Skip Beat ! - Actualité manga
Dossier manga - Skip Beat !

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Sommaire

Publié le Jeudi, 04 April 2013


Et ainsi s'ouvrit la boîte...

 
 
« Cette boîte, créée par Dieu il y a très longtemps, est bardée de serrures, toutes fermées à double tour de sorte que son possesseur ne puisse jamais l’ouvrir. Dieu la confie ainsi scellée à chaque enfant à naître. Jusqu’au jour où elle s’ouvrira. »

Dès le départ, l'auteure nous prévient que le personnage principal n’est ni une héroïne justicière ni du genre petite fille douce. Ce côté doux peut apparaître comme étant un trait de caractère indispensable à toute héroïne de manga pour filles, mais, pour un personnage principal, Yoshiki Nakamura trouvait ça plutôt banal, en fait. De plus, elle se sentait obligée de créer une héroïne qui soit un genre de bête curieuse, car si elle était restée dans un schéma trop classique, cela se serait rapidement essoufflé et ça n'aurait finalement pas plu aux lecteurs. C’est en tout cas son opinion et, à la vue de sa création, on peut difficilement lui donner tort !

Tout commence par la rencontre d'une jeune fille, fortement naïve, ayant suivi ce qu'elle pensait être le prince charmant. Pourtant, un jour, elle a dû se confronter à la dure réalité.Ce qu'elle prenait pour son prince n'était autre qu'une personne qui n'avait cessé d'abuser de sa gentillesse et de sa naïveté pour parvenir à ses fins, à savoir atteindre le sommet du showbiz. On aurait pu penser que cette malheureuse fille qui vient de se faire avoir allait fondre en larmes, mais c'est très mal connaître la boîte fermée à double tour au fin fond de l'inconscient de Kyoko. En effet, c'en est trop pour les serrures de cette dernière, ouvertes de force par un petit diablotin dénommé Sho. Et ainsi s'ouvrit la boîte...
L'aura maléfique qu’elle contient est emplie de haine et les mini-kyoko spectrales qui la composent sont libérées de leur carcan et sont prêtes à déferler sur le monde et à se venger implacablement de ceux qui oseraient encore briser le cœur de leur maîtresse. De son côté, leur propriétaire s'occupera d'entrer dans le showbiz pour voler la vedette à son désormais ennemi juré. Paradoxalement, la haine de Kyoko est extériorisée de manière tellement fougueuse et particulière que la plupart des gens pensent de prime abord que Kyoko est une fan folle et obsessionnelle de Sho et de Ren comme lorsqu'elle construit ses figurines faites main de nos deux apollons qui sont en réalité des poupées vaudou (ceci afin de mieux leur jeter diverses malédictions). Malgré cette mauvaise interprétation des gens à son égard, son aura peut lui servir entre autres d'arme pour intimider les personnes qui lui font obstacle et de lui donner une énergie supplémentaire décuplant ainsi son obstination et sa détermination. Pour citer un exemple concret, M. Takenori Sawara, responsable de la section variétés de l’agence LME production, 44 ans, et depuis quelque temps harcelé et hanté jour et nuit par une Kyoko accompagnée de ses alliés les spectres et bien décidé à faire son entrée dans le show business !

On pourrait croire après cette transformation radicale que Kyoko a tout perdu de sa gentillesse et de sa naïveté, mais ce serait encore une fois mal la connaître. En effet, elle n'a pu malgré tout se détacher de sa passion invétérée pour les contes féeriques et de princesses. Comme elle le dit si bien : « De toutes, c’est celle que j’ai toujours préférée. De toutes, c’est celle qui m’a toujours fait le plus envie. Celle d’une jeune fille misérable, vêtue de haillons, qui ne pouvait que contempler de loin les bals fabuleux. Mais un jour, la marraine-fée apparaissait et la rendait si belle qu’elle éblouissait tout le monde sur son passage. L’histoire de Cendrillon. Tant de fois j’ai voulu être à sa place. Tant de fois j’en ai rêvé ». En somme, elle rêve toujours de devenir une sorte de Cendrillon un jour (complètement frappée la fille...). Elle ne peut non plus s'empêcher encore et toujours de se pavaner de désir devant les magasins vendant des produits de beauté hors de prix. Elle possède aussi une pierre aux reflets bleus et violets qu'elle nomme "Corn" et qui aspire son chagrin et sa langueur quand elle ne peut plus les porter toute seule, et ce, depuis son enfance. Une pierre offerte par l'éminent prince des elfes (en tout cas c'est ce qu'elle pense dur comme fer, fidèle à elle-même...).
       
 
 
 
 

Au-delà de la comédie, des sentiments bien réels

 
 
Skip Beat accompagnée de son héroïne forment un tout extrêmement dépotant et hilarant, mais ce serait oublier l'un des fondements de l'œuvre qui réside dans le vécu malheureux et conséquent des différents personnages qui peuplent l'univers du showbiz, et notamment certains protagonistes principaux. Dans en premier temps, nous nous occuperons d'explorer le tempérament tragique de la série d'abord par rapport aux événements du présent et ensuite par l'intermédiaire du passé de chacun. Sans oublier pour autant l'aspect positif que dégage le titre, ce que l'on verra par la suite.


