Nura, le seigneur des yôkai - partie 2 - Actualité manga
Dossier manga - Nura, le seigneur des yôkai - partie 2
Sommaire

Publié le Vendredi, 19 July 2019


La création d'une mythologie


Nous reprenons donc l'histoire de Nura ici après l'avènement de Nué et la bataille contre Hagoromo-Gitsune.

Comme d'habitude, nous avons le droit à un interlude entre les deux arcs, un affrontement avec un yokaï mineur qui amènera à des enjeux bien plus fondamentaux, ici le clan des 100 contes d'Edo. Un clan de yôkaï qui s'en prendra rapidement axu amis de Rikuo, notamment Natsumi et Maki. Ces deux amies de Rikuo servaient jusqu'à maintenant de point d'ancrage humains à notre héros. Dans le groupe Kiyo Sainte Croix, elles étaient toujours témoins des agissements de yokaï, contrairement à Kiyotsugu et Shima, et prenaient pleinement des risques qu'elles encouraient en leurs faisant face. Et contrairement à Kana, elles n'étaient pas fascinées le moins du monde par ce monde. Elles iront souvent chercher de l'aide auprès de leur amie Yura, apprenant d'elle des techniques de protection rudimentaire contre les yôkaï. Mais ici, elles seront livrées à elles-mêmes. En effet, Natsumi sera faite prisonnière d'une des création d'un yôkaï du clan des 100 contes d'Edo. Et c'est Maki qui la retrouvera, sans qu'elle puisse faire grand chose pour l'aider. Alors qu'elles sont acculées, ce sera finalement Kurotabo, l'un des généraux du clan Nura, qui leur viendra en aide, pour la deuxième fois déjà. Une confrontation qui nous amènera à un flash-back sur le passé de notre cher moine guerrier.

Nous revoilà plongé lors de l'âge d'or du clan Nura, alors que Rihan, le père de Rikuo, était à la tête du clan. Il avait encore Otome Yabuki à ses côtés à cette époque, et son clan faisait face à une menace inédite. Une menace qui menait à mal son clan et auquel il fera face seul dans un premier temps, alors qu'il en cherche la source. Et cette menace n'était autre que Sanmoto Gozaemon, un marchand humain qui se transformera en yôkaï par la suite, chacune des parties de son corps devenant un yôkaï à part entière. Si Rihan enverra dans les tréfonds de l'enfer une bonne partie de ses yôkaï, certaines autres se cacheront et attendront le moment propice pour refaire surface et décimer le clan Nura.





Et c'est là qu'on voit que l'auteur avait prévu de nombreuses choses depuis le départ. En effet, c'est Sanmoto qui était derrière les 88 démons de Shikokku et Hagoromo-Gitsune, ayant réincarné la renarde dans le corps ressuscité de l'ancien amour de Rihan, Otome Yabuki. Et au travers de ce flash back à l'ère d'Edo et à ce nouvel ennemi du clan Nura, c'est une véritable mythologie du clan Nura qui se crée. Bien plus que dans le flashback concernant Nurarihyon, on fait face dans celui-ci à un véritable clan de mafieux. J'entends par là que dans le premier flashback, Nurarihyon et ses serviteurs faisaient plutôt penser à des vagabonds épris de liberté et surtout de pouvoir. Ils ne s'étaient établis nulle part et vadrouillaient ici et là en recherche d’adversaire coriace. Ici, avec Rihan, le clan s'est établi à Edo. Les différents yôkaï importants que l'on avait croisé ici et là sont montré comme de véritables généraux et le fait qu'ils portent tous une sorte d'uniforme renforce le côté clan de la chose. Et cette vision va nous imprégner la rétine grâce à une seule page. Celle où Rihan rejoint les généraux pour faire état de la situation et leur exposer son plan. Et oui, cela pourrait sembler anodin mais c'est  la manière dont la scène est représentée qui a rend si marquante. Les généraux et Rihan sont réunis dans une pièce enfumée par leurs pipes. Chacun d'eux est vêtu d'un kimono et assis autour de leur commandant. On voit que l'auteur s'est concentré ici sur l'ambiance de la scène, la posture de ses personnages ainsi que leurs expressions, notamment les jeux d'ombres. Et cette simple scène va faire écho à l'imaginaire collectif de bon nombre de personnes. Qui n'a jamais vu une scène d'un film ou d'une série avec des mafieux dans des pièces enfumées, et cela, quel que soit leur pays. Évidemment, la pipe et le kimono feront tout de suite écho au Japon mais cela suffira largement pour montrer que la situation a bien changé depuis la passation de pouvoir entre Nurarihyon et Rihan, et ce qu'on nous vendait comme l'âge d'or du clan Nura aura beaucoup plus de sens. Et cela fait d'autant plus de contrastes avec la vision du clan Nura que l'on avait au début de la série, alors que Rikuo ne voulait pas hériter de son rôle de troisième.

Autre chose qui amènera un contraste certain entre Rihan et les deux autres chefs du clan Nura : le travail de Hiroshi Shiibashi autour de la posture, du style de combat de Rihan. Contrairement au côté très assuré de Nurarihyon ou de Rikuo sous sa forme de yokaï, Rihan a un côté très nonchalant. Avec son œil droit constamment fermé, sa veste en kimono à moitié ouverte dans laquelle il repose son bras gauche, et sa démarche chaloupée, il semble errer dans les cases de ce flash back, nous invitant à le suivre dans ses aventures. Rihan, bien que ressemblant physiquement à son père, est bien différent de lui et nous laisse une très forte impression. Au final, cette aura que Rihan avait dans les bribes de souvenirs de ses généraux et de Rikuo est bien digne du personnage qui nous est présenté dans ce flashback. Cet âge d'or, bien qu'on n'en voit qu'un aperçu, devient vraiment tangible. Cela augmente d'autant plus la menace que représente le clan des 100 contes d'Edo et leur chef, Sanmoto. Lui qui a mené la vie dure au clan Nura à cette époque nous apparaît d'autant plus effrayant, surtout quand l'on comprend qu'il était derrière de nombreuses machinations contre le clan Nura. Lui qui aura profité de la faiblesse de Rihan pour le vaincre, lui qui n'aura pas hésité à abandonné son humanité pour devenir un yôkaï reviendra des centaines d'années plus tard pour se débarrasser de ce clan en usant de stratagème assez ingénieux : les réseaux sociaux. Il fera de Rikuo un ennemi sur internet, amenant ce dernier à demander l'aide de ses amis du groupe Kiyo Sainte Croix, notamment Kiyotsugu et Kana. La double identité de Rikuo volera alors en éclat, mais qu'importe, c'est en comptant encore une fois sur l'aide de ses  compagnons qu'il réussira à s'en sortir. On voit d'ailleurs ici qu'il est très rapide de détruire la réputation de quelqu'un, d'autant plus quand la société se sent menacer. Et c'est avec la persévérance de ses amis humains que la réputation de Rikuo et du Clan Nura sera plus ou moins rétabli. Une réputation qui ne cessera de croître chez les yôkaï une fois Sanmoto défait (bien qu'une de ses parties le trahira pour rejoindre les rangs de Nué) mais aussi chez les humains, l'acharnement de Kiyotsugu ayant payé. La relation entre ce dernier et Rikuo changera d'ailleurs radicalement et sera vraiment amusante à voir.



NURARIHYON NO MAGO © 2008 by Hiroshi Shiibashi / SHUEISHA Inc.

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