XXX Holic - Actualité manga
Dossier manga - XXX Holic

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Publié le Vendredi, 24 Febuary 2012


Une vie nonchalante

   
Le sombre, le mystérieux viennent d’être abordés mais il existe une toute autre facette de ce manga. Paradoxalement, c’est un titre chargé en humour et en légèreté, malgré les thèmes difficiles qu’il aborde. On a beau parler des vices de l’être humain, des pires choses  qu’il peut commette, au final on s’en tire toujours sur une note joyeuse. Cela commence d’abord avec les personnages, certains sont créés tout bonnement pour ce côté humoristique et sans conséquence, du moins au premier abord. Maru et Moro, Mokona, même Yuko qui la plupart du temps est totalement nonchalante, et enfin la relation entre Domeki et Watanuki qui a elle seule est source de rires. On s’amuse en effet beaucoup des nombreuses situations cocasses, comme les deux jeunes filles Maru et Moro qui suivent Yuko partout en répétant ses paroles, ou Mokona qui ne pense qu’à manger et boire. Surtout boire. Les mangakas prennent le temps de s’attarder sur les détails du quotidien de notre petit groupe de héros, sur leurs menus ou sur la qualité du saké qu’ils boivent. Ce sont des instants très importants, puisqu’ils mettent en lumière la gravité du reste de la narration. Sans eux, le contraste serait moins fort et l’on se rendrait alors bien moins compte de la gravité de certains chapitres, ainsi que de la noirceur qui les guide. Il faut en effet apprécier la paix pour savoir reconnaitre la guerre... En somme, ces petites habitudes sont primordiales et passent également par des attitudes. Watanuki qui râle sur tout le monde, qui essaye de limiter la consommation d’alcool mais qui finit par céder. Yuko qui prend tout à la légère et balance des phrases énigmatiques, Himawari qui se contente d’être présente, Domeki qui veille en silence et Mokona qui fait l’idiot. On s’attache très rapidement à ce quotidien tranquille, notamment dans les premiers tomes où tout cela ne tourne quasiment qu’autour de cela, pour être bien certains de poser ces bases. On s’en lasse d’ailleurs un peu, l’attente de choses plus sérieuses étant peut être légèrement long ... Mais tout finit par s’arranger, et cette quiétude prend une toute autre dimension, indispensable au récit. 
    
La caractéristique de la série, c’est également de se décliner en une multitude de petites histoires. Ainsi, les chapitres sont souvent associés à un travail de Yuko ou une mission confiée à Watanuki. On avance un peu à la manière de Tokyo Babylon, visualisant les personnages principaux dans leur contexte. Les petites intrigues se succèdent sans cesse et c’est à travers elles que l’on apprend à découvrir Watanuki, Yuko et les autres. Ainsi, une grande majorité de la série se déroule calmement, associant plusieurs petites histoires qui, mine de rien, tentent de faire évoluer nos protagonistes et instaurent des vérités, des détails importants pour la suite ... Du moins on l’espère un certain temps, ne voyant pas d’intrigue majeure venir relier tous ces petits points dans l’espace de la série. On attend, on attend, et finalement on peut se dire que la série a un peu de mal à décoller et qu’on aurait préféré plus rapidement avoir des interpellations faisant avancer le scénario dans sa globalité, tout en perlant la narration de ces nouvelles. Parce qu’au fil des tomes, on ressort un peu frustrés de notre lecture, sans doute à cause de la légèreté un peu trop présente dans ce titre qu’on attend plus sérieux, et du manque de piste à exploiter pour les lecteurs qui n’attendent que ça. En tout cas, cela nous brise un peu d’entrée de jeu et c’est avec moins de curiosité et d’entrain que l’on se dirige vers la suite du manga, déçus par son commencement. De plus, la diversité des petites histoires proposée forme un ensemble assez inégal et bancal. On se retrouve à juger histoire par histoire de la qualité d’une série qui ne parait pas construite et liée par ses différents ensembles. On se serait notamment bien passé de la partie « rêver d’aubergines et de Mokona pour la nouvelle année ». Humour décalé de la part de Yuko, ce serait quelque chose de bien plus intéressant et à sa place au début de ce titre qui doit après se diriger vers un peu plus de sérieux. Si cette légèreté est une grande qualité en soi, de par le contraste qu’elle apporte et par la sympathie des lectures, elle a bien de mauvais côtés, comme le léger ennui en début de série, le lecteur tâtonnant à la recherche d’une véritable histoire. 
        
