Dossier manga - Resident Evil - Marhawa Desire
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Publié le Vendredi, 17 October 2014


L’horreur en deux temps


Que l’on ait joué ou non à un jeu vidéo Resident Evil, le simple nom de la licence évoque l’angoisse, la peur, et surtout des zombies. Il n’est donc pas difficile d’imaginer avant même la lecture que le manga nous apportera notre quota de monstres et moult situations frissonnantes, les cinq opus durant. Pari honoré pour Marhawa Desire qui, le temps de trente-neuf chapitres, nous propose son lot d’adrénaline. Attention toutefois, il convient de ne pas considérer la peur de manière littérale, comme pourrait nous l’octroyer un bon Stephen King, mais de penser davantage à une aventure se déroulant par le biais d’un périple horrifique où la survie sera le mot-clef de ces mésaventures.

Avant toute chose, contextualisons le titre. Marhawa Desire se concentre sur deux protagonistes que sont Doug Wright et Ricky Tozawa, soit un professeur expérimenté d’un côté, et un lycéen un poil turbulent de l’autre. Pas de superhéros dans ce binôme donc, puisque nous avons affaire à deux protagonistes très standard auquel on pourrait s’identifier sans mal, un véritable plus pour s’immerger dans le récit. Les personnages en eux-mêmes sont convenus, mais il est plaisant de penser à utiliser une recette classique pour l’instaurer dans un climat de terreur, de manière à les prendre à contrepied. Doug et Ricky sont donc voués à évoluer dans un univers de zombie, découvrir une vérité et une terreur qui les dépasse, mais chercher à survivre tout en éclaircissant les mystères qui s’offrent à eux. L’horreur de Resident Evil : Marhawa Desire est en deux temps, et ces deux héros correspondent au premier fragment de notre titre.

A côté d’eux se dresse un trio, un petit groupe d’élite du corps armé BSAA destiné à lutter contre le bioterrorisme : Chris Redfield, Piers Nivans et Merah Biji qui représente l’atout féminin musclé de l’histoire. Pour ces trois-là, luttant en connaissance de cause et présenté comme tel dès les premiers chapitres du manga, il est question de testostérones, mitraillettes et grenades en tous genres. La survie est moins subtile, elle est davantage bourrine. Vous l’aurez compris, voici la composante du deuxième fragment de notre titre.
  
  
  
  
  
La première partie du manga se focalise sur Doug et Ricky, oncle et neveu, tentant de découvrir les secrets de la contamination du campus Marhawa, aidés par une poignée d’alliés secondaires qui serviront ou non de chair fraîche aux zombies qui s’apprêtent à déferler sur l’établissement scolaire. Nous retrouvons ici des codes plus traditionnels au cinéma d’horreur, à savoir des individus livrés à l’inconnu, s’apprêtant à faire face au surnaturel sous sa facette la plus terrifiante. L’angoisse au sens propre est des plus présentes, car le récit cherche souvent à nous surprendre, comme un film d’horreur aime nous faire sursauter. Et se plongeant dans le noir, pourquoi pas une nuit d’orage et de pluie, il ne serait pas étonnant que les premiers chapitres de Marhawa Desire fassent leur petit effet. Notons toutefois certaines ruptures avec cette ambiance, marquée par une intrigue lycéenne minimaliste qui fera la belle part aux conquêtes sentimentales du jeune Ricky, ou alors des épisodes entretenant un peu plus le mystère, de telles sortes à planter quelques personnages, des concepts, et les révélations qui pourraient être apportées par la suite.

A la seconde partie du titre, le trio du BSAA entre véritablement en scène, car jusqu’à présent, et cela ne constitue pas un spoil en soi, Chris, Piers et Merah ne se sont fait remarqués que de loin, et ce sont tels des héros qu’ils entrent en scène alors que la situation a empiré, devenant un carnage complet. L’horreur prend alors une tout autre dimension. Fini la subtilité, l’angoisse implantée avec soin, et place à la terreur sous son jour le plus brutal. Les zombies pullulent, ils affluent de partout, et il convient que le ménage se doit d’être fait à l’arme à feu la plus violente qui soit. Les mécaniques et objectifs de la première partie du manga sont toutefois  conservés, car la survie est la clef de l’histoire, et les quelques mystères entourant la pandémie du campus Marhawa se doivent d’être éclaircis. Malgré le changement, le lecteur n’est en aucun cas perdu par l’atmosphère changeante.

Ainsi, l’ambiance de Marhawa Desire évolue tout le long des cinq volumes, de manière cohérente, car elle suit un cheminement scénaristique précis. En effet, à la manière des jeux vidéo, il n’est pas étonnant qu’un virus contaminant une poignée de personne s’étende à l’infection généralisée. L’ambiance du manga est par conséquent réussie, mais elle doit passer par un critère essentiel : une bonne copie graphique.
  
  
  

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