Le chagrin au creux des mains


La première chose que ferait Kyoko si elle était présente serait de s'écrier : "Le garçon que depuis mon enfance j’aimais sans qu’il m’aime en retour m’a jetée comme on jette un mouchoir usagé. SHORAROOOOO… JE NE TE LE PARDONNERAI JAMAIS !!! Patience… Le jour viendra où tu te prosterneras devant moi en pleurant toutes les larmes de ton corps". On pourrait dès lors en déduire que Skip Beat! s'avère être un manga ayant pour thème la vengeance. Pourtant, ce serait oublier que si cette thématique fait partie intégrante de l'œuvre c'est de prime abord à cause d'un vécu douloureux de certains personnages.  Un chagrin tout simplement au creux de leurs mains, des mains qui essaient pourtant de se refermer pour éviter qu'autrui ne découvre leurs plaies béantes.  Plaies qui peuvent les fragiliser à tout moment de leur existence. Sans vouloir l'admettre, Kyoko est l'un des premiers protagonistes sur la liste. Malgré son chagrin, elle a su se remettre sur pied et se battre contre un destin qui ne l'a jusqu'ici pas gâté, mais si elle a pu se relever c'est aussi et surtout par le biais d'une volonté de vengeance tenace et bouillonnante à l'encontre de Sho. Le problème étant qu'une telle motivation risque en définitive de ne pas la mener bien loin. Ren le lui fait d'ailleurs remarquer de manière claire: "La soif de vengeance… Combien de temps cette motivation te permettra-t-elle de survivre ?". Qui plus est, en se focalisant presque exclusivement là-dessus, Kyoko a tendance à passer à côté de ce qui est peut-être l'essentiel, à savoir le fait de réapprendre à se faire aimer et, surtout, à aimer en retour. Cependant notre héroïne en est bien consciente malgré le fait qu’elle rechigne à admettre l'évidence. Toute personne ne peut se passer d'une manière ou d'une autre d'un peu d'amour dans son existence. Cette carence se répercutera d’ailleurs sur le début de sa carrière en tant qu'actrice à LME.
Même le président de LME lui fera remarquer que pour pouvoir percer dans le milieu du showbiz, toute célébrité digne de ce nom se doit de posséder la chose la plus indispensable qui soit : l'amour, tout simplement. Toutefois, si vous demandez au personnage principal ce qui lui vient à l'esprit quand elle entend ce mot, il répondrait spontanément que c'est un prélude à la chute et à la mort! Un banal constat qui ne peut promettre qu'un échec cuisant vis-à-vis de sa carrière. Mais seul l'avenir pourra nous le dire...

Au début, le fait que la vengeance soit la seule motivation de Kyoko de rentrer dans le show business fera en sorte que Ren n’appréciera pas trop notre héroïne. Effectivement, le premier contact entre Kyoko et le mec le plus populaire de l'agence LME ne sera pas dès plus plaisants, car Ren estime qu'une personne qui n'est pas le moins du monde passionnée par son travail ne mérite pas sa place dans le milieu des acteurs. De son côté, Kyoko,en sentant une telle hostilité de la part de quelqu'un qu'elle ne connaît pas, ne lui sera guère des plus agréables. C'est à partir de ce moment-là qu'elle sera amenée à considérer le beau gosse comme un ennemi et plus tard un rival. Bien plus tard, Ren s'apercevra malgré tout que derrière cette carapace remplie de rancœur se cache une jeune fille meurtrie, mais qui n'en reste pas moins humaine et gentille. Pourtant notre chère célébrité n'est pas non plus épargnée par un vécu mystérieux, certes, mais qu'on devine tout aussi torturé et triste. En entamant sa carrière d'acteur sur le sol japonais, celui-ci a décidé de faire table rase du passé et de rester hermétique à tout contact avec autrui. Un renfermement sur lui-même qui pourra parfois se traduire par quelques situations cocasses, mais qui ne peut que confirmer l'hypothèse mise en avant. Cette promesse de distance par rapport aux autres sera d'autant plus difficile à tenir à l'égard de Kyoko dans la mesure où elle ne semble pas lui être totalement étrangère...

De son côté, sous son aspect infect et méprisable, Sho, qui est toujours détestable, n'aura aucun remords à jeter notre héroïne tel un mouchoir usagé comme cette dernière le dit si bien. Toujours confiant, le chanteur désormais célèbre n'aura aucune peine de poursuivre sans crainte son chemin vers la gloire. Avec une Kyoko tapie dans l'ombre, Sho ne se rend pas compte des conséquences à venir qui lui tomberont dessus sans crier gare ; un véritable fauve est prêt à renaître de ses cendres pour lui faire comprendre qu'il a fait la plus grande bêtise de sa vie. Et le jour où il sera confronté à notre héroïne transformée et implacable, celui-ci s'apercevra pour la première fois de sa vie qu'il a fait naître une réelle menace sous la forme d'une femme fatale. Femme qui, ironiquement, ne se rendra pas compte du terrifiant pouvoir d'attraction qu'elle exercera sur la gent masculine. Et ce sont, en outre, les hommes les plus inaccessibles qui tomberont de manière inattendue dans sa toile.
 