      
     
A noter également le peu d’approfondissement des personnages. C’est une réalité, puisqu’au final on a peu d’informations sur eux, sur leur vie extérieure, sur leur passé et leurs désirs. On les approche d’avantage de manière à les plonger dans une histoire ou une autre, développant ainsi des facettes de leur personnalité. Mais, là où on penserait voir une erreur ou une facilité de ne pas présenter le background de la vie de nos personnages principaux c’est en fait totalement justifié et pertinent. Ce n’est pas qu’un oubli qui appauvrit la narration mais bien un effet de style dont on se rend compte peu à peu mais dont on ne prend la véritable ampleur que bien plus tard. En effet, tous autant qu’ils sont n’ont pas véritablement de vie en dehors de la boutique de Yuko, ou du moins les points de vue de Watanuki ou de Yuko ne nous permettent pas d’aborder cela. Domeki lui-même n’existe pas réellement quand il n’est pas aux côtés de son ami, à le soutenir ou à se disputer avec lui pour quelque raison que ce soit. Comme beaucoup de choses, au final, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être avec les CLAMP. Leur légèreté ou défauts apparents trouvent souvent une explication dans la suite du manga, qui justifie beaucoup de choses par les révélations qu’il nous amène ne deuxième partie de lecture. 
   
Finissons par nous attarder sur Watanuki, héros bien peu charismatique, au final... En effet, c’est un héros qui manque de profondeur, de sensibilité. Il est superficiel, caricatural et humoristique à outrance, presque hystérique. Il est la cible des plaisanteries, moqueries, situations comiques des auteurs. Son côté effacé et son incapacité à prendre des décisions importantes lui jouent souvent des tours, le rendant à la fois discret de par son importance et extrêmement présent, à la manière d’un Mokona, pour ses défauts et son rôle de figure centrale de l’humour du récit. A côté de Yuko qui nous promet beaucoup de bons moments, il fait plus que fade ! En effet, la séduisante sorcière des dimensions possède une réelle personnalité et un caractère bien trempé. Elle est envahissante, presque exubérante et sait tout n’importe quand. On dirait qu’elle tient le monde dans sa main, et que cela l’amuse beaucoup de mener le jeu et de comprendre les ficelles du monde, même si parfois elle se montre plus fragile. Attirant les regards tandis que Watanuki les fait fuir, Yuko est l’antithèse de son disciple, et pourtant ce dernier va rapidement pouvoir prendre sa vengeance, même si c’est avant tout Yuko qui séduit les lecteurs et emblématise la série. C’est alors un Watakuni passionné et bien plus sérieux qu’à l’ordinaire que l’on découvre peu à peu, dans de grandes déclarations enflammées qui au final ressemble bien à son caractère impulsif. On peut prendre l’exemple de son combat acharné pour la fille qu’il aime, pour qui il est prêt à tout pour assurer son salut. Contre son œil s’il le faut, et de manière définitive. Le jeune homme a encore beaucoup de lacunes, puisqu’il ne comprend pas l’importance qu’il devrait attacher à cette partie de lui, sans la donner aussi facilement. D’autant plus que Doméki n’apprécie pas du tout de le voir se sacrifier toujours pour les autres, prétextant que voir ses proches souffrir lui est insupportable, et ce sans penser que lui-même fait du mal aux gens qu’il aime en donnant toujours de sa personne, dans tous les cas de figure, et en ne prenant pas soin de lui. Cette épreuve lui permet d’en apprendre un peu plus sur les relations humaines que les gens tissent au fur et à mesure et qu’il a, sans réellement le désirer, développé au contact de Doméki. Et, de plus en plus durant la série, des situations assez banales d’apparence dans les sentiments qui lient nos personnages principaux prennent des proportions bien plus intéressantes par l’intermédiaire de Yuko, qui décrypte les sentiments humains avec une facilité déconcertante et une sagesse qu’on ne peut que respecter dans l’instant. C’est presque émouvant de voire Watanuki se faire sacrifice de quelqu’un sans réaliser qu’en contrepartie, cette personne souffre. 
      
        
     
    

© Clamp / Kodansha Ltd. / Pika Edition

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