Street Fighting Cat - Actualité manga
Dossier manga - Street Fighting Cat
Sommaire

Publié le Vendredi, 15 December 2017


Entre humour et émotion, l'évolution des félins


Un comique souvent visuel


Dans Street Fighting Cat, SP Nakatema ne se contente pas de conflits et de bastons.

Entre autres, il sait tirer pleinement parti des bouilles hyper expressives et souvent hilarantes de ces chats cicatrisés, aux têtes de gros durs et se frittant sur leurs pattes arrières.

Avec son expérience dans le manga furyo, le mangaka n'a aucune difficulté à retranscrire en version féline des jolies postures de bad boys des rues, pour un résultat décalé souvent savoureux.





Hige : plus lâche, tu meurs !


Mais l'humour ne vient pas uniquement de là, et doit aussi beaucoup à certains visages, à commencer par Hige lui-même ! Véritable loser sur toute la ligne, il peine à évoluer, y compris une fois Nobunaga à ses côtés (à qui il sert de guide des environs), et même si l'on devine vite qu'il devrait quand même réussir à changer sur la longueur... Mais pendant une bonne partie du récit il n'est qu'un sous-fifre pour Nobunaga qui le renomme Hideyoshi (sympathique clin d'oeil à Nobunaga Oda et Hideyoshi Toyotomi, figures historiques de l'unification du Japon dont les liens étaient parfois un peu similaires à ceux de nos deux matous), et qui dans un premier temps se sert surtout de lui pour se faire indiquer les bonnes adresses où faire les poubelles sans en laisser une miette à notre pauvre félin principal.

Notons que la narration, qui se focalise souvent sur Hideyoshi et ses pensées souvent pas très courageuses, est excellente pour mettre en avant notre héros sous toutes ses coutures.

Régulièrement, le lecteur aura tout le loisir de se délecter du comportement assez couard d'un Hideyoshi délirant. Quelques quiproquos plutôt fun naissent alors, comme dans le tome 2, quand Nobu pense que Hige a en tête une parfaite stratégie de défense en s'accrochant à son dos, alors qu'il pense juste à se protéger.


Autour, une palette de chats bien campés


Bien sûr, bien d'autres félins viennent animer les pages.

Certains, de façon sérieuse comme, Arashi (le boss du quartier ouest), ou les généraux qu quartier sud.

D'autres, de manière plus humoristique, comme les deux chats pas très futés suivant Hideyoshi dans le tome 1.

Mais c'est bien Nobunaga qui est vraiment l'autre chat attirant l'attention sur lui pendant toute la série. Avec son physique de colosse bien grassouillet, il impose d'emblée sa puissance et rétame facilement les chats se dressant sur sa route... alors qu'en fait il ne pense qu'à bouffer. Bouffer, bouffer et encore bouffer, quitte à ne respecter aucune des règles que Hideyoshi tente désespérément de lui apprendre. Avec ce matou imposant, SP Nakatema joue à la fois sur l'humour et le sérieux. Tantôt Nobu apparaît très comique, tantôt il en impose sévère !

Bien sûr, il y en a plein d'autres, mais on vous laisse les découvrir.





Au fil des bastons, une réelle évolution


Car oui, évidemment, la série ne va pas camper uniquement sur la guerre de territoires et l'humour, et va offrir au fil des tomes une évolution plus concrète. Celle-ci concerne surtout Hideyoshi, notre chat principal. Et même si cela peut paraître parfois assez abrupt (il reste assez couard pendant un bon moment, et tout se précipité un petit peu dans les deux derniers tomes), c'est très efficace grâce aux idées véhiculées.

Il était le paria de la ville depuis sa "trahison" envers Torao. Mais depuis qu'il s'est allié à Nobunaga, colosse surpuissant récemment arrivé dans le quartier et dégommant tous les autres chats avec une facilité déconcertante, Hige, petit à petit, change, n'est plus le même... ou presque. En servant de guide des environs au gros félin costaud, le bicolore à moustache ne reste qu'un faire-valoir pendant un bon moment. Et pourtant, son rêve de devenir le boss renaît... mais Nobunaga a-t-il les mêmes ambitions que lui ? Le matou mastard se fiche d'abord simplement des règles du milieu félin, ne semble avoir aucune envie de devenir un boss, car ce qui compte avant tout pour lui c'est de se régaler avec la nourriture qu'il trouve. Mais peu à peu, lui-même va se mettre à considérer les choses un peu différemment.


