Je ne suis pas un ange - Actualité manga

Dossier

actualité manga - Je ne suis pas un ange

Note des lecteurs: 18 /20

Profil de la série

    
                                                                                      
Fiche signalétique:                          
Je ne suis pas un Ange, ou  Tenshi nanka ja nai  (ou encore Ten nai ) est un manga de Ai Yazawa, prépublié dans le magazine Ribon. La série a été publiée pour la première fois, en format relié, en 1992, au Japon, chez Shueisha. En France, c'est l'éditeur Delcourt qui publie cette série, de 2007 à 2008, en édition deluxe. Elle compte en tout 4 volumes d'environ 430 pages chacun.
                
Édition française:

               
Édition japonaise simple:

        
                               
Artbook:

L'Artbook, uniquement en version originale, est vraiment très joli! En très grand format, il nous offre de belles illustrations, parfois en double page, ou encore sur des pages qui se déplient afin de donner une plus grande vue sur les personnages. Vous retrouvez ainsi les dessins des chapitres, mais cette fois-ci en couleurs! Et également ceux qui figurent sur les couvertures. De plus, cela donne vraiment envie de voir tous les produits dérivés de la série, présents à la fin du livre.
        
        
L'auteur:
Née le 7 mars 1967 à Osaka. Passionnée par le dessin, Ai Yazawa participe à 13 ans à un concours organisé par la maison d'édition Shueisha et remporte un premier prix. Passionnée par la mode, elle s'inscrit à 18 ans à l'Institut de Mode d'Osaka, une école de stylisme. Mais ce fut un échec, et elle abandonne ainsi ses projet. Néanmoins, la mode reste un sujet fort qu'elle utilise avec droiture et passion dans beaucoup de ses séries. Yazawa a commencé à être publiée en 1985, à l'âge de 17 ans, avec la série Juugo nen me (les yeux d'une personne de 15 ans). Elle a depuis créé plus de 10 séries, parues dans leur grande majorité dans le magazine Ribon. Bien que ses œuvres antérieures soient encore publiées par la maison d'édition Shueisha (détentrice du magazine Ribon), ses œuvres récentes apparaissent désormais dans d'autres magazines comme Zipper et Cookie.
    
    
Les séries inédites:
 - Juugo nen me (one shot)
 - Love letter (2 volumes)
 - Kaze ni nare (one shot)
 - Escape (one shot)
 - Ballad made soba ni ite (one shot)
 - Marine blue no kaze ni dakarete ( 4 volumes)
 - Usubeni no arashi (one shot)
 
                     
Kaze ni Nare: (1988)

Yuki Sakai, treize ans, participe au club de tennis de son école, mais elle n'est pas douée du tout... Un jour sa meilleure amie Mayumi Hirai la force à la remplacer pour l'épreuve de course à pied de relais, s'étant fait mal à la cheville. Yuki court très correctement, mais à cause d'une maladresse relègue son équipe à la dernière place. Cependant Hideki Nagoya, deuxième année, la voit courir, et décide de l'inciter à entrer dans le club de course à pied, où elle va révéler un certain talent.
                                
Princess Aï: (2004 - 2006) Publiée chez Soleil

Princess Aï est un manga créé par Courtney Love (chanteuse et guitariste de rock alternatif), et Ai Yazawa. Il introduit une nouvelle vague dans la BD japonaise, celle du "fashion manga", où les tenues sont très stylisées et travaillées.
Une mystérieuse jeune femme, Aï, est à la recherche de son identité et de son salut, dans notre monde et au-delà. Aï se réveille, perdue dans les bas-fonds de Tokyo. Elle va devoir trouver des indices pour savoir qui elle est, la raison de sa présence sur Terre et quel secret renferme son étrange boîte en forme de cœur. Lorsque Kent, un jeune homme tourmenté, lui propose son aide... et peut-être plus, son cœur bascule, mais les les forces de l'amour et du chaos se referment autour d'elle.
                     
