L'Académie Alice - Actualité manga
Dossier manga - L'Académie Alice

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Sommaire

Publié le Jeudi, 17 November 2011


Une incroyable palette de personnages

 
 

Une cinquantaine de portraits, des liens puissants


Une autre des grandes forces de L'Académie Alice est sans contestation possible son impressionnante palette de personnages, élèves, professeurs, directeurs, famille ou autres.

Au total plus de 50 protagonistes sont mis en scène tout au long des 23 tomes parus, et là où Tachibana brille, c'est dans le fait qu'elle arrive le plus naturellement du monde à tous les différencier, à quasiment tous les mettre en avant à un moment ou à un autre, à leur offrir un rôle plus ou moins important, mais un rôle quand même, certains seconds rôles devenant même très importants par la suite. On se régale réellement en découvrant chacun d'eux, tout ce petit monde assurant à la série une grande diversité et un aspect très vivant.

C'est sur ces bases que l'auteure va concevoir son plus beau coup : réussir à créer petit à petit, entre tous ces personnages, d'indéfectibles liens qui n'ont pas fini d'entretenir l'excellence de la série. Liens d'amitié (très nombreux), d'amour non assumé (par exemple, entre Tsubasa et Misaki), de rivalité (Tsubasa et Natsume), de haine (Luna et ???), liens frère-soeur (Hotaru et Subaru), liens de "frères de mésaventure" (Subaru et Shuichi), liens d'amitié caractérielle (Sumiré et Kokoroyomi), liens plus profonds encore (Persona et Nobara)... On pourrait continuer comme ça presque indéfiniment. Les types de relations sont extrêmement variés, ces relations sont quasiment toujours bien mises en avant avec une plus forte insistance sur certaines, fort logiquement, et le tout est évidemment amené à évoluer de manière on ne peut plus fluide au fil des volumes, encore plus à partir du moment où l'ambiance va se faire plus dramatique. Mais une fois encore, on n'en dira pas plus.

Sans avoir besoin de forcer ou de préparer le terrain, Tachibana est capable de renforcer le plus naturellement du monde les liens entre ses personnages et la façon dont ils se considèrent.

Encore plus fascinant est l'art avec lequel la mangaka parvient à assombrir son récit sans jamais trahir l'esprit de son manga. Le caractère des personnages ne change pas pour autant, leurs relations entre eux continuent de se développer tranquillement, d'évoluer, et l'entraide est plus que jamais présente, tant et si bien que l'on a le sentiment que tout ce beau monde forme une grande famille au sein de laquelle chaque protagoniste est indispensable. Rarement la notion d'amitié n'a été aussi joliment mise en valeur.


Le classique triangle amoureux


Parce qu'un shôjo ne serait rien sans une petite part de romance, Tachibana Higuchi nous fait ici le coup classique du triangle amoureux, que l'on voit d'emblée arriver autour de trois personnages : Mikan, Natsume et Luca-piou. Mais que l'on ne s'y trompe pas : si triangle amoureux il y a, la mangaka le développera de la plus belle des manières.

Dès le tome 4, il y a de moins en moins de doutes quant aux sentiments du petit blondinet pour notre héroïne. Quant à Natsume, Luca est-il dans le juste quand il déclare qu'il cache tout au fond de lui ses véritables sentiments et sa profonde tristesse pour ne pas inquiéter ses amis ? Mikan verra-t-elle seulement le petit brun renfrogné sourire un jour ? Dans tous les cas, ces quelques paroles de Luca ne manquent pas de rappeler à notre héroïne la façon d'être très similaire de sa chère Hotaru...

Puis, régulièrement, l'auteure parsème son récit de quelques notes de romantisme toujours bienvenues et allant en grandissant. Dans le tome 4, lors de la pièce de théâtre, Luca-piou ne peut rester insensible face à ce prince charmant campé par sa petite Mikan. Plus tard, au détour d'une nuit au bord d'un lac pendant la recherche des criminels de Z, Tachibana en profite pour consolider, lors d'un joli passage, charmant sans tomber dans le niais, les liens sentimentaux autour de Mikan, Luca et Natsume. La naissance du classique triangle amoureux ne fait plus aucun doute, mais celui-ci est un plaisir à suivre tant on a appris à aimer les personnages.

Par la suite, lors de la fête de Noël, la mangaka ne manque pas de souligner ce triangle amoureux, qui est pour la première fois réellement au premier plan, à travers toute une série de petits moments allant dans ce sens : petit bisou sur la joue, effleurement de lèvres involontaire ou baiser volé... Les grands poncifs du genre y passent, Tachibana évitant toutefois de trop s'attarder dessus, ou alors de façon humoristique et mignonne, grâce au caractère toujours aussi unique de sa petite héroïne. Et au final, on constate que la mangaka dresse un portrait tout à fait sympathique des premiers émois amoureux que peuvent avoir les enfants.

