What's Michael ? - Actualité manga
Dossier manga - What's Michael ?

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Sommaire

Publié le Jeudi, 20 September 2012


Don’t stop ‘til you laugh enough

 
 

Un humour qui fait mouche…

 
On reproche à certains mangas comiques de ne pas être drôles aux yeux des occidentaux, soit parce que les références nous sont incompréhensibles, ou bien parce que la façon d’amener le rire n’est pas dans notre tradition. Même si What’s Michael ? se déroule la plupart du temps dans un cadre tout ce qu’il y a de plus japonais, l’approche humoristique de Kobayashi est universelle. On peut même dire qu’elle se rapproche de celle de certains auteurs bien connus de par chez nous, comme Gotlib par exemple. Du fait que l’humour soit basé en grande partie sur l’absurde et sur le caractère des chats, quasiment aucune situation n’est censée nous échapper. Mieux, certains gags sont basés sur des références occidentales, à l’image d’un gag faisant apparaitre Michael Jackson dans la parodie du clip de la chanson Bad. D’une part, la dérision des chats à travers leurs petits défauts et leurs manières de se comporter est un humour a priori populaire. Sinon, les vidéos de chats sur Internet n’auraient pas autant de succès. Et encore, le manga est encore plus fin que ça. Car, oui, Kobayashi connait parfaitement les chats, et il arrive ainsi à très bien reproduire leurs mimiques, que soit graphiquement ou caractériellement. Le résultat est d’autant plus efficace. D’autre part, l’absurde est un également un genre universel. C’est d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse de ce manga. Certaines chutes sont tellement bien trouvées qu’elles provoquent l’éclat de rire là où d’autres sont très perchées, mais pas inintéressantes dans le fond pour autant. En fait, on peut dire que Kobayashi est extrêmement à l’aise avec l’univers qu’il a créé. Cela se ressent dans la mécanique des gags et dans le découpage des cases, où l’on a l’impression que rien n’est en trop et tout coule de source. Même les gags ayant une chute pas très fracassante méritent une deuxième lecture afin de s’apercevoir que la situation est complètement décalée et que c’est ça qu’a recherché l’auteur. De plus, chapitres après chapitres, tomes après tomes, on a l’impression que Kobayashi arrive sans cesse à avoir de nouvelles idées, car il se met à mettre en scène une situation sur plusieurs gags, et tout se tient. Mais apparemment, ce n’est qu’une impression, puisqu’il a plus ou moins sous-entendu dans un mot d’auteur (le dernier pour être précis) ne pas pouvoir continuer éternellement la série car il était persuadé ne pas trouver des idées infiniment.
 
 
 
 
 

…et qui est bien emballé !

 
Indéniablement, le style et la qualité graphique joue dans l’appréciation de cet univers charmant. Premièrement, le style de Kobayashi est reconnaissable entre mille. Il a une manière de faire les yeux peu commune, rapprochés vers le nez. Ensuite, la qualité est au rendez-vous. Même si ce n’est pas un manga voué à l’action ou destiné à montrer des panoramas magnifiques, les scènes de mouvement sont d’une netteté remarquable, on perçoit bien l’action qui est réalisée ; et les décors de maisons, d’appartements, de ruelles sont largement plus fouillés que la moyenne du genre. Car dans le genre manga comique en histoires courtes, rappelons que les yonkoma (mangas en quatre cases) sont très rarement pourvus de décor. Même si le format n’est pas tout-à-fait le même, on est agréablement surpris du soin qui est apporté aux arrière-plans. Aussi, le plus important, déjà évoqué un peu plus haut, c’est que les postures des animaux sont très bien étudiées. Hormis le visage un peu cartoonesque des chats, on pourrait croire que ce sont des clichés décalqués (ce qui n’est évidemment pas le cas). Même les humains sont particulièrement réussis : Kobayashi n’hésite pas à forcer les traits des personnages, les faisant grimacer pour montrer une expression, et c’est ce qui joue en partie dans le comique du manga.
  
Tant qu’on est dans l’emballage, parlons de l’édition de Glénat. Sans être un objet de collection, la qualité d’impression est satisfaisante, tout autant que celle du papier. La présence de mots de l’auteur, que ce soit sur les rabats de jaquette ou en postface, sont appréciables. La traduction est très efficace et en adéquation avec le ton général du titre. Le choix des illustrations de couvertures est assez étrange, on a l’impression que celles des deux premiers volumes ne sont pas faites par Kobayashi, et dénotent un peu avec les deux suivantes. Enfin, pour résumer, le travail de Glénat est bon, d’autant que le prix est plutôt bas. Payer des tomes doubles de près de 300 pages pour le prix d’un volume, c’est particulièrement bienvenu. Les plus chanceux auront été ceux qui suivent la réédition depuis le début, puisque les trois premiers volumes ont d’abord été commercialisés à 6€50 avant que le quatrième tome n’arrive à 7€50 (7€60 à présent), ce qui reste correct par rapport à la quantité et la qualité.
  
 

WHAT'S MICHAEL ? © 1997 Makoto Kobayashi / KODANSHA Ltd.

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