Dossier manga - Liar Game

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Sommaire

Publié le Vendredi, 11 November 2011


Bienvenue dans le Liar Game !


Liar Game nous plonge dans le quotidien chamboulé de Nao Kanzaki, une adolescente au triste passé qui croque néanmoins la vie à pleines dents, emplie d'optimisme, agissant et pensant de manière honnête au point que cela devienne de la naïveté. Nao n'est donc pas le genre de protagoniste qui brillera par son originalité car s'encre dans le stéréotype de l'héroïne cruche à l'instar de Tohru Honda.

Orpheline de sa mère, Nao jongle entre études et passages à l'hôpital pour prendre soin de son géniteur, atteint d'un cancer en phase terminale. Ce quotidien se verra chamboulé par la réception d'un étrange colis comportant la modique somme de 100 millions de yens, soit la porte d'entrée pour le Liar Game. Le début de série est donc une descente aux enfers pour cette étudiante qui n'a rien demandé à personne si ce n'est une vie paisible, et voilà donc l'une des personnes les plus honnête prise au piège par un syndicat de l'ombre, se voyant forcée de participer à un jeu où le mensonge prime et où le malheur et la faillite des uns font le bonheur et l'enrichissement des autres.
Pourtant, le début de l'œuvre ne paraît pas si cruel car dès la première manche, notre héroïne trouve un soutient de taille en la personne de Kazuo Fujisawa, son ancien professeur de lycée. La première désillusion se fera ainsi, le professeur n'étant qu'un escroc paré à exploiter les faiblesses de Nao pour soutirer sa fortune. Il apprendra ainsi à la jeune fille la dure réalité du jeu, mais aussi qu'aucune erreur n'est permise, sans quoi une vie infernale emplie de dettes l'attendrait.

Le contraste entre Nao et le jeu se fait encore plus important dès les manches qui suivent, où les adversaires se comptent sur plus d'une dizaine. Parmi-eux, nous trouvons essentiellement une poignée de citoyens au fond du gouffre, noyés sous les dettes pour avoir échoué dans cette vie contrôlée par ce système régi par l'argent, où du jour au lendemain chacun peut voir son avenir radieux déchiré suite à une erreur de travail, un simple divorce, ou tout autre évènement faisant partie du quotidien parfois triste de tout être humain. Ainsi, les conditions de vie de ces gens diffèrent totalement de celle de Nao, mais pas seulement. Les déboires de chacun de ces adversaires ont fait naître en eux une détermination de se renflouer et d'échapper au malheur, quitte à duper son prochain. Un large contraste psychologique entre l'héroïne et ses adversaires est directement établi, et celui-ci ne s'évaporera pas au long de la série tant chaque challenger sera motivé par des raisons semblables, sauf une petite poignée qui, en général, aura une importance capitale dans le récit.
Le constat est alors inévitable : Nombre de personnages du récit sont très caricaturaux, et peu d'entre-eux auront la chance d'être vraiment développés. De plus, nous n'avons pas vraiment le temps de nous attacher à eux, ni de les connaître vraiment, car si quelques candidats se qualifient aux épreuves suivantes, d'autres se retirent du Liar Game, des visages que nous ne verront donc plus jamais, sans compter les nouvelles têtes qui nous sont présentées au début de chaque match. La galerie de personnages aurait donc pu être variée et intéressante, mais l'auteur en a décidé autrement. L'effet entrainé est donc la large mise en avant du personnage de Nao, mais aussi d'autres têtes principales du récit, que nous retrouverons à chaque épreuve.

La première, et pas des moindre, est Shin'ichi Akiyama. En plus de subir le stéréotype du « beau-gosse » (si tant est que ce soit possible tant le style graphique de l'auteur est très peu détaillé et ne permet pas vraiment d'arriver à ce genre de conclusion), il s'avèrera être un ancien étudiant en psychologie criminelle, et donc un atout crucial pour la jeune et naïve Nao. Il fallait donc bien ça pour mettre en avant la jeune fille qui n'aurait pas pu survivre seule dans cet univers hostile, et ce sont bien évidement les tactiques élaborées d'Akiyama qui la sauveront plus d'une fois dans le jeu.
D'un autre côté, nous retrouvons celui qui est peut-être le personnage le plus intéressant du titre, à savoir Fukunaga. Son entrée en scène est d'ailleurs diablement efficace puisque repose sur l'usurpation d'identité au cours de la seconde manche, une révélation en fin de jeu qui dévoilera le personnage et sa psychologie décalée. Si sa sexualité est encore floue, les doutes sur celles-ci surviennent à cause des tendances travestie du personnage, rendant celui-ci vraiment farfelu, mais pourtant attachant. Qu'à cela ne tienne, il n'est que très peu appréciable en début de série tant il représente l'adversaire au style décalé mais pourtant malin au possible en plus d'être impitoyable et de n'agir que pour l'argent. Toutefois, la suite aura raison de cette psychologie clichée et peu appréciable, et réservera donc d'intéressantes surprises sur ce petit groupe de personnages principaux baignant au milieu d'une foule de figures secondaires.
 
 
  
    
   

A vos marques, prêts, mentez !


