Dossier manga - Übel Blatt

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Publié le Mardi, 15 July 2008


Un univers noir, violent et implacable

 
La légende des 14 lances sacrées

Tout le scénario d'Übel blatt repose sur une légende communément appelée «la légende des 14 lances sacrées». En guise de prologue, je vais vous raconter cette légende.
Il y a 20 ans, une terrible menace planait sur le royaume Szaaland: Wischtech et son armée des ténèbres étaient sur le point d'envahir et de détruire le royaume. Pour protéger son peuple, l'empereur Largor choisit 14 guerriers, à qui il remit 14 lances sacrées. Leur mission fut bien évidémment de tuer le roi des armées des ténèbres.

3 membres périrent lors du périple qui devait les mener au terme de leur mission. On les appelle «les glorieux guerriers sans retour». Il s'agit d'Ediem, Ergnach et Lanbard.
4 autres guerriers eurent pour nom «les lances de la trahison». Ils pactisèrent avec l'ennemi et rejoignirent son armée. Malheureusement pour eux, ils subirent le courroux des 7 guerriers restants. Les félons sont Kfer, Güsstav, Krentel et Ascherit.

Enfin, il y a les 7 guerriers qui accomplirent leur mission vainquirent les armées du mal. Ce sont «les 7 héros» et encore aujourd'hui, leur bravoure est saluée par le peuple. Pour avoir sauvé le royaume, tous ont obtenu des titres honorifiques et des terres. Ces 7 hommes sont le comte Schtemwölech, le marquis Lebellond, le comte Ischüdien, le marquis Glenn, le comte Güllengurv, le comte Nirgenfeled et le comte Barestar.
Cette légende est aujourd'hui un des fondements du royaume de Szaaland... Mais si elle était fausse? Si «les 7 héros» n'étaient que des imposteurs qui ne doivent leur gloire qu'à un ignoble mensonge?

 

  

  
De la Dark fantasy comme on en voit peu!

Dès les premières pages d'Übel Blatt, le ton est donné: l'histoire s'ouvre sur un cri de souffrance qui sera suivi d'un effroyable meurtre. Le récit créé par Etorouji Shiono marque immédiatement le lecteur par sa dureté.
Mais Übel blatt ne se résume évidemment pas à une surenchère d'hémoglobine. L'auteur a su créer un univers digne des plus grandes épopées de fantasy.

En plus des hommes, le royaume de Szaaland est peuplé par de nombreuses autres espèces qui donnent au final un bestiaire plutôt riche. On note ainsi la présence de dragons (qui servent de destriers pour les chevaliers), d'êtres féériques (semi-elfes, fées...) et aussi de créatures non identifiées mais particulièrement terrifiantes!!
Mention spéciale pour le gigantesque humanoïde du premier volume, qui donnera du fil à retordre à notre héros.
  

 
  
C'est par l'épée que la paix est maintenue dans le royaume de Szaaland. Il existe divers ordres de chevaliers et des écoles prestigieuses pour les former. C'est par ses talents de bretteur qu'on reconnaîtra la valeur d'un homme. Übel blatt offre ainsi de magnifiques combats à l'arme blanche, très bien orchestrés et dynamiques.

Mais le panel des armes finit par s'élargir à d'autres domaines. On sent en effet que l'auteur s'est inspiré de l'univers de Final fantasy, notamment en faisant apparaître dans son récit des vaisseaux volants. Ces derniers semblent marcher grâce à des hélices et ont un design similaire aux vaisseaux de Final Fantasy. Certains châteaux sont défendus par des canons.

La magie est également omniprésente. Certains bretteurs, Köinzell en tête, utilisent des techniques surréalistes faisant appel à des puissances élémentaires. On constate également que des sorts peuvent être contenus dans un parchemin, ce qui permet à un novice ou un non-pratiquant d'utiliser des sorts puissants. Certains êtres humains vont même jusqu'à changer de forme!

L'organisation du royaume de Szaaland est somme toute classique pour un récit de cette nature: Un empereur est à la tête du pays. Il est secondé par les 7 héros qui ont à leur charge des provinces du royaume. L'ordre est maintenu grâce à une armée et des milices. On note la présence d'un clergé et donc d'un culte. Globalement, chaque province est dominée par une ville de taille importante, avec en périphérie des campagnes et des petits hameaux.

Certaines villes échappent néanmoins à cette organisation. Ainsi la ville de Rielde Velem (volume 1) est dirigée d'une main de fer par une troupe de moines soldats mais n'est pas  pour autant le centre névralgique d'une province.
   

     

     

Pour noircir le tableau et ainsi créer cette ambiance vénéneuse qui caractérise si bien Übel Blatt, l'auteur a eu l'idée de mettre en place certains éléments négatifs d'ordre géopolitique et/ou social.
Tout d'abord, l'ordre et la paix ne couvrent pas tout le royaume de Szaaland. Certaines régions, notamment frontalières, sont délaissées et livrées à elles-même. Des brigands peuvent alors y faire régner la terreur et la loi du plus fort. Les populations civiles tentent de fuir, ce qui provoque des diaspora et autres mouvements de population.

On note ensuite de très fortes inégalités sociales. Le pouvoir et les richesses sont concentrés entre les mains des grands seigneurs ou de quelques élus du destin. Bien souvent les villages de campagne sont très pauvres et manquent de tout. Les villes sont plus prospères, mais sont soumises à l'insécurité.

Enfin, le pouvoir est corrompu à presque tous les niveaux. Des 7 héros jusqu'aux simples officiers, la tentation d'opprimer la population pour s'enrichir devient trop tentante pour certains. Le lecteur s'en rend compte dès l'ouverture du récit, puis quelques pages plus loin lorsqu'il découvre les moines soldats de Rielde Velem, qui n'hésitent pas à accorder leur «bénédiction» aux plus offrants.
    
   

   

Avant de conclure cette partie, il fallait également dire un mot sur la manière dont se construit le scénario d'Übel Blatt. Force est de constater qu'Etorouji est un talentueux conteur. En effet, nous savons tout de suite où nous emmène notre auteur: nous avons affaire à une histoire de vengeance, dans laquelle le héros doit éliminer un certain nombre d'ennemis. C'est peut être classique, mais en tout cas le lecteur ne sera pas perdu dans d'innombrables digressions que l'on retrouve dans d'autres récits du même genre. Etorouji a un plan et il compte s'y tenir!
Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire d'Übel blatt un excellent seinen d'heroïc fantasy, à l'instar de son grand frère Berserk.

  

 


© Etorouji Shiono / SQUARE ENIX CO., LTD.

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