Dossier manga - Sun-Ken Rock

Reader Rating 18 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 18 September 2009


50% de baston, 30% d'humour...

      
...10% de romance et enfin 10% de fan service: Voilà la recette de Sun-Ken Rock selon moi. Ceux qui lisent déjà la série se rendront compte que je m'éloigne pas mal de ce qu'écrit l'auteur dans son free talk, sur le rabat de la couverture du volume 3. Je cite: "un récit avec 60% de muscles, 30% d'amour et 10% de Jo Pok". Une explication s'impose...
                 
Parlons d'abord du sujet qui fait toujours polémique: le fan service. Oui, cher lecteur, il y a de la culotte dans la série phare de Boichi... il y en a même pas mal, tant et si bien que le titre n'est clairement pas à mettre entre toutes les mains. En ce sens, le logo "-15ans" présent sur chaque couverture est amplement justifié... Mais peut-on dire la même chose pour les scènes érotiques?
Certaines scènes s'intègrent au récit, en renforçant notamment la portée dramatique des scènes à laquelle elles sont attachées. Par exemple, la scène de viol et de torture, dans le deuxième tome, entre dans ce cas de figure. Insoutenable et écœurante, elle va provoquer une sorte d'immersion forcée du lecteur dans le récit, ou plus exactement dans toute l'horreur du récit. Sans nul doute, Boichi arrive à nous mettre mal à l'aise... mais est-ce vraiment nécessaire? Chacun y apportera sa propre réponse.
A l'inverse, d'autres scènes érotiques, autrement plus dispensables, appartiennent clairement au fan-service et ne visent qu'à faire fantasmer les lecteurs... Le volume le plus emblématique de cet état de fait est sans conteste le quatrième tome, qui marque un certain rapprochement entre Ken et Yumin... Tout au long de cet opus, Boichi va distiller de nombreuses scènes de fesses pas vraiment justifiées qui vont faire baisser la qualité générale du récit. C'est un peu dommage, mais sans grande gravité à partir du moment où seul un volume est concerné. En effet pour les quatre autres tomes, le fan service est placé de manière assez disparate.
      
Autre composante du récit de Boichi: la romance... Cette dernière est exclusivement centrée sur la relation unissant Yumin et Ken. Bien qu'amis à ce stade du récit, nos tourtereaux n'en restent pas moins très proches, et on devine sans mal un futur rapprochement qui; au vu des derniers évènements; ne saurait tarder. Un seul problème risque de chambouler la donne: Yumin est policière et déteste par dessus les Gundals et autres maffieux, alors que Kitano est lui même chef de gang! Notre héros n'hésitera pas à tromper la belle sur sa profession, en lui disant qu'il travaille dans le secteur des jeux-vidéos... Un bobard qui se révèle être suffisamment crédible aux yeux de Yumin pour qu'elle ne s'interroge pas sur le fait que notre héros s'habille en Armani et roule en Mercedes... Plus sérieusement, on se demande si Yumin n'a pas trouvé sa plaque de policière dans une pochette surprise, tant la supercherie semble grossière... Est-elle vraiment dupe ou laisse-t-elle le temps à notre héros de lui dire la vérité? Mystère et boule de gomme!
Quoi qu'il en soit, les choses s'accélèrent dès le quatrième volume entre Ken et Yumin. Notre policière lui confie son douloureux passé, ce qui est un gage de confiance... Malheureusement, l'arrivée soudaine d'un trouble-fête cassera toujours l'ambiance au moment le plus fatidique, tant et si bien que nos deux héros restent pour l'instant des amis. Mais des amis très très proches!
                                  
Et l'humour dans tout ça? Et bien force est de constater qu'il est omniprésent dans le récit de Boichi. En effet, notre auteur se plaît à pimenter la vie de notre héros par des coups du sort souvent inattendus! Ainsi lorsque Ken est sur le point d'embrasser Yumin, un vieux papy soucieux des bonnes manières débarque d'on ne sait où pour "l'éduquer"  à coup de matraque! On rit également beaucoup de la dualité existante entre notre héros et la pioche, son subalterne. Ce dernier ne cesse de contester l'autorité de son boss, et n'hésite pas à utiliser des coups bas pour "nuire à l'intégrité physique" de son chef, ce qui est évidemment très comique. A un moment, la pioche va même dresser un chien à attaquer Ken dès qu'il le voit... comme le montre cette illustration (cliquez dessus pour l'agrandir), révélatrice de ce qu'a éprouvé notre héros lors de sa première rencontre avec le molosse:
       
                                               
                                      
Bien souvent, notre auteur adore nous faire rire en jouant sur les interactions entre les personnages principaux... Et il faut dire que certains d'entre eux ont des caractères bien barrés! Enfin, l'humour ne serait pas aussi efficace sans le coup de crayon magique de Boichi, qui a beaucoup de talent pour croquer ses personnages avec des faciès déformés ou carrément en SD, ce qui est bien souvent amusant!
   
Pour conclure cette partie, il ne me reste plus qu'à vous parler de ce qui fait le corps de notre histoire: l'action!! Dès les premières pages, ou encore en regardant les différentes couvertures (sublimes!) des volumes de la série, on se rend compte immédiatement que la baston risque d'être le pilier du titre (ce qui est amplement le cas!).
Ce qui est intéressant, c'est que les séquences d'action se construisent selon deux critères, l'un étant shonen et l'autre seinen. Pour être plus clair, j'ai l'impression que Boichi utilise (de manière presque alternative) les codifications du shonen et du seinen pour construire son récit. Ainsi certains passages nous font définitivement penser au shonen, comme le long entraînement sur le mont Ji-Ri (la phase d'entraînement, un classique du shonen!), ou encore l'attaque du casino, dans lequel le directeur place l'un de ses lieutenants à chaque étage pour bloquer la progression de Ken (ce procédé du "un ennemi par niveau, avec le boss de fin tout en haut" est très utilisé dans dans le shonen). On peut également noter que bien souvent, l'équipe (dont les membres se comptent sur les doigts d'une main) va devoir se battre contre un nombre incalculable d'ennemis (dans l'arc du casino, ils seront 300)... et parviendra toujours à s'en sortir sans trop de dégâts! Pour le réalisme, on repassera...
A d'autres moments par contre, l'action est beaucoup plus sombre. On passe de la simple baston virile à des scènes de crime, de torture ou de gunfight. Le sang coule alors à flots, et la mort est omniprésente... Nous sommes alors pleinement dans le genre polar, le récit se veut plus violent et le lecteur entre alors de plain-pied dans une codification seinen, où notre héros est définitivement exclu. En effet, Ken se doit de garder une certaine pureté dans ses actes, et n'est donc jamais l'auteur d'un crime (on ne le retrouve même que très rarement dans ce genre de scènes)... Par contre, il ne se gêne pas pour corriger ses ennemis à coups de batte de Base Ball!
Mais quel est le but de ce double usage? Attirer un maximum de lecteurs bien sûr! Ainsi, les amateurs de shonen se délecteront de toute cette franche camaraderie, de cette notion de surpassement de soi qui fait qu'un seul homme peut en vaincre trente sans trop de bobo... tandis que les fanboy de seinen apprécieront la tension et la nervosité de combats sanguinolents, qui se terminent par la mort de l'un des deux adversaires, et de l'ambiance très polar...
     
    
                              
                              

© 2006 by Boichi / Shônen Gahôsha / Doki-Doki

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