Liar Game est une œuvre qui a bien souvent fait l'objet de comparaisons avec Death Note pour son aspect thriller psychologique, à tort. Le personnage d'Akiyama, surdoué bien que peu social, n'était évidemment pas sans rappeler L mais pourtant, les différences entre les deux œuvres sont importantes. Liar Game ne repose pas vraiment sur une histoire prévue entièrement à l'avance et se contente de faire succéder les épreuves. Car chaque challenge (que nous pourrions éventuellement qualifier d'arc scénaristique) repose sur un jeu, et tous sont à chaque fois différents. Mais c'est sur le fond de ces jeux, et non la forme, que Liar Game prend son statut de thriller psychologique. Au départ, les règles établies sont relativement simples, mais il ne suffira pas de respecter sagement celles-ci pour sortir victorieux. Les armes principales du Liar Game sont, comme le nom l'indique, le mensonge, le bluff, la manipulation, et surtout une once de jugeote pour découvrir les failles des challenges et les possibilités que cela implique. Les phases de jeu se déroulent ainsi selon un schéma bien défini : Le jeu commence, un adversaire brillant s'illustre par un complot qui met à mal nos héros, et Akiyama trouve une tactique pour contrer le dit complot.

Là est peut-être un des gros défauts de l'œuvre : Akiyama n'est jamais vraiment mis à mal par ses adversaires, du moins ça n'a jamais été le cas à l'heure actuelle. Au final, les différents participants au jeu, brillants ou non, ne servent que de faire-valoir pour mettre en évidence le génie de ce surdoué que rien n'arrête. Doit-on pour autant mépriser le personnage ? Bien sûr que non. Si les lumières du jeune homme finissent par lasser tant le lecteur a bien compris l'intelligence du personnage, il représente une clé du récit, et pas seulement en assurant la victoire à chaque affrontement. Les objectifs d'Akiyama se dévoileront assez rapidement, symbolisant sa détermination pour surmonter chacune des épreuves du Liar Game : découvrir l'identité de ceux qui se cachent derrière ce jeu malsain. Si à l'heure actuelle la lumière n'a pas été faite sur ces organisateurs, même en partie, elle représente l'objectif à atteindre, et le plus grand mystère mais aussi intérêt du récit. Et qu'à cela ne tienne, si les tous premiers volumes ne permettent pas à Akiyama de trouver un adversaire à sa mesure, au mieux à l'amuser, la venue du personnage de Yokoya dans le jeu changera la donne. Manipulateur et sans scrupule, il représente l'exact opposé d'Akiyama, sauf en ce qui concerne l'intelligence. Leur première confrontation se fera lors de la troisième manche et est à ce jour la partie la plus riche du récit mais paradoxalement la plus difficile à suivre tant elle s'avère confuse lors d'une lecture en trois tomes ç la sortie bimestrielle.

A côté de ces deux génies s'illustre bien entendu l'amusant Fukunaga. « Les ennemis d'hier sont les alliés d'aujourd'hui », une phrase qualifiant un bon nombre de shônen mais aussi ce Liar Game puisque Fukunaga, à force de défaites face à Nao et Akiyama, finira par rejoindre leurs rangs. C'est pourtant à partir de ce moment que le personnage gagnera en intérêt puisqu'il deviendra enfin attachant, sans pour autant changer du tout au tout car il restera un personnage intéressé doutant fortement de l'intérêt des démarches de Nao. On regrette pourtant que passés les premiers volumes, Fukunaga soit mis en retrait par rapport à Akiyama, lui qui aurait fait un rival intéressant s'il avait été mieux exploité. Pourtant, il fera un menteur de qualité, car le personnage brillera toujours par sa capacité de compréhension et ses tactiques toujours efficaces. Mais plus qu'une rivalité, c'est une certaine admiration à sens unique qui se forgera, celle-ci étant développée assez tardivement. Fukunaga ne sera sans doute plus un adversaire pour nos héros, mais un allié intéressant qui, on l'espère, ne finira pas d'évoluer.

Face à cette brochette de cerveaux sur pattes, il est évident que Nao Kanzaki n'a pas sa place. L'héroïne se montrera d'ailleurs bien irritante lors des débuts de série, pour plusieurs raisons. D'une part, sa mentalité est on ne peut plus caricaturale : Naïve, celle-ci n'hésite pas à accorder sa confiance au premier venu, une erreur qu'elle commettra en boucle lors des trois premiers volumes du récit. Si cela peut paraître peu étant donné que Liar Game sera un titre au final plutôt long, la supporter durant les trois premiers tomes tient du calvaire, sans compter qu'elle se montrera bien inutile, n'étant qu'un prétexte pour être secourue par Akiyama. Mais arrivé à la troisième manche, et donc la première confrontation face à Yokoya, l'héroïne saura évoluer, prendre des initiatives. C'est à ce moment que son véritable objectif sera fixé : Sauver les joueurs du Liar Game en remportant les victoires et l'argent mais en partageant celui-ci pour que chacun soit capable de se retirer du jeu, un procédé qui nécessite de payer une grosse somme, et ainsi retrouver son paisible quotidien. La vision de la jeune fille est à l'image de sa nature naïve, à savoir utopique. Le Liar Game est pour elle une épreuve pour que tous arrivent à se faire confiance et s'entraident pour sortir de cet enfer. Le discours est bien sûr maladroit en plus d'être peu crédible mais entre en cohérence avec le personnage irréaliste. Au final, Nao se montrera toujours aussi difficilement appréciable, mais aura le mérite de gagner une confiance en elle qui ne fléchira pas et s'intensifiera même au fur et à mesure des épreuves, au point que la jeune fille soit capable d'élaborer ses propres tactiques afin de remporter le jeu, et permettre aux autres joueurs de quitter le Liar Game sereinement. Mais en dehors de ces quelques personnages représentant un des principaux intérêt du titre, l'originalité de Liar Game réside dans sa diversité de challenge par le biais de différents jeux...
 
 

LIAR GAME © 2005 by Shinobu Kaitani / SHUEISHA Inc.

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