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Publié le Jeudi, 26 November 2009


Un shôjo hors du commun

      
S n'est pas à l'image des shôjo classiques que nous avons l'habitude de lire. Tout d'abord, chose très simple à remarquer: le héros n'est pas une fille, mais un garçon frimeur et plein de vie. Il est alors presque impossible de rencontrer des passages débordants d'amour et de passion pour l'être aimé. Au contraire, l'amour est abordé bien différemment, et surtout, c'est l'amitié qui est mise au premier plan. Cette amitié, déchue, est la vraie base de ce shôjo. Elle fera alors intervenir des interrogations fortes, une remise en question certaine et surtout, un ressenti qui ne laisse pas indifférent. L'amitié fait parfois davantage mal que l'amour, et ici, c'est bien le cas. Les paroles d'Aki, à l'égard de Sakura, pour sauver leur histoire, sont fortes et troublantes. Le lecteur adhère sans problème à la peine du premier, mais également à la gêne et au mal-être du second. Car Sakura, d'un tempérament très différent de son ami, n'exprime pas ses sentiments de la même manière. C'est en baissant les yeux ou en gardant la tête haute, en esquissant un sourire ou en prenant un air impassible, que Sakura essaie de se protéger de cette peine trop débordante pour lui. Peut-être nie-t-il ses sentiments pour mieux affronter sa décision de partir. Libre à chacun d'interpréter les comportements de ce personnage, en tout cas, l'auteure nous en laisse tout le loisir.
 
Ensuite, on peut remarquer que même si les larmes sont très présentes, on ne peut pas dire que la série soit niaise, et que le personnage principal s'apitoie sur sa situation. Bien au contraire, il est très facile de faire preuve de compassion à l'égard du Aki triste et désespéré, tout simplement parce que parfois, une amitié blesse davantage qu'un amour. Ces pleurs, incessants par moments, nous arrivent plutôt comme des sanglots qui prennent le dessus lors de certains passages uniquement. Ainsi, Aki pleure, se reprend, puis pleure de nouveau. Mais pour finir, ce garçon, fort et ambitieux, se servira de cette peine pour aller plus loin, voir plus grand, et avancer à pas de géant. C'est ainsi que la tristesse est surmontée, et qu'elle devient une histoire ancienne. Elle se transforme en passion débordante pour la réussite, une rage de vaincre et d'arriver à la vérité.
 
Pour continuer, l'amour, qui se trouve à un plan plus reculé, n'est peut-être là que pour accentuer l'amitié qu'entretiennent les deux protagonistes. Car Kohaku, qui aime Sakura, mais qui est elle-même aimée par Aki, n'est en rien un sujet de débat entre les deux garçons. Au contraire, ils ne s'entretiennent que très rarement à son sujet; non pas par gêne ou pour éviter toute dispute, mais uniquement pour la simple raison qu'il n'y a pas lieu de s'énerver ou de trouver une solution. Les choses sont ainsi, et les mystères du cœur sont des secrets bien trop complexes. On aurait alors pu penser que ce personnage de Kohaku, cette figure féminine, aurait pu être le nœud du conflit. Mais il n'en est rien. Setona Mizushiro parle elle-même de triangle amoureux, en évoquant trois personnages masculins, qui sont Aki, Sakura et Niresaki. De cette façon, c'est ce dernier qui complique la situation. Dans le même sens, si l'histoire aurait été davantage développée, nous aurions pu également voir Aki, Sakura et Kensuke en triangle, car Kensuke, qui avait pour ambition d'être partenaire de double de Sakura, voulait, en quelques sorte, voler la place de son ami Aki pour être enfin aux côtés de celui qu'il adule tant. On peut ajouter que cette omniprésence de personnages masculins ajoute une touche ambiguë, et souvent il viendra à l'esprit du lecteur des questions concernant les relations plus profondes de chacun d'eux.
Ainsi, en quelques sorte, l'auteur réussit à tisser une toile bien complexe, qui met principalement en jeu des personnages masculins, au détriment des féminins. D'ailleurs, très accessoirement, on peut constater que le nombre de filles qui composent la série est bien en dessous de celui des garçons. Celles qui se situent en arrière-plan ne sont que des groupies sans savoir qui ne font que crier leur passion pour celui qu'elles admirent, soit dit en passant, ces fans changent très vite d'avis. Et enfin, Kohaku, qui se montre très masculine dans un premier temps, puis devient un vrai personnage féminin, auquel l'auteure réussit à donner élégance et charme, grâce à Aki. On constate donc que le masculin est au centre de l'histoire, et par conséquent, que le féminin arrive ensuite, chose très rare pourtant dans un shôjo.
Voilà pourquoi on peut se permettre de dire que S n'est pas un shôjo comme les autres. Par les personnages qu'il met en scène, l'étrange omniprésent, mais aussi l'amitié, cette série ne laisse pas indifférent, bien au contraire. De plus, le sport est abordé d'une très belle manière, et permet de mettre un accent sur la relation entre les deux protagonistes. S, au-delà d'être un shôjo, est davantage un manga qui donne une leçon de vie, et montre aux lecteurs qu'il ne faut pas avoir peur de se surpasser et d'être sincère avec soi-même.
      
            
     
© 2006 Setona Mizushiro / AKITASHOTEN JAPAN

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