Résumé:
Midori Saejima est une jeune fille pleine de vie, qui ne demande qu’à s’amuser. Pour elle, l’amitié est quelque chose de très important, et elle se démène corps et âme pour que ses proches soient heureux. Au lycée, elle est très populaire, et devient malgré elle la vice-présidente du comité des élèves, aux côtés d’Akira Sûdo, le garçon pour lequel elle est amoureuse en secret. Très vite, ils deviendront inséparables. Mais la vie n'est pas de tout repos pour ce jeune couple...
                       
« Je suis tombée amoureuse de lui au premier coup d’œil. Enfin, j’exagère peut-être un peu… Mais bon, quand je m’en étais aperçue, c’était déjà trop tard. Il m’avait comme hypnotisée ! Mais ce que j’aime chez lui… c’est son petit côté « bad boy ». Parce qu’en vrai… je sais qu’il est adorable… »
                                  
En ce qui concerne l'adaptation, Je ne suis pas un Ange est très bien retranscrit, et on ne déplore pas de fautes de grammaire ou d'orthographe. On peut ajouter que Yazawa est très forte en ce qui concerne les monologues des personnages. On connaît ainsi toutes les pensées de l'héroïne: Midori Saejima. C'est alors qu'au travers de paroles très simples, le lecteur se met à ressentir toutes sortes d'émotions.
Les dessins de l'auteur, en comparaison avec ses autres œuvres sorties en France, sont à part. Ici, ils paraissent parfois effacés, comme des croquis au crayon gris. Pour ma part, je n'avais pas tellement accroché à ces dessins, car ils changeaient beaucoup des lignes fluides et fines des séries Nana, ou encore Last Quarter. Mais finalement, cela n'était qu'une impression en feuilletant les tomes. Car vous vous rendrez compte par vous même de la beauté des dessins, de leur finesse et de toute leur élégance. Lorsque vous êtes plongés dans l’histoire, Yazawa réussit à donner de l’importance au plus petit détail. Chaque partie du corps est mise en valeur au moment le plus opportun, ce qui est très appréciable. Même si cette œuvre n'est plus toute récente, les dessins n'en sont pas pour autant vieillis, et plus vous avancerez dans votre lecture, plus vous les aimerez!
De plus, on peut ajouter que cette série, sortie en édition Deluxe, est très bien faite. Les couvertures sont très soignées, avec une image différente de celle de la couverture lorsque l'on soulève la jaquette. Les pages sont de très bonne qualité, ainsi que l'impression. Néanmoins, le seul reproche que je vais lui faire, est justement l'épaisseur des livres, pour une simple raison: lors de la lecture, le maniaque du livre parfait aura beaucoup de mal à lire ce qui apparaît au niveau de la tranche, puisqu'il veillera à ne plier son livre qu'au minimum. Car une ouverture trop grande peut abimer la tranche extérieure du livre, et ainsi faire une marque de pliage. Ce point négatif n'est pas négligeable je pense. C'est alors que même si cette édition est très belle, espérons qu'une édition moins épaisse, et donc plus pratique, verra le jour dans nos librairies!
                                                                                                      
                                                         
                                                                                                        
                                                                                                        
                                                                           

Les personnages

                           
Midori Saejima:
Personnage principal du manga, cette jeune fille est toujours en forme et très émotive. Douée en dessin et seule membre du club d’art, elle met ses talents au service du comité des élèves pour promouvoir ses projets. Tombée amoureuse d’Akira au premier coup d’œil, elle est ravie qu’ils soient tous deux au comité. Elle est perturbée par la relation unissant Akira et Hiroko, allant jusqu’à rompre, pour enfin se rendre compte de la profondeur de ses sentiments pour le jeune garçon. C'est une fille très sensible au bonheur de ses amis, elle n’a cesse de s’occuper de leurs affaires, ce qui peut en énerver certains. Surnommée « l'Ange Saejima » par ses camarades, Akira lui offre un pendentif en forme d'ailes. Durant une crise relationnelle avec lui, elle se fera la réflexion « Je ne suis pas un ange », d'où le titre de l'œuvre!
Elle est la vice-présidente du comité des élèves au lycée Hijiri, et fait partie du club d'arts plastiques.
                                                
Akira Sudô:
Adolescent parfois difficile à comprendre, il se démarque assez des autres, de part son physique et son style de vie: il vit seul. Sa mère l’a abandonné quand il avait six ans, et il refuse de la voir depuis. Il a une petite sœur qui s'appelle Hiroko et qui est déjà très perspicace pour son âge. Son père est président d’un grand groupe industriel et vit à Yokohama. Akira ne reçoit cependant aucun argent autre que le financement de ses études, et pour se faire des économies il fait souvent des petits jobs. En violation du règlement de l’école, il y vient en moto. Hiroko Maki était la petite amie de son ancien professeur Masashi et quand il est parti pour Paris, il l’a soutenue, car il éprouve des sentiments pour elle. Cependant il tombe amoureux de Midori, qu’il voudra rendre heureuse à tout prix. Il n'hésitera pas à parcourir le monde pour ramener Masashi auprès de Melle Maki. Il est surnommé « Sudô-Saure »; c'est Midori qui est à l'origine de ce jeu de mot entre son nom de famille et un dinosaure.
Il est le président du comité des élèves au lycée Hijiri.
                                       
Yûko Mamiya:
C’est une fille très austère, discrète, qui est sans cesse en train d’étudier. Surnommée « Mamirin », elle est l’exemple type d’élève modèle. Elle est sérieuse, et apparaît parfois coincée. Fille d’une famille assez aisée, elle a du mal à ouvrir son cœur aux autres, et n’y arrivera que grâce à sa rencontre avec Midori, qu’elle admire. Elle dira d’ailleurs, en réponse à une question de cette dernière sur ce qu'elle veut être dans le futur, « je veux devenir comme Midori Saejima ». C'est un personnage qu'on verra beaucoup évoluer tout au long de la série, et surtout s'épanouir. Elle aime Takigawa en secret depuis le collège. Elle vit mal qu’il sorte avec Shino, sans toutefois pouvoir lui reprocher.
Elle est secrétaire au comité des élèves au lycée Hijiri.
                                                
Shûichi Takigawa:
Surnommé « Takigawa-man » (référence à Ultraman, un super-héros extraterrestre). Il ne se rend pas compte des sentiments que Mamiya ressent envers lui. Il est très populaire auprès des filles. Il sort avec Shino depuis le collège. Il essaie d'être à la hauteur, mais n'y parvient pas toujours. Il se pose beaucoup de questions sur son couple et se rend compte qu'il n'est pas forcement heureux. Il faisait déjà partie du comité des élèves du collège avec Mamiya.
Il est le comptable du comité des élèves au lycée Hijiri.
                       
Bunta Kôno:
Garçon qui paraît insouciant, toujours en train de s’amuser. Il arbore souvent un bonnet d’ours, et pour lui, il n’y a pas plus viril qu’une bonne coupe en brosse! Il contribue grandement à la bonne ambiance qui règne au sein du comité des élèves. Il devient très ami avec Mako. Il était en classe avec Midori et Ken au collège, et connaît l'amour secret de ce dernier.
Il est secrétaire au comité des élèves au lycée Hijiri, et fait partie du club de rugby.
                              
Hiroko Maki:
Femme que tous les élèves admirent pour sa beauté, qualifiée de « femme parfaite », elle est très belle est délicate. Elle est très amie avec Midori. Durant de nombreuses années, elle a été la petite amie du professeur particulier d'Akira, Masashi. Elle souffre de l'absence de celui-ci, tout en ne voulant pas abandonner son rêve d'être professeur pour le rejoindre. C'est un personnage très émouvant, qui impressionne ses élèves, mais le lecteur, lui, voit plus loin, et c'est un cœur totalement brisé qu'il aperçoit à travers son sourire.
Elle est professeur d'arts plastiques au lycée Hijiri.
                                                 
Masashi Sakamoto:
C’est un peintre, dont le rêve est de peindre des personnes du monde entier. Il voyage donc beaucoup, et ne voit pour ainsi dire jamais Mademoiselle Maki, qu'il aime avec passion. Il entretient un lien bien particulier avec Akira. Il est sorti durant plusieurs années avec Maki, pendant qu'il était le professeur particulier d'Akira. C'est lui qui l'a présentée à Akira et ils ont partagés beaucoup de moments tout les trois, ce qui leur laissera des souvenirs impérissables.
                           
