Reborn - Partie 2 - Actualité manga
Dossier manga - Reborn - Partie 2

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Publié le Vendredi, 27 November 2015


Un graphisme en évolution constante


Un artiste progresse et évolue au fil du temps, raison pour laquelle sur une longue œuvre, le style graphique du premier tome n’est jamais celui du dernier. Dans le cas d’Akira Amano, l’auteure est passée par différents stade d’évolution si bien que son trait est méconnaissable une fois arrivé à la seconde moitié de la série. Assez simpliste et peu fouillé dans les premiers chapitres, le graphisme s’embellit, s’affine, se précise et fourmille de détails arrivé aux alentours du quinzième tome qui correspond à la fin d’arc Varia. Ce nombre de détails s’amplifie chapitre après chapitre.

Au fil du temps, la mangaka multiplie les styles de trame sur ses dessins, ce qui lui donne une forte densité, donne plus de relief aux personnages mais rend aussi les planches très chargées. A l’opposée, les derniers volumes jonglent entre des pages densément construites et un style beaucoup plus simpliste, voir vide, lorsqu’il s’agit de représenter des personnages ou des situations avec humour ou lorsque quelques figurants apparaissent à l’arrière-plan, Akira Amano ne prenant parfois plus la peine de construire leurs visages. Le bilan global du style visuel de Reborn ! est très positif, les visual book Colore ! et Rebo to Dlive constituent ainsi des pépites pour les fans du trait de l’auteure qui utilise une palette de couleurs assez dense et originale, si bien qu’on regrette que les deux ouvrages n’aient pas été édité sur un véritable grand format d’artbook.

La force du trait déteint aussi sur notre appréciation de la série lorsque celle-ci s’oriente vers des scénarios beaucoup plus convenus. L’arc de la cérémonie de succession est un excellent exemple puisque lorsque les combats ne surprennent pas, c’est visuellement que la claque est infligée par les planches au lecteur. Afin de donner de la force aux derniers tomes, la mangaka abuse des pirouettes scénaristiques et des power-up (entendez par là la surenchère de puissance du côté des héros) en tout genre, ce qui va de pair avec le style grandiloquent du mangaka qui finit par donner dans le grand spectacle, une belle consolation pour ceux qui regrettent les tournants scénaristiques pris par la série.

© AKIRA AMANO/SHUEISHA, TV TOKYO, REBORN! PRODUCTION COMMITTEE

La flamme de la volonté animée


L’anime Reborn ! a obtenu une certaine popularité au Japon, si bien qu’entre CD audios, DVD alternatifs, jeux-vidéo et concerts annuels, les fans pouvaient presque modeler leur style de vie à l’image de la série. En France, c’est un tout autre constat puisque bien que Reborn ! était citée parmi les séries à succès aux alentours de 2009, le public de l’hexagone ne fut pas si réceptif que ça à l’offre légale puisque la diffusion VOD s’arrêta à l’aube de l’arc du futur, partie la plus passionnante de l’histoire. La faute aux premiers temps mollassons de la série, peut-être ? Pas vraiment puisque l’anime a fait le pari de distiller les histoires humoristiques dans de cours arcs qui font office de répit après les grandes batailles de la série.

Avec 203 épisodes et un OAV, on peut considérer que l’anime a conquis son public bien qu’une fin à l’arc du futur démontre que les chiffres n’étaient plus satisfaisant à la fin de la production et ne permettaient pas de poursuivre l’aventure. On peut comprendre que l’anime ne soit pas allé jusqu’au bout à cause de ses défauts facilement visibles avec un certain recul. Le plus flagrant est le style graphique d’Akira Amano qui n’est pas respecté, celui-ci se voit même simplifié au possible. Pour le reste, les tares frappant l’anime Reborn sont les mêmes que bien des anime fleuves : animation réduite, et rythme parfois très lent sachant que l’adaptation animée finissait par rattraper la parution du manga. Difficile alors de sauter de joie face au cycle de la bataille de la base Melone, dans l’arc du futur, qui ne duraient finalement qu’une quinzaine de minute entre le longuet résumé des épisodes précédents et les scénettes spéciales post générique.

Pourtant, l’anime Reborn ! a su proposé son lot de bonnes choses, à commencer par sa manière habile d’adapter les sept premiers tomes en évitant de lasser son spectateur puisque les histoires ne furent pas toutes adaptées. Aussi, le studio Artland a su prendre le bon choix de ne pas partir dans des arcs fillers pour combler les trous de la série en attendant que le manga progresse. En effet, deux petits cycles inédits au manga mais basés sur des idées d’Akira Amano sont proposés, apportant leur lot de fan-service tout en ne dénaturant pas le scénario d’origine.

Enfin, l’aspect fort de la réalisation technique est symbolisé par la bande-originale de Toshihiko Sahashi. Le compositeur des séries Gundam SEED, Hunter X Hunter et Full Metal Panic ! s’est chargé des musiques de Reborn ! mais semble avoir effectué un travail en deux temps. Sur les 73 premiers épisodes, ses compositions se basent sur des instruments, permettant d’apporter à la fois des musiques épiques donnant un incroyable relief à certaines scènes mais aussi des sonorités qui dépeignent les différentes sensations de l’histoire et ancrent même le scénario dans le contexte de mafia grâce aux inspirations occidentales.

Passé ce fameux épisode 74, l’arc du futur démarre et le compositeur s’adapte au ton nouveau de la série, et peut-être aussi aux manques de moyens flagrants du studio Artland. L’instrument synthétique devient ainsi l’ami du musicien et les sonorités nouvelles de la série se ressentent, ce qui n’empêche pas l’anime de proposer son lot de séquences mémorables grâce à la bande son. En somme, les moments forts de la série animée sont dus au travail de composition de Toshihiko Sahashi, comme dans toute œuvre audiovisuelle d’un côté, mais le travail d’ambiance est ici largement marqué pour pallier aux défauts de la réalisation minimale. Si à l’époque on pouvait se plonger facilement dans les aventures animées de Tsuna grâce à l’euphorie et la passion, la prise de recul liée aux années qui nous séparent depuis la fin de l’anime nous permettent de nous rendre compte que Reborn ! rentrait dans les standards des séries fleuve des années 2000. L’anime est finalement loin d’être mauvais, mais il est aussi loin d’être sensationnel et ce malgré des moments qui restent dans les mémoires, notamment grâce au travail de composition musicale sur l’œuvre. Admettons aussi qu’avec un budget plus conséquent, engendrant une animation plus soignée, une adaptation de l’arc de la cérémonie de succession aurait été visuellement aux petits oignons.
  
  
  


© 2003 by Akira Amano / SHUEISHA Inc.

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