Nozokiana - Actualité manga
Dossier manga - Nozokiana

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Publié le Vendredi, 13 November 2015


Les limites du petit jeu


Néanmoins, au fil de Nozokiana, quelques points déçoivent un peu, à commencer par le retour de Horii quelque temps après ses premières frasques. On est content de voir que le personnage n'est pas oublié, mais pour le coup, le focus sur sa personnalité est vraiment trop facile et bancal, dans la manière qu'il a de se dévoiler d'un seul coup. Cela n'entache que peu le plaisir de lecture, mais montre néanmoins les limites de la série : de très grosses facilités sont quand même bel et bien là.
Facilités se confirmant avec le développement trop basique de Chisato : son petit jeu est bien trop caricatural et artificiel pour totalement prendre.

A cela, il faut ajouter un schéma qui se renouvelle assez peu dans les quatre premiers tomes, voire aussi dans le tome 6 : parallèlement à sa relation avec Yuri, Tatsu se confronte à d'autres personnages (essentiellement des filles comme Shôko, Chisato...) pour un schéma nouvelle fille/drague bizarre/érotisme. Un procédé un peu répétitif où à chaque fois de nouvelles filles pas très nettes et très vicieuses apparaissent, mais qui heureusement est brisé par le tome 5 et disparaît à aprtir du tome 7, et qui malgré tout conserve un intérêt pour les raisons déjà évoquées dans les parties précédentes.

Pour rester sur le tome 4, il y a aussi cette histoire de gage, qui entretient une tension intéressante, mais où finalement on en attendait un peu plus.

Puis dans la dernière ligne droite, tout aussi prenante et efficace soit-elle, on ne peut que constater quelques bémols.
Dans le tome 11, entre les retours au bon moment et la rencontre un peu chanceuse avec Saki, les événements s'enchaînent de façon un peu simple et linéaire. Mais au moins le rythme et la tension ne faiblissent aucunement, et surtout ce très vague défaut est largement contrebalancé par le travail d'introspection sur Tatsu, toujours aussi saisissant.
Quant au retour en arrière du tome 12, il faut bien avouer qu'il n'est pas exempt de défauts : il croque les révélations de façon un peu artificielle, entre un certain manque d'originalité, des personnages aux caractères assez clichés et de grosses ficelles narratives (encore une série victime d'un flash-back au narrateur omniscient : que ce soit Saki ou Emiru, toutes deux racontent certains événements auxquels elles n'ont pas assisté). Et pourtant, le tout fonctionne du tonnerre, car Wakoh Honna trouve le bon équilibre, n'étire pas ses révélations, va à l'essentiel en distillant juste ce qu'il faut de choc et d'émotion sans en faire trop... et, surtout, parvient habilement à expliquer l'évolution qu'a connue Emiru à cette époque.

Il y a ainsi plein de petits défauts de ce genre, défauts que Honna parvient finalement à faire passer en sachant les compenser avec le bon travail qu'il propose sur les autres éléments en parallèle.





La patte de l'auteur, coquine et sensuelle


Peu porté sur les décors qui n'ont de toute façon pas souvent lieu d'exister puisque Wakoh Honna apprécie avant tout les plans rapprochés, le dessin de l'auteur se base avant tout sur la mise en valeur de deux choses : les personnages, et leurs vêtements.
Les magnifiques courbes féminines observées peuvent constituent  à elles seules un argument de choix, tant le mangaka sait offrir des demoiselles aux silhouettes sensuelles bien soulignées par un trait fin, expressif et très, très charnel, où dominent également des visages malicieux bourrés de charme et de plaisir, ou plus tendus et triste quand la situation l'exige. L'auteur n'évite pas les habituelles surenchères dans les physiques, notamment pour cette chère Yuri qui a des seins aussi gros que sa tête, mais ce genre de cas est rare et le tout passe tout seul tant les corps sont bien mis en valeur et très jolis à regarder.
Les vêtements, eux, bénéficient d'une grande variété, chaque personnages ayant sa propre garde-robe permettant de le mettre joliment en valeur selon les situations. Par exemple, Emiru est tantôt en tenue de ville décontractée, tantôt en habits d'hiver chaleureux tantôt en sous-vêtements sexy...

Le mangaka s'applique également à croquer des personnages aux physiques très variés. L'équilibrée Emiru, la pulpeuse Yuri, la mature Shôko, l'athlétique Tamako, l'enfantine Chisato... Honna joue sur une certaine palette de fantasmes, y compris dans le rôle des demoiselles : la petite amie sexuellement gourmande, l'amie d'enfance, la fille pure et sans expérience, le garçon manqué, l'enseignante... Les filles de Nozokiana sont toutes bien différentes les unes des autres, et s'avèrent délicieuses à défaut d'être très originales pour la plupart. 

Au-delà de sa patte visuelle, l'autre caractéristique de Wakoh Honna est son étonnante capacité à toucher autant un public féminin que masculin. Car comme Grégoire Hellot l'a affirmé dans une interview, nombreuses sont les filles lisant Nozokiana, là où les manges érotiques ou pornographiques sont habituellement majoritairement lus par des garçons ! Comment expliquer cela ? Sans doute dans la présence d'une vrai scénario où l'érotisme n'est qu'une composante majeure, et surtout dans le travail effectué sur les personnages féminins qui sont à des années-lumière des potiches que l'on voit si souvent dans ce genre de lecture. Les demoiselles de Nozokiana ont toute leur propre personnalité qui découle parfois de leur passé, on chacune leur caractère, ne se laissent pas faire, et ce sont même très souvent elles qui prennent les devants !
  
  
  


© 2009 Wakoh Honna/ Shogakukan Inc.

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