 

Jeunesse perdue

 
Comme on l’a susmentionné brièvement, la désillusion en ce qui concerne Sho est la goutte d'eau qui a fait déborder un vase déjà bien rempli. Vase qui reflète le passé peu reluisant de notre héroïne. Un passé que notre fille aux spectres aimeraient ne plus jamais avoir à mentionner, surtout lorsqu'il s'agit de revenir sur l'affaire de sa mère ; une mère froide qui ne daignait considérer l'existence de sa fille que si elle réussissait toutes ses interrogations scolaires à la perfection jusqu'à ce que celle-ci ne considère plus l'existence de la chair de sa chair en l'abandonnant définitivement. L'indifférence maternelle transformée en définitive en abandon pur et simple sera la première blessure conséquente dans le cœur de Kyoko. Une blessure qui sera la première d'une longue liste. Et les dernières en date, nous les connaissons déjà sous la forme d'un diablotin dénommé Sho. Le passé est donc la clé de la mutation et de la croissance de tout un chacun, que ce soit Ren et son passé mystérieux, Mademoiselle c'est-un-scandale ou encore la petite Maria.
Maria qui n'est autre que la petite fille du président de LME et qui, même pour son jeune âge, a déjà un beau vécu. Fille de parents qui doivent énormément voyager pour leur travail, Maria ne s'est pourtant jamais plainte et agit encore moins en tant que gamine capricieuse en appelant après ses géniteurs. Au contraire, cette dernière n'a jamais fait un seul caprice. Pourtant elle reste une petite fille qui a besoin de ressentir une fois dans sa vie la présence de ses parents le jour de son anniversaire, mais alors qu'elle fait cette demande égoïste pour la première fois de sa vie survient le drame... Tous les adultes lui répéteront qu'elle n'est en rien fautive de la mort accidentelle de sa mère, mais face à la douleur et à la distance de son père, Maria finira par croire le contraire et ira jusqu'à ne plus croire ce que lui disent les adultes. Il n'y a donc pas d'âge pour souffrir des aléas parfois terribles de la vie et de perdre par la même occasion une partie de cette jeunesse innocente. Car devant ces événements, il faut grandir prématurément et déjà se forger un caractère adulte. On se retrouve donc à un âge plus avancé qu'on ne le devrait avec les contraintes qui vont de pair, mais sans pour autant forcément bénéficier des avantages qu'il devrait procurer dans un monde d'adultes qui se veut bien souvent cruel. Même pour Ren, comme on l’a déjà dit, on suppose que par son attitude réservée vis-à-vis de son passé, il laisse malgré tout transparaître une jeunesse tout aussi tumultueuse.
 
 

Un zeste d'humour et d'amour


Après tout ce charabia tragicomique, il ne faut pas oublier que Skip Beat, comme le dit si bien son nom, se veut une œuvre avant tout pêchue et non dénuée d'une pointe d'humour. Kyoko en elle-même et de par ses réactions souvent excessives par rapport à des situations données fera mourir de rire le lecteur. Sans spoiler la série, l'un des premiers exemples, que l'on a brièvement évoqué auparavant, est harcèlement de Takenori Sawara par les Kyoko spectrales dans le but de faire rentrer leur maîtresse dans la section variété de LME. A côté de l'originalité de notre héroïne nationale, son rapport avec Ren est tout aussi explosif que drôle. On se souviendra notamment que dans la rage de Kyoko, provoquée par les sarcasmes envahissants du populaire gentleman, celle-ci ne pourra répondre à son interlocuteur que par un doigt d'honneur bien placé en fin de discussion. On sait que par après notre personnage principal paiera, comme d'habitude, son audace à l'encontre de Ren Tsuruga. Un dernier exemple est l'entrée de Mlle c'est-un-scandale dans la section Love Me et le fait qu'elle doive subir la malédiction de la combinaison rose, ce qui se fera au grand bonheur de Kyoko qui ne se privera pas de la taquiner à ce sujet. Mais, ce que l'on retiendra surtout de ce titre, c'est qu'au-delà des malheurs toute personne peut trouver du réconfort ou un soutien auprès d'individus proches. En effet, notre malheureuse Kyoko trouvera un appui auprès de Ren ou encore du président Takarada et une première amitié forte avec Mlle c'est-un-scandale. La vie n'est donc pas faite que de tristes événements. Au contraire, elle est faite de joies, de peines, de moments intenses et uniques qui ne manquent jamais de faire s’affoler les battements de notre cœur !
  
  

SKIP BEAT! © 2002 by Yoshiki Nakamura / HAKUSENSHA, INC.

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