Mais surtout, on est particulièrement heureux de voir que Higuchi Tachibana ne tombe pas dans le piège si facile de la rivalité amoureuse. Ce qui ressort de plus beau, c'est qu'entre Natsume et Luca, la question de la rivalité se règle vite et de manière assez fine, et c'est l'amitié entre les deux garçons qui en ressort encore un peu plus grandie et sincère. Mais tout ceci n'empêchera pas la mangaka de sublimer les sentiments de ses petits héros quand l'ambiance se fera plus dramatique.

Entre deux bonnes doses d'humour ou des révélations scénaristiques, les personnages se laissent aller à l'émotion et n'en deviennent que plus adorables et attachants.
 
 
   
 
 

Un humour hors du commun

 
 

Un ton délirant


Pas de niaiserie exagérée, mais une gestion bien huilée de rebondissements allant parfois loin dans le délire : poussin géant affamé, ours en peluche frappant tout ce qui bouge, prof ultra-séducteur ou à la limite du masochisme, élèves très caractériels... Higuchi Tachibana ne se limite pas, montre clairement sa volonté de ne pas offrir un divertissement aseptisé, et c'est tant mieux.

De même, pas question pour elle d'être gentille avec ses personnages. Plus d'une fois, l'auteur se fait un plaisir de maltraiter ses héros ou de les tourner en ridicule. Par exemple, si c'est constamment le cas pour la pauvre Mikan qui subit de toutes parts, les humiliations que subit Natsume sont plus rares, mais existent, pour notre plus grand plaisir, comme quand, par exemple, il se retrouve affublé d'un costume de chat à la fête du lycée. De même, la fête du sport reste un grand moment sur ce point, tant l'épreuve de relai avec déguisement aléatoire tourne à l'humiliation totale pour le pauvre professeur Jinno, qui se retrouve joliment affublé d'un costume très sexy de... biiiip, on ne vous en dira pas plus !



Une inventivité sans limites


En imaginant le concept des alices, pouvoirs possédés par une infime partie de la population, divisés en plusieurs catégories, Tachibana Higuchi s'est ouvert la voie vers une infinité de possibilités, où les contraintes restent limitées, et dont elle ne cesse jamais l'exploitation.

Ainsi, tout témoigne d'une impressionnante inventivité, qui ne connaît pas de limites, et cela marche tout particulièrement au niveau de l'humour, où elle se fait un plaisir d'enchaîner régulièrement des alices délirants, à commencer par l'un des premiers que l'on découvre, celui de Sumiré Shoda, qui prête volontiers à sourire. A côté de ça, l'auteure n'hésite pas à affubler certains personnages d'alices totalement ridicules et qui laissent tout naturellement éclater des longs fous rires tant ils sont débiles. Ainsi trouve-t-on, par exemple, un pauvre gars ayant la capacité de faire des pets monstrueux, ou un autre ayant le pouvoir, très utile s'il en est, de faire plier de rire n'importe qui dès qu'il raconte une blague pourrie (et on rit avec la victime !)... Et que penser de la pauvre Yuri, dont l'alice des phéromones féminines pousse toutes les filles qui croisent son chemin à lui courir après (elle, on peut dire qu'elle porte bien son nom) ?

Parfait exemple de cette inventivité démesurée, la fête scolaire, renommée ici Festival Culturel, qui débute dans le tome 4. Une base assez classique, susceptible d'être vue dans n'importe quel manga scolaire, mais que l'on ne s'y trompe pas: en exploitant habilement à chaque page les caractéristiques de son histoire, comme les pouvoirs de ses personnages et leur division en classes spécialisées, l'auteure renouvelle totalement le concept de fête lycéenne en y apportant toute sa fraîcheur et son inventivité. Ainsi, on se régale réellement tout au long du volume, en découvrant les activités magiques et fantastiques proposées par les différentes classes, et en voyant apparaître de nouveaux pouvoirs bien exploités.


Des personnages parfaitement exploités


Cerise sur le gâteau, des personnages aux caractères parfaitement exploités, d'autant plus quand ce caractère colle parfaitement à leur alice, à l'image, par exemple, de Luca-piou qui fond devant n'importe quel animal, ou de Narumi qui joue volontiers le beau gosse de pacotille.

La mangaka n'hésite d'ailleurs pas à aller loin, par exemple en faisant de Luca-piou une charmante Blanche-Neige pendant une pièