoqueront un dépaysement garanti! Mêlant action, aventure, amour et voyages, ce titre unique méritait amplement son article!

Fiche signalétique


Ken le transporteur (運び屋ケン) a été publié au Japon d'août 1998 à septembre 1999 par l'éditeur Pan Rolling.
Cette série a été écrite et dessinée par Akira Fukaya (深谷 陽). Elle est terminée en quatre volumes.
C'est l'éditeur Doki doki qui a publié cette série en France, de décembre 2006 à juin 2007. Tous les volumes sont disponibles.





L'auteur


Akira Fukaya est né en 1967. Il a tout d'abord travaillé dans le milieu du cinéma, notamment en tant que décorateur et maquilleur.
C'est en 1994 que débute sa carrière de mangaka. En 15 ans, il a travaillé pour de nombreux éditeurs, dont les plus réputés. Passionné par les voyages, il en fera une des thématiques centrales de son oeuvre. Depuis quelques années il enseigne le dessin dans une université de Tokyo, tout en continuant son travail de mangaka.



Le saviez-vous?


Malgré sa brieveté, la série d'Akira Fukuya a eu droit à une réedition au Japon. Amplement mérité vu son succès et sa qualité scénaristique. Voici un visuel des deux volumes que compte cette réedition.





Vous noterez que pour le premier tome, l'auteur a repris les pinceaux pour créer une couverture inédite, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.
De plus, l'auteur propose à la fin du quatrième volume quelques nouvelles inédites!




Un récit bref mais très intense


Ce n'est que tardivement (un an après la parution du quatrième et dernier volume de la série) que j'ai découvert Ken le transporteur. J'ai toujours été alléché par la beauté des couvertures mais un doute bloquait mon achat: Je m'interrogeais sur la brièveté d'une histoire qui ne faisait que quatre volumes, pensant à tort qu'un récit si court ne pouvait aller qu'à l'essentiel, et que le scénario, comme les personnages risquaient de manquer de profondeur... Quelle erreur!

J'ai en effet été tout de suite détrompé par le format épisodique de Ken le transporteur. Par «format épisodique» je veux dire qu'il n'y a pas de fil conducteur dans l'intrigue du manga. Nous avons donc affaire à une succession d'histoires, qui comptent trois chapitres au maximum, et qui peuvent presque être lues indépendamment les unes des autres. Le héros est bien évidemment toujours le même, mais c'est l'univers dans lequel il évolue qui change (nous y reviendrons plus tard).


Chaque histoire voit son univers particulièrement développé, et on sent un réel effort de documentation de la part de l'auteur. Ainsi, bien que le schéma narratif soit similaire au fil des chapitres (le héros a une mission à remplir), le polymorphisme des lieux rend chaque histoire unique, et à aucun moment je n'ai ressenti un sentiment de lassitude tout au long de ma lecture... Bien au contraire!

Enfin, je me dois de vous parler de l'intensité narrative de cette série. Les épisodes s'enchaînent à un rythme endiablé et maîtrisé. Il n'y a pas de temps mort dans Ken le transporteur, et pour apprécier pleinement cette série, il faut la lire d'une traite pour s'immerger pleinement dans les aventures dépaysantes de notre héros.

Chaque tome demande par ailleurs un certain de lecture (on ne lit pas un volume de Ken le transporteur en 15 minutes, mais plutôt en une heure).

Nous ne parlerons pas du personnage principal qui a droit à sa propre partie ci dessous, mais  nous allons plutôt nous intéresser aux personnages secondaires... Il est vrai que ces derniers ont tendance à être «écrasés» par Ken, tant il monopolise par ses péripéties le récit (ce n'est pas pour rien si la série porte son nom). Il n'empêche qu'ils sont toujours très développés.
L'auteur s'attache en effet à crée un passif pour chaque intervenant, tout en le dotant d'une personnalité fouillée et vraissemblable. Le réalisme est tout simplement le leitmotiv de l'auteur.

On peut également noter que le format court de cette série la rend abordable pour tous les types de bourse. Et honnêtement, Ken le transporteur vaut largement les 28 euros qu'il faudra payer pour vous l'offrir! N'hésitez pas car vous passeriez alors à côté d'une série aux influences seinen très en marge de la production actuelle.




