Dossier manga - Planètes

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Sommaire

Publié le Jeudi, 03 April 2014


Graphismes

   
 
Pour rappel, Planètes est la première série de Makoto Yukimura, et cela se ressent sur la qualité de son trait, tout particulièrement au début de l'aventure. On note d'ailleurs une rupture très franche entre le second et le troisième chapitre : l'auteur a en effet corrigé le tir en changeant l'apparence de ses protagonistes, le changement le plus marquant étant que Hachi passe soudainement du blond au brun. Un effort a également été fait au niveau des expressions, avec des visages bien plus fournis en détail et en émotivité. On peut donc penser que beaucoup de temps s'est écoulé entre ces deux épisodes, le temps que l'auteur améliore son trait. Par la suite, les écarts graphiques sont moins décelable, mais l'auteur n'a de cesse de progresser au fil de la publication, où l'on ressent son aisance grandissante.
  
Réaliste dans son propos, Planètes l'est également dans la forme, et nous immerge dans un univers fourmillant de détails. Des vaisseaux aux bases spatiales, et passant par les retours sur Terre, les décors sont denses et omniprésents et nous plongent dans la diversité de leurs ambiances. Makoto Yukimura souffre assez peu du syndrome du décor vide, hormis bien sur lors des passages les plus introspectifs. Mais cette ambiance réaliste est quelque peu contrebalancée par les personnages et à leurs visages plutôt ronds, qui nous font ressentir un certain détachement et contribuent à l'ambiance globalement positive de la série.
 
 
  
     
     

Planètes, l'Anime

   
 
Série en 26 épisodes, la version animée de Planètes a été imaginée tandis que le manga était encore en cours de parution. Il s'étend ainsi, grossièrement, jusqu'à la fin du troisième volume, même si les images de l'ultime générique de fin nous offrent un aperçu de la suite (et fin) de l'aventure. Comme souvent dans ce genre de situations, le scénario a été beaucoup remanié, s'appuyant cependant sur les scènes-clef du manga, mais en offrant tout un background inédit.
  
Si Hachimaki est le personnage central du manga autour duquel gravitent tous les autres, l'anime de Planètes place Aï Tanabe au même niveau. Contrairement au support de base, elle apparaît ainsi dès le premier épisode, sa position de novice permettant d'offrir une incontournable phase d'exposition sur la Section Débris. Or, tandis que le manga reste assez flou sur les employeurs de l'équipage du Toybox, l'anime développe considérablement la hiérarchie en place. Nos récupérateurs font ainsi partie de la Technora Corp. et dispose de locaux sur une station spatiale, l'ISPV 7. Dans ses locaux, nous découvrons ainsi trois autres employés au rôle administratif, n'allant jamais sur le terrain : Philippe Myers, le débonnaire chef de la section ; Arvind Lavie, son assistant tout aussi guilleret ; et Edelgard Rivera, la secrétaire taciturne. Mais ces trois personnages n'ont qu'un rôle mineur dans la série, apportant surtout des moments de sourire entre chaque mission.
  
Nous découvrons également que la section Débris n'est qu'une toute petite partie de la Technora Corp. et qu'elle est même dénigrée par le reste des employés de cette compagnie. Elle représente ainsi le bas de l'échelle, la voie de garage pour les novices et les ratés, et c'est aussi pour ça que les trois personnages précédemment évoqués semblent aussi peu investis par leurs responsabilités. L'anime appuie ainsi sur un élément implicite du manga, mais la démarche était-elle vraiment nécessaire ? De même, cette version intègre d'autres nouveaux visages au sein de la compagnie, plus ou moins liés à nos protagonistes. Par exemple Claire Rondo, membre de la section de contrôle du trafic spatial et ancienne petite amie de Hachimaki ; le pilote Kho Cheng-Shin, qui se lie d'amitié avec nos deux héros et qui s'amourache d'Aï ; ou encore l'instructeur Gigalt Gangaragash, qui attribue des surnoms à tous ses collègues. D'autres personnages voient aussi leur histoire se développer longuement, comme Hakim, qui n'apparait que dans quelques chapitres du manga. Ainsi, la série animée prend parfois des allures de feuilleton à l'américaine, développant moins les personnages dans leur introspections personnelles que dans un tissu de relations pouvant parfois se montrer complexe. Il développe de nouvelles intrigues en s'appuyant sur certaines thématiques effleurées dans le manga, en levant le voile sur la faction terroriste des protecteurs de l'Espace.
  
La réalisation de la série est plutôt exemplaire, sans briller d'originalité pour autant, si ce n'est dans l'emploi massif des images de synthèses pour les vaisseaux et autres satellites, qui se marient correctement à une animation très classique. L'anime conserve l'ambiance contemplative du manga avec un rythme narratif très posé, mais l'action manque et les nombreuses séquences de dialogue pourront parfois nous assoupir... Pour l'anecdote, notons que cet anime a été diffusé sur la chaîne NHK en parallèle d'une autre série de la Sunrise, Twin Spica (inédite en France), et que les réalisateurs se sont amusés à glisser quelques clins d’œil entre leurs deux productions.
  
Editée chez Beez, la version française de l'anime nous est présentée avec un nombre remarquable de contenus supplémentaires de toute sorte (fiches personnages, commentaires audios, mini-épisodes,...) mais souffre d'une adaptation francophone assez perfectible, avec des comédiens de doublage manquant d'implication, renforçant l'ambiance laconique et parfois soporifique de la série.
   
Très différente du matériau de base sans le trahir pour autant, l'anime Planètes offre une vision très complémentaire, avec des aspirations nouvelles, des personnages inédits et certaines thématiques renforcées. Là où le manga s'intéresse aux tourments d'une poignée de protagonistes face aux avancées de la conquête spatiale, l'anime nous offre une saga plus classique dans la forme, faite de rapports humains, de triangles amoureux et de faux semblants. C'est aussi un éclairage sur des éléments factuels qui pouvaient nous échapper dans la version papier, qui pourront satisfaire ceux qui voulaient aller plus loin dans le portrait de cette nouvelle société spatiale. Mais ne nous y trompons pas : les moments les plus intenses de l'anime font partie du manga, et ceux qui ont commencé par la lecture de ce dernier resteront surtout impatients de voir le traitement qui leur aura été apporté. Ainsi, il est peut-être même préférable de découvrir Planètes par l'anime, pour l'apprécier pour ce qu'il est dans sa globalité, le manga apparaissant alors comme un approfondissement métaphysique des grandes questions qui parsèment cette épopée.
  
  

PLANETES © Makoto Yukimura / KODANSHA Ltd.

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