Vers une nouvelle ère ?


Et au bout du compte, c'est une toute nouvelle ère qui pourrait s'ouvrir à Midori-ku. Une ère où Hideyoshi, avec l'aide de Nobunaga, pourrait enfin réaliser ce qu'il souhaite !

Car les vieilles règles félines et leur hiérarchie pourraient enfin être brisées avec l'instauration d'un esprit nouveau : entraide, partage, camaraderie seront au programme du quartier haut sous la houlette de Nobunaga. Les chats pourraient devenir libres et égaux, sans dominants ni dominés... et pour Hideyoshi, qui fut si longtemps un paria maltraité par tous, c'est un rêve qui pourrait se réaliser, une fois qu'il aura pardonné à ses anciens tortionnaires.

En somme, Midori-ku pourrait enfin entrer dans une ère de paix... mais cela sera-t-il vraiment possible ? En effet, tout le monde ne voit pas d'un bon oeil cette possible évolution plus égalitaire.

Clairement, SP Nakatema accentue constamment la tension sur cet aspect au fil du dernier volume de sa série, car c'est à celui qui saura le mieux manipuler les autres, avant même de savoir le mieux se bastonner pour l'emporter. Face aux désirs de nouvelles règles et de liberté de Nobunaga, de Hideyoshi et de leurs alliés s'opposent certaines ambitions personnelles pour prendre le pouvoir sur tout l'arrondissement, ainsi que certains désirs de préserver l'ancien et pourri système de hiérarchie.





Une conclusion aussi rapide que maligne


D'ailleurs, revenons plus en détails sur ce quatrième et dernier tome.

La première moitié du volume pourrait légèrement laisser le lecteur sur sa faim, car elle conclut de façon un peu rapide et assez basique l'ultime lutte contre les adversaires venus de Sakura-Nord. Il n'y a pas de grosse surprise, les retournements de situation concernant Arashi ou Mamie Yone sont rapides, et il y a le sentiment que certains éléments n'ont pas vraiment été exploités (on pense aux mystérieux chats gérant le quartier Nord dans l'ombre, ou au matou qui manipulait Arashi). On n'a pourtant aucunement l'occasion de s'ennuyer, car dans l'action SP Nakatema ne fait pas traîner inutilement les choses, son rythme assez soutenu reste toujours présent, et on ressent bien la tension qui anime ce dernier acte.

En revanche, la deuxième moitié du volume est excellente, tant le mangaka a à coeur de bien y conclure les choses. Même si, là aussi, il va parfois un peu vite avec quelques retournements de situation qui paraissent impromptus (surtout concernant le statut de chat domestique de Nobunaga), le mangaka sait où il va dans ce final où il conclut habilement les grands axes de son récit : la promesse que Hideyoshi et de Torao des toutes premières pages qui trouve un bel écho, l'évolution que Hideyoshi a connue auprès de Nobunaga et qui est intelligente (non, il ne deviendra pas fort physiquement, il restera faible, mais il a largement prouvé sa valeur sur d'autres points), l'amitié sincère qui s'est bâtie entre les deux principaux matous de la série malgré leur statut différent (un chat des rues et un chat domestique)...

Le dernier chapitre, un long épilogue d'une quarantaine de pages, est même très malin dans sa construction, car tout en permettant de découvrir la "vie de famille" de Nobunaga et de laisser deviner le destin de Hideyoshi, il voit SP Nakatema relier un peu la fiction de son histoire à la réalité. En procédant ainsi, l'auteur fait bien prendre conscience de l'un de ses objectifs principaux : représenter toute la dureté de la vite des chats de gouttière.
  
  
  


NORANEKO SEKAI © 2015 SP☆NAKATEMA / SHOGAKUKAN

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