Portrait d'un héros voyageur


Très atypique, le personnage de Ken Takahashi étonne sur plusieurs points et demeure, avec le réalisme et l'esthétisme des décors, le point fort de ce titre. Il est évident que Fukaya Akira s'est inspiré de nombreux héros du cinéma ou de la bande dessinée dans la création de son héros. Je vous propose donc un petit tour d'horizon des modèles qui ont servi à l'élaboration de Ken.


Indiana Jones, sans le fouet
Avec son côté aventurier et découvreur de reliques, on ne peut qu'établir un parallèle avec le célèbre archéologue crée par Spielberg. En effet, Ken se verra confier à de maintes reprises des missions relatives à la découverte de reliques à caractère religieux. Déterminé, il fera tout pour accomplir à bien ses missions, n'hésitant pas à se faire des ennemis, surtout dans le milieu de la pègre. Rien ne se passe jamais comme prévu et notre héros vivra de nombreuses aventures exotiques, à l'instar d'Indiana Jones.


Jame Bond, sans le pistolet
Dans sa relation avec les femmes et les nombreuses séquences romantiques qui ponctuent ses voyages, on peut facilement comparer Ken à l'espion britannique de Ian Flemming. Poseur et séducteur, notre héors est un véritable Don juan et ne néglige pas la gent féminine! Bien au contraire, il lui accorde beaucoup d'importance. On retrouve ainsi dans chaque épisode une femme dont le rôle varie au gré de l'imagination de l'auteur et des péripéties du héros: aventure d'un soir, amour sincère ou coéquipière de choc et de charme... leur rôle est déterminant: tout en servant de rouage essentiel au récit, elles mettent en valeur le côté chevaleresque du héros. Il suffit d'ailleurs de regarder la jaquette de chaque volume pour s'en rendre compte de l'importance de la gent fémine dans Ken le transporteur.


Ken le survivant, sans les cicatrices mais avec la matière grise
Avec un tel prénom, un penchant pour la castagne et un corps bodybuildé, Ken Takahashi a certains points communs avec l'héritier du Hokuto! Mais là où le Héros de Buronson et Hara utilise sa masse musculaire pour anéantir ses ennemis dans un flot d'hémoglobine, Ken le transporteur utilise avant tout sa matière grise et développe presque toujours une stratégie pour vaincre ses adversaires. Que les afficionados d'action se rassurent: la baston fait bien partie du savant mélange qui constitue l'oeuvre de Fukaya Akira (le premier chapitre donne d'ailleurs tout de suite le ton) mais reste toujours orchestrée selon une tactique mûrie par notre héros.





Une invitation au voyage


Un récit exotique

Les multiples pays visités par notre héros, dans le cadre de son travail, font de Ken le transporteur un récit de voyage, propice à l'évasion mais également à l'apprentissage de connaissances sur les pays parcourus.
En effet, si l'on peut critiquer le style graphique de l'auteur dans sa manière de dessiner les personnages, on ne peut pas en dire autant des décors.

Dès les premières pages, on ressent un souci de réalisme qui sera présent tout au long des chapitres qui composent le récit d'Akira Fukaya. Baroudeur lui-même, l'auteur s'est appliqué à faire un gros travail de documentation lors de ses nombreux voyages, il l'explique d'ailleurs dans des commentaires situés entre deux chapitres.



Mais au delà d'apporter une plus value esthétique indéniable à sa série, Akira Fukaya s'efforce de faire découvrir à son lecteur la situation géopolitique des pays visités par Ken. On en apprend ainsi beaucoup sur la culture, les traditions, le mode de vie mais aussi les difficultés de chaque pays traversé par Ken. Encore une fois ce souci de réalisme exarcerbé de l'auteur s'exprime pleinement: le portrait de chaque pays est sans concession, Fukaya n'hésitant pas à nous montrer les plus sombres travers des contrées servant de décor aux tribulations de Ken.

Ainsi lorsque notre héros parcourt l'Afghanistan, le lecteur découvrira toute l'influence néfaste de la culture du pavot pour la population, les problèmes de guerilla, ou encore les champs de mines laissés par les russes lorsqu'ils occupaient le pays, et qui provoquent encore de nos jours des ravages chez les civils pourtant innocents...



Panorama non exhaustif des pays visités par notre héros.
Dans Ken le transporteur, on ressent tout l'amour de l'auteur pour le continent asiatique. Ainsi, à une exception près, tous les pays visités par Ken font partie de L'Asie. Je vous propose un petit panorama illustré des pays visités par notre héros baroudeur, en espérant qu'il vous donnera envie de lire le manga.



