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Dossier manga - Vertical
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Publié le Vendredi, 26 May 2017


Vertical, une épopée humaine


Il vous aura été dit que Vertical est un manga sur l’alpinisme ? Bah, ils vous l’auront mal confié les zouzous… Ou du moins, et pour ainsi dire, ils n’auront rien compris.


Avant l’alpinisme : une fresque sociale


La nature, les grands espaces et les ascensions en montagne ne sont que les cadres aux seins desquels les personnages évoluent ou tentent de meilleurement appréhender le sens des interrogations qui leurs taraudent les méninges.

Parmi ceux qui auront ce bonheur immense de croiser Sanpo aux détours d’une ascension, ils seront nombreux à être un moment particulier de leur existence, en proie à un questionnement personnel. Il s’agira parfois de cet homme d’affaire qui, croupi dans une de ces tours de béton de la mégapole, se mettra finalement à s’interroger quant au sens véritable que pourrait avoir sa propre existence. Sanpo sera alors celui par lequel ceux-là entameront ou exécuteront leur voyage initiatique.

Des personnes à la reconquête d’eux-mêmes pour des raisons existentielles, psychologiques ou sociales très variées : relations de couple, sentiments amoureux, rapport au travail, retour à la nature, besoin de solitude, etcetera. L’auteur n’empruntera aucun ton moralisateur ; l’éloquence des faits parlera d’elle-même. Aussi, à la bonne intelligence de varier les thématiques et les ambiances, Shinichi Ishizuka fera intervenir nombre de personnages secondaires.





Amitié fidèle, amour inavoué et paternalisme qui prodigue


Au gré des aventures, Sanpo apparaitra tantôt comme l’ami fidèle, l’amoureux inavoué ou le père de substitution : une sphère sociale relativement exhaustive.

Si Sanpo fera bien quantité de nouvelles rencontres au cours de la série – à l’instar de ce pilote d’hélicoptère portant moustache et au caractère fort trempé –, beaucoup de ses amis d’autrefois seront également de la partie. Des amis qui auront toujours une anecdote extraordinaire à raconter sur leur ami Sanpo, permettant ainsi d’en savoir davantage sur lui : son sourire à toute épreuve ; sa bonne humeur inébranlable ; son aura de surhomme ; son passé aux Etats-Unis d’Amérique ; le symbole figurant sur son inséparable casquette ;…

A travers le personnage Kumi Shiina – jeune policière ultra-citadine fraichement débarquée dans les montagnes de la préfecture de Nagano – il sera dévoilé, par frêles interstices, les sentiments réciproques que pourront se porter deux êtres aux antipodes : attractions, plus ou moins conscientes, confrontant l’amoureux des grands espaces et la chevronnée urbaine, livrées dans l’écrin de la plus grande pudeur.

Souvent, les victimes secourues en montagne par Sanpo seront d’ores-et-déjà morte lors de leur découverte. Laissant alors une famille derrière elles. Lors d’un de ces sauvetages pour ainsi dire mort-nés, il sera rapporté le corps inanimé d’un père de famille du coin. Sanpo fera la connaissance de l’unique enfant laissé orphelin. Un jeune gosse esseulé dont la mère avait quitté le foyer depuis fort longtemps. Tout au long de la série, à travers le prisme de la passion des hauts sommets et de la thématique de la transmission, Sanpo endossera, de la manière la plus belle qui soit, les touchants apparats du père de substitution.





La brise « zoroastre »


Il y  a dans Vertical ce rapport entre la montagne et la ville ou, plus précisément, cette notion de perpétuel retour à la civilisation voire, et inversement, vers la solitude des grands espaces.

Ainsi, si Sanpo a décidé d’élire domicile de fortune dans les hauteurs des Alpes japonaises, il fait régulièrement retour à la mégapole, et ce pour raisons diverses : petits jobs en tous genres ; renouvellement de son matériel d’alpinisme ; achat de son précieux café ;…

Et lorsque, lors de l’un de ses séjours en ville, il fera la rencontre  d’un citadin un zeste égaré, Sanpo sera toujours dépeint tel celui dont l’aura bienveillante rend à l’humanité un brin de son dont elle aura oublié ou de ce vers quoi elle devrait s’efforcer à tendre. Ce qui n’est point sans rappeler, et sans en avoir la prétention, l’œuvre philosophique « Ainsi parlait Zarathoustra » dont l’adaptation manga est par ailleurs parue dans l’hexagone.

Bref, sans rentrer davantage dans le détail, cette épaisseur philosophique confère à Vertical un supplément d’âme autant certain qu’inédit.
  
  
  


GAKU © 2005 Shinichi ISHIZUKA / SHOGAKUKAN

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