Shino Harada:
Faisant partie de la deuxième promotion de l’école Hijiri, c'est une connaissance de Mamiya et la petite amie de Shūichi. Elle dit cependant régulièrement du mal de lui, et est assez capricieuse. Elle est qualifiée de «mignonne», et est réputée par sa beauté. Malgré son orgueil qui paraît démesuré, on aura l'occasion de la voir sous un autre jour. Ainsi, elle se montre douce et gentille, jusqu'à aller se confier à Midori. On connaît ainsi ses regrets face à l'acte méprisable qu'elle a eu auparavant envers le courage de Mamiya: détruire le mot doux et les chocolats de celle qu'elle considérait alors comme sa rivale.
Elle est élue présidente du second comité des élèves du lycée Hijiri, et fait partie du club d'arts plastiques.
                                                         
Ken Nakagawa:
Ancien camarade de classe de Midori et de Bunta, il est chanteur dans un groupe d’amateurs. Il est le compositeur et interprète de la chanson tenshi no hohoemi  ( le sourire de l’ange), qui lui permettra d’être repéré par une société de production. C'est l'ami d'enfance de Midori, et n'oublie jamais l'anniversaire de cette dernière. Il est secrètement amoureux de Midori, et c'est en pensant à elle qu'il a composé cette chanson.                                                                   
                                                                                         
                                                                              
                                                                               
                                                                  
                                                    

L’amour, l’amour, et… encore l’amour!

                                                                
Comme dans tout shôjo, le thème principal est l’amour! Et Yazawa s’y prend tellement bien... est-ce un jeu d’enfant pour elle? Dès le premier tome, le lecteur est déjà empli d’espoirs, d’ambitions, et de beaucoup d’amour. Plusieurs couples se forment tout au long de cette série, plus ou moins importants, mais qui valent tous la peine d’être abordés!
               
                     
  Couple Bunta Kôno / Mako Taniguchi: Ces deux-là sont aussi timides l’un que l’autre, et on se demande comment ils ont pu finalement se mettre ensemble! Mako est très attendrissante, petite gamine qui est toujours en train de se réjouir de tout, et tombe très vite amoureuse de Bunta. Ils seront donc un couple très original, dont les journées seront rythmées entre club de rugby et bonnets à oreilles d’ours !
Ce couple ajoute un côté enfantin à la série. Mako, étant une fille très timide et plus que gamine avec les garçons, elle se montre très attendrissante, et sa relation avec Bunta n'en n'est que bénéfique pour l'ambiance de Je ne suis pas un Ange.

   Couple Shûichi Takigawa / Yûko Mamiya: Celle-ci est amoureuse de lui depuis très longtemps. Trop fière pour lui avouer ses sentiments, et aussi trop gênée, elle y parviendra en lui offrant des chocolats, mais la petite Shino (l'ex petite amie de Shûichi) passera par là pour les retirer. C’est ainsi que Mamiya a toujours cru que Takigawa connaissait ses sentiments, mais en vain. Enfin, elle se décide à aller le voir pour lui dire ce qu’elle ressent, et Takigawa ne peut que craquer !
Ce couple est très classique, mais je pense que les sentiments de Mamiya sont davantage sincères que ceux de Takigawa. Pourtant, on peut espérer que tout se passe pour le mieux entre eux pour la suite. Mamiya  est un personnage assez poignant je trouve. Elle est toujours très froide, mais lorsqu’il s’agit de l’amour, ça n’est plus la même personne! Ainsi, on a le plaisir de voir toute son évolution au travers de l’œuvre, et elle se rend compte de l’importance que Midori porte à leur amitié. Elle se met alors à se confier à elle, et ce, au plus grand plaisir du lecteur !

