Dossier manga - Yuji Iwahara

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Sommaire

Publié le Jeudi, 03 November 2011


Des personnages travaillés

 
 

Jeunes écolières et gros durs bien poilus !

 
    Dans ses trois principales séries qui ont été publiées chez nous jusqu'à présent, on remarque une constante: le personnage central est à chaque fois une héroïne adolescente. A première vue on se demande dans quoi on est tombé. Les petites collégiennes ou lycéennes c'est souvent bien gentil mais rapidement gonflant. Surtout quand le public visé n'est pas vraiment celui amateur de shojo mielleux et surtout si c'est pour hurler et pleurer à tout bout de champ. Bon, je caricature peut-être un tout petit peu. Cependant, là encore le pari est réussi. Non seulement chacune à un caractère différent: Yumi étant un peu cruche sur les bords mais pas désagréable pour autant, Kasumi étant timide et réservée, Misaki possédant un caractère bien trempé. On pourrait également évoquer les différents personnages féminins qui apparaissent dans ses récits plus courts car, là aussi, la même constatation est valable. Chacune à des qualités et des particularités mises en avant de fort belle manière. Mais, en plus de cela, jamais leurs défauts ne gâchent la lecture. Et pourtant ce n'est pas les occasions qui manquent. Iwahara parvient néanmoins à chaque fois à s’arrêter à temps, soit en déplaçant notre attention sur un autre personnage, soit en plaçant une note d'humour souvent efficace. Au contraire, ces faiblesses vont parfois s’avérer être l'un des moteurs du succès de l'une ou l'autre intrigue. Si l'on prend le cas de Kasumi par exemple, elle est fortement attachée à sa sœur et cela ne se traduit pas uniquement par des lamentations mais aussi et surtout par des apparitions et des hallucinations à répétition qui viennent offrir un climat plus tendu et pesant à l'ensemble.

    En parallèle, on ne retrouve pas le beau jeune homme attendu pour venir en aide à la demoiselle en détresse mais, plutôt, un gars bien baraqué d'âge mur. A cela, il y a une raison toute simple. Yuji Iwahara avoue, en effet, bien volontiers qu'il a beaucoup de mal à dessiner des héros plus jeune ayant une certaine classe. Dès lors, il faudra attendre jusqu'à Nekoten! pour commencer à en voir apparaitre de manière plus régulière dans ses travaux. Néanmoins, et à l'image de ce qui a déjà été dit tout à l'air concernant sa manière de fonctionner, l'auteur parvient à contourner le problème et, en se focalisant sur des éléments avec lesquels il se sent davantage à l'aise, nous offrir des protagonistes tels que Marco Owen, du Roi des ronces, avec une personnalité forte et un background marqué. Ou encore Mr Bando, dans le Monde de Misaki qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler un certain Hugh Jackman dans X-men... Simple coïncidence ?
  
 
  
 
 

Du monde qui n'est pas superflu


    Mais il n'y a pas que les personnages centraux qui sont à la hauteur pour autant. Il en va de même pour les figures nettement plus secondaires. Elles ne sont jamais oubliés, mais font surtout preuve d'un charisme et d'un développement impressionnant. Quelle que soit la série que l'on prend, on se retrouve toujours avec énormément de monde gravitant autour de l'héroïne. Et chacune de ces personnes possède une histoire qui sera mise en avant à un moment ou à un autre. D'où la densité des tomes dont il était question plus tôt. Et si c'est vrai pour les protagonistes, c'est également le cas pour les antagonistes. Comment ne pas être captivé par la force et la folie démesurée qui se dégage de Zeus, toujours dans le Roi des ronces, ou encore par l'aura dégagée par Kaen, dans Nekoten! ? On pourra peut-être juste regretter le fait que beaucoup de personnages soient très typés, aient une apparence qui leur sied finalement un peu trop facilement. D'un autre côté, une explication à ce phénomène peut se trouver de manière évidente dans les influences de l'auteur.
Quoi qu'il en soit, il est assez saisissant de constater la facilité avec laquelle Iwahara parvient à faire tenir autant de monde dans un nombre souvent restreint de chapitre sans laisser personne de côté. Et sans, non plus, tomber dans la facilité en nous proposant des personnalités lisses et sans intérêt. Souvent, au contraire, on retrouve des âmes travaillées et bien pensées. Pas autant que dans les chefs d'oeuvre dramatiques, c'est certain mais, pour des histoires qui se veulent avant tout divertissantes, il y a clairement de quoi faire.
 
 

© Yuji Iwahara

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