Dossier manga - Yukito

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Publié le Vendredi, 11 September 2015


Le sang de mon père


Nous démarrons ici notre chemin par un titre simple mais qui revêt tout son sens : « Yukito ». Ce titre renvoie en réalité à un nom. Un nom reliant un père à son fils. Le nom donné par un père à son fils. Un nom qui va faire ressurgir le passé, celui d’une sombre affaire refoulée par le temps et le manque d’éclaircissements. Une affaire qui concerne directement le nom Yukito. Ce dernier s’écrit, en langue japonaise, avec les caractères de l’homme et de la neige, symbolisant le matagi, des chasseurs traditionnels du nord du Japon. Yukito est le nom de Yukito Kaji, le héros de cette présente histoire. Petit fils de matagi, il décide de quitter ses montagnes pour rejoindre la grande capitale du Japon, Tokyo. Et une chose est sûre, il n’est pas là pour faire du tourisme. Yukito a aujourd’hui vingt-cinq ans. Sa mère est décédée il y six mois et son père, quant à lui, est mort quand il avait treize ans. Un père qui a été tué dans des circonstances obscures. Pour Yukito, c’était un père, mais c’était également un policier. C’est par là que le récit débute. 

Notre héros débarque à Tokyo en quête de vérité. Simplement de vérité. Mais les choses ne seront pas aussi simples. Et Yukito s’en apercevra rapidement. Des forces agissent dans l’ombre, prêtes à tout pour que l’affaire reste à jamais dans l’oubli le plus profond. Pour obtenir ce qu’il veut, Yukito devra user de méthodes peu conventionnelles, l’esprit du matagi lui-même. D’entrée de jeu, les auteurs arrivent avec un état d’esprit assez atypique. Une exploitation du récit qui ne sera pas sans déplaire et qui suscitera l’intérêt. Un point de vue original pour traiter d’un dossier plongeant de suite dans les tréfonds d’un polar le plus sombre qui soit.

Tout a commencé le jour où deux affaires semblant distinctes ont eu lieu. La première concernait une rixe entre deux hommes, Koji Karibe et un russe. Koji Karibe, membre du clan Tashiro, a grièvement blessé le russe et fut arrêté par deux policiers. De manière mystérieuse, les trois hommes vont disparaître jusqu’à ce qu’on arrive à la deuxième affaire. Cette dernière concerne la découverte d’un flic assassiné. Le meurtre de Masato Kaji, le père de Yukito, On a également retrouvé du sang du second policier, sans doute également tué. Pendant ce temps, Koji Karibe a disparu de la circulation. On pourrait tout naturellement se dire que le meurtrier n’est autre que Karibe. Mais si c’était le cas, il n’y aurait pas d’histoire. Et puis, bien souvent, les choses sont bien plus complexes qu’on ne pourrait le penser.

Petit à petit mais sûrement, les auteurs mettent en place une intrigue au fondement solide et réfléchi et ce, sans jamais surcharger le lecteur d’informations inutiles ou qui amènent à de la confusion. Yukito commence dès lors son enquête par la seule piste qu’il a pour le moment, Koji Karibe et son lien avec un certain clan Tashiro. C’est là qu’il se plongera dans le monde sombre de Shinjuku, celui des yakuzas et des policiers. Le sang du matagi qui coule dans ses veines suffira-t-il pour que notre héros obtienne ce qu’il veut ? Yukito cherche en soi une chose simple. Il ne cherche pas à se venger. Il veut juste savoir. Mais, pour certains, il n’y a rien de pire que la vérité. Et pour empêcher qu’elle ne soit déterrée, ils sont prêts à tout. Mais le petit fils de matagi devra dans un premier temps se confronter à un premier obstacle, le clan Tashiro a en effet disparu depuis plus dix ans.





« Kaji est un étrange garçon. Quand on plonge dans son regard, on se sent pris d’une envie irrésistible de ramener à la lumière toutes les choses sur lesquelles on a fermé les yeux pendant des années. Il a le regard d’un chasseur. Le regard d’un matagi. »

A force d’investiguer, Yukito fera la connaissance de deux personnages aussi opposés l’un que l’autre. Et par l’état d’esprit particulier du matagi, le personnage principal poussera ces personnes à changer, à lui faire confiance et à ainsi faire avancer les choses. On assiste ici à l’effet papillon dans son phénomène le plus pur. Yukito fera la connaissance d’un policier, Sae, et d’un yakuza, Miyamoto, qui vont devenir ses alliés (même si peu coutumiers) les plus directs. Et c’est par eux que l’affaire du père de Yukito va petit à petit s’éclaircir. Mais cette avancée ne se fera pas sans sacrifice. Notre héros le sait parfaitement bien. C’est pourquoi le matagi met en évidence qu’il faut être reconnaissant des vies sacrifiées et qu’aucune goutte de sang ne doit être gaspillée. Mais, pour savoir si le sang déversé n’a pas été gaspillé, encore faut-il savoir le sens de la mort d’une personne, que le sens de sa vie n’a pas été veine. C’est précisément le cas du père de Yukito. 

C’est par la découverte du meurtre de Koji Karibe que notre héros va pleinement se plonger dans la jungle qu’est Shinjuku, un monde dans lequel on fera la connaissance de deux camps tout autant opposés qu’entremêlés, les flics et les yakuzas. Cela constituera la deuxième partie de notre dossier.
  
  
  

© 2012 Arimasa OSAWA & Akiko MONDEN / SHOGAKUKAN

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