   Couple Masashi / Hiroko Maki: Ce couple est très important à l’histoire, et surtout, il rythme la relation entre Midori et Akira. Mademoiselle Maki, qui impressionnait Midori, est en réalité blessée par l’amour. En effet, Masashi, qui décide de parcourir le monde, n’est jamais à ses côtés, revient quand cela lui chante, et elle en souffre beaucoup. Melle Maki est très loin du portrait de la femme idéale que Midori s’en faisait. C'est une institutrice bien élégante, mais concernant l'amour, elle n'est pas la mieux placée pour espérer avoir des conseils. C'est ici un couple très spécial, dans lequel se mêlent sentiments et passions. Et c'est d'ailleurs cela qui le fait souffrir.
A chaque apparition, ou plus encore, allusion de Masashi, l’ambiance devient tout d’un coup tout à fait suspendue. Les dessins, et surtout les textes avec lesquels Yazawa fait ressortir ce couple, sont on ne peut plus saisissant. Vous vous surprendrez sans doute à avoir les larmes aux yeux plusieurs fois en lisant ces scènes pleines de sentiments entre ces deux personnages.

   Couple Akira Sûdo / Midori Saejima: C’est le couple central de l’histoire. Midori sera bercée par toutes sortes de sentiments aux côtés d’Akira. Tout d'abord l'admiration: car lorsqu'elle est amoureuse en secret, les seuls moments d'intimité sont ceux passés à le regarder de loin. Puis, lorsqu'elle réussira à être amie avec lui, de nombreux doutes s'emparent d'elle. Ce couple n'est pas de tout repos, car voilà que son équilibre dépend souvent de Masashi et de Melle Maki! Ainsi, Midori doute beaucoup quant à la sincérité des sentiments d'Akira envers elle. Car celui-ci, sans s'en rendre compte fait des gestes qui trahissent son adoration pour Melle Maki. Même si Midori prend sur elle, il arrive un point où elle ne supporte plus cette situation. Elle finit même, à un moment, par croire que Ken Nakagawa lui convient davantage, et que lui, sait trouver les mots justes.
Mais avec Yazawa, l'amour triomphe toujours! Akira sera celui qu’elle choisira. A la fin de la série, elle sait pertinemment qu’elle ne se trompe pas, et est certaine de ses sentiments. Même face à l’amour de son ami d’enfance, elle réussit à faire la part des choses. Sur ce point, je trouve Saejima très courageuse, et mature (mais uniquement sur ce point!).
Ce couple est bien entendu le couple phare de la série. Le lecteur a l'occasion de suivre les péripéties de leur amour durant les 4 tomes du manga. Personnellement, je trouve cela très fort la façon dont l'auteure réussit à rendre intéressante et pleine de sens une histoire entre deux personnages, qui à l'origine, est assez banale.
                          
   Couple Ken Nakagawa / Midori Saejima: Peut-on réellement parler de couple? Pas totalement! Car même si Midori ressent quelque chose pour Ken, ça n’est pas de l’amour, mais de l’amitié sincère. Midori qui finit avec Ken, cela aurait fait une fin parfaite pour un shôjo! L'image même de la jeune fille qui tombe dans les bras de son ami d'enfance. Mais la fin de Yazawa n’est-elle pas plus parfaite? Ainsi, on ne compte plus les émotions face à ce chanteur à la drôle de casquette, et à sa chanson du Sourire de l’Ange. Face à Midori qui est toujours pleine de vie, on voit ici un Ken totalement déchiré par cet échec amoureux, et il ne s'en remettra sans doute jamais. Il se retire alors très humble, la guitare au dos, au plus grand regret de beaucoup de lecteurs! Ce couple aurait été aussi beau que Tsutomu et Mikako dans Gokinjo. Mais l’auteure en a décidé autrement, et Ken est condamné à aimer sans limite l’Ange Saejima, pour toujours.
                                               
                     
« Je lève les yeux au ciel,
Mais ce temps morne me renvoie ma tristesse
Je gravis cette harassante côte, comme toujours
   
Je n’en peux plus
     
Mais je ne peux cesser de penser à celle que j’aime
Alors je me rechausse correctement
      
A travers les nuages, j’aperçois une éclaircie
Cette douce chaleur réchauffe mon cœur
Et me rappelle le visage de celle que j’aime
      
Ma petite au sourire d’ange»
      
Le sourire de l'ange.
                                  
                                          
                                   
                                              
                                          

De la nostalgie à n'en plus finir

                              
                                                         
Yazawa réussit à nous plonger à 100% dans l’univers de ses personnages. Ce qui est très bien fait je trouve, c’est le côté très puéril de ces derniers. Ici, les lycéens ont davantage des caractères de lycéens que dans d’autres mangas. Ils ne font pas des choses extraordinaires, ou n’ont pas des caractères d’adultes. Dans ce manga, chacun est à sa place, et ça n’est pas un élève qui fera la leçon au professeur.
Je pense que chaque lecteur a l'occasion de se retrouver dans cette série. Par là, je veux dire que nous sommes tous passés par ce tempérament de vouloir toujours s’amuser, aimer voir ses amis à l’école pour faire un peu n’importe quoi, se réjouir des voyages scolaires, aimer organiser des animations… Je pense que beaucoup de lecteurs, ceux sortis du lycée notamment, se verront très nostalgiques de cette époque, où l'école était sans souci et toujours gaie. C'est principalement en ça que ce manga est très nostalgique. Mais attention, il n'en est pas pour autant triste!
                                                
De plus, la nostalgie transparait également au travers des personnages. C'est alors principalement par le regard d'Akira, de Melle Maki, mais aussi de Midori et de Ken que le lecteur ressent une certaine envie de retourner dans le passé. Car ces personnages ont tous une envie plus ou moins forte de faire un pas en arrière et de revivre des moments ou des situations passées.
Pour ce qui est d'Akira et de Melle Maki, ils partagent un grand amour pour un troisième personnage. Beaucoup de mélancolie transparait ainsi dans leurs regards, paroles, et aussi leurs gestes. A chaque évocation de celui-ci, l'ambiance est suspendue, le temps s'arrête, afin de pouvoir se recueillir suffisamment sur ce souvenir qui n'est que trop présent. « Souvenir? » Me demanderez-vous. « Mais pourquoi, n'est-il pas toujours vivant? » Certes, mais Akira et Melle Maki ne font que se souvenir de lui. Ils ne peuvent pas jouir du loisir de le voir, de lui parler, ou même de le toucher du bout des doigts. Un regard, un mot, un souffle... Tout ceci s'avère bien éphémère, à croire que pour ce fameux Masashi, la vie n'est que pensée. Ce personnage, aussi absent qu'il puisse être n'en est pas moins très important! Beaucoup de lecteurs se verront envoutés par son regard profond, sa soif de liberté, et son amour pour sa passion. Nous voilà réduits alors au même niveau que celui de Melle Maki, éperdument amoureuse, constamment dans l'attente de la venue de son amour de toujours.
                                             
Pour Ken Nakagawa, la nostalgie est également due à un amour difficile. Ce portrait d'un jeune garçon guitariste et chanteur lui donne un air de constant rêveur. Mais l'amour n'est pas uniquement fait pour rêver. C'est ainsi qu'on souffre, en pensant trop à son amour perdu, peut-être pour toujours. Ce personnage est touchant, dans le sens où le lecteur sait pertinemment qu'il chantera toute sa vie pour Midori, mais en vain. Celle-ci, qui ne se montre pas sourde à ses sentiments, se voit contrainte de le blesser pour retrouver son Akira. Voilà donc une nostalgie à laquelle beaucoup de lecteurs pourront s'identifier. Peut-être pas jusqu'à ce point, mais au moins, un instant de votre vie aura peut-être ressemblé à l'errance de ce chanteur qui a vendu son âme à Cupidon. Les dessins de Yazawa ne font qu'appuyer cette pesante mélancolie. Ainsi, elle sait parfaitement mettre en valeur la main du guitariste, ses posture aussi charmantes qu'angoissantes. Ce dessin fin et étiré lui donne beaucoup d'élégance et de prestance.
                                             
                                                                                                          
                                             
                                                  
                                                

Clins d’œil

                                         
                                                            