Bali: C'est le pays où Ken aime se ressourcer. L'auteur se plaît à nous montrer les rizières et la végétation luxuriante de ce pays qui compte beaucoup sur l'économie touristique.





L'Afghanistan: Pour retrouver des pierres précieuses, Ken va parcourir les différentes contrées de ce pays montagneux.






La Thaïlande: Bangkok et sa misère, ses laissés pour compte, mais aussi ses rues tortueuses et ses temples. L'auteur consacre plusieurs chapitres à cette ville, qu'il appelle affectueusement «La cité des anges».





Le Népal: Perdue au coeur des montagnes, découvrez Katmandou, capitale d'un pays somptueux en quête de spiritualité. L'auteur s'attache à nous faire découvrir l'artisanat  de ce pays, mais aussi la culture «sherpa».





L'Inde: Le temps d'un chapitre, l'auteur nous dresse le portrait de L'inde et ses femmes fières, son fleuve et ses vaches sacrées...




Je ne pouvais bien évidemment pas vous présenter tous les pays visités par Ken lors de ses pérégrinations (la liste serait beaucoup trop longue)... Sachez juste que de nombreux autres pays sont au programme des quatre volumes du manga d'Akira Fukaya. Une chose est certaine: vous risquez d'avoir une brusque envie de voyager après avoir refermé le dernier volume de la série!




Graphismes et adaptation



Graphismes


S'il y a bien un point contestable dans l'oeuvre d'Akira Fukaya, c'est sa manière de dessiner ses personnages. On constate en effet une certaine propension de l'auteur à oublier les notions de proportion dans la manière de dessiner son héros, surtout dans les deux premiers volumes. Des fois, les bras de Ken sont vraiment trop musculeux mais surtout trop courts par rapport au reste du corps, et les épaules sont parfois beaucoup trop larges... ce qui peut évidemment choquer. Notons néanmoins que l'auteur tend à corriger ce défaut au fil des chapitres.

Pour ses personnages, le talent de l'auteur s'exprime avant tout dans les plans très serrés, où il peut alors insérer une multitude de détails et recourir à une palette d'expressions très riche. On constate néanmoins qu'il a un style parfois unique, notamment lorsqu'il dessine des visages blessés.






Signalons également tout le dynamisme de certaines planches. Le trait de l'auteur n'est pas du tout figé, et le lecteur sera tout simplement «entraîné» comme Ken dans les nombreuses scènes d'action du manga, qui sont toujours très bien retranscrites..


Enfin, je me dois de vous reparler une fois de plus de toute l'importance accordée aux décors dans l'oeuvre de Fukaya. Précis, esthétiques et réalistes, ils servent à la perfection une histoire dont la thématique principale est le voyage... pour le plus grand plaisir du lecteur qui finira lui aussi par voyager au gré des péripéties du héros.



Adaptation


Le travail de Doki doki est de très bonne facture sur ce titre, comme d'habitude. Le lettrage est de qualité et je n'ai observé aucune coquille. La traduction est aussi très bonne.
Les onomatopées sont traduites et nous permettent de bien appréhender certains évènements de l'histoire.
Il y a des pages en couleur dans chacun des tomes de la série, ce qui est de plus en plus rare de nos jours.
Pour un travail d'une telle qualité, je m'étonne encore du prix relativement bas (6.95 euros) d'un volume. On ne peut que remercier Doki Doki qui s'impose comme un des meilleurs éditeurs en terme de qualité/prix.






Conclusion


En définitive, Ken le transporteur fait partie des quelques rares titres en marge de ce qu'on peut trouver actuellement en France. Brillant mélange d'action, d'aventure, d'humour et de voyages, il ravira sans nul doute les amateurs de seinen bien rythmés. Le héros est particulièrement attachant: son côté «casse-cou» plaira aux lecteurs masculins tandis que ses airs de play-boy trouveront écho auprès des lectrices...
Si vous hésitez encore, souvenez-vous de l'édition de qualité proposée par Doki doki et le prix de la série, tout à fait abordable... Vous n'avez plus aucune excuse!
Un seinen de qualité, presque essentiel dans une mangathèque.



© FUKAYA Akira / Pan Rolling Inc. / DOKI-DOKI


Dossier réalisé par Shinob - Mise en ligne le 30/06/2008

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D'où vient cette réplique ?
"Oeil pour Oeil dent pour dent si mon ennemi est capable d'une chose il n'y a pas de raison que je ne le puisse pas le faire !"
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