Les petits clins d’oeil que Yazawa fait à d’autres auteurs (surtout Wataru Yoshizumi), ainsi qu’à ses propres séries, sont toujours les bienvenus! Ici, elle fait souvent référence à Marine Blue, une série qu’elle a écrite avant Je ne suis pas un Ange, mais qui n’est pas sortie en France actuellement. Haruka et Dauphin font même une apparition. Quel grand dommage! Car on aurait compris la raison pour laquelle elle se donne la peine de faire ces allusions, et cela aurait pu nous rappeler quelques scènes de ce manga. Il faut maintenant espérer que cette série sortira en France très prochainement, pour enfin pouvoir avoir ce plaisir!
                                                             
C'est dans Je ne suis pas un Ange que Yazawa crée le "Sudô-saure" (c'est un dinosaure inventé par Midori, dans le seul but de caricaturer Akira). Ce fameux animal va devenir culte! On aura donc le plaisir de le retrouver dans Gokinjo, une vie de quartier: il sera une peluche de Tsutomu, que Mikako lui volera, pour finir dans les bras de la mère de cette dernière! On remarquera qu’il est parfois vivant! Il apparaît également dans Paradise Kiss, mais aussi dans Nana.
                                     
Ken Nakagawa a sa place également pour ce qui est des clins d'œil! C’est le chanteur fétiche de Mikako dans Gokinjo (d'ailleurs, celle-ci reçoit en cadeau son CD et un poster), puis celui de Miwako dans Paradise Kiss. Celle-ci en est fan, et n'hésite pas à mettre en sonnerie de portable une de ses musiques, très kitch d'ailleurs! La chanson "tenshi no hohoemi" devenue un hit est plusieurs fois citée, et apparaît également.  La ressemblance avec un singe colle déjà à la peau de Ken! (rappelez-vous, dans Gokinjo, Tsutomu, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Ken, est sans cesse comparé à un singe).
                                           
Le petit François est là aussi: cette adorable peluche qui a une forme de lapin. Dans Je ne suis pas un Ange, Midori se la fait offrir par son père, lors de son anniversaire. On la retrouvera ainsi avec beaucoup de plaisir dans Gokinjo.  Elle est presque omniprésente, et c'est alors la peluche préférée et le meilleur ami de Pî-chan!
Enfin, Midori et Akira font une apparition dans le manga Gokinjo!
          
                                     
Ces clins d'oeil sont bien typiques de Yazawa, et cela fait toujours très plaisir de retrouver des allusions à des personnages, ou évènements, dans d'autres de ses œuvres. C'est en ça que cette auteure est très originale, car elle sait jongler entre la dérision et les moments d'émotion intense. Il devient ainsi très intéressant de connaître un maximum de choses sur ses œuvres. Il est alors nécessaire de se laisser plonger dans d'autres séries de l'auteure, aussi différentes et en même temps pleines de similitudes soient-elles.
                                                                             
                                                                                                  
                                                                                                        
                                                                          
                                                                                             

Conclusion

                                     
                                                                                                                 
Pour finir, Je ne suis pas un Ange est une série vraiment prenante, qui vaut réellement le coût qu'on s'y intéresse. Elle peut paraître complètement immature et inutile, au vu de son sujet assez banal. Mais Yazawa réussit à transformer une histoire d'amour entre deux jeunes personnes en quelque chose de vraiment grandiose, sans même utiliser trop d'artifices, ou trop dédramatiser les situations des personnages. Ceux-ci sont très simples, comme le plus commun des mortels, et il est alors très facile de s'identifier à eux. Yazawa nous offre une fois de plus un manga très émouvant, dans lequel les personnages sont bien plus qu'attachants.
                   
                                      
TENSHI NANKAJANAI -ULTIMATE EDITION- © 1991 bye Ai Yazawa / SHUEISHA Inc.
                                
Dossier réalisé par Lovehina. Mise en ligne le 11/10/2008.

Ajouter un commentaire

*

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Enigme

D'où vient cette réplique ?
"Vous savez ,j'ai déjà eu des relations avec deux hommes à la fois. Pourquoi vous ne tentez rien ?
[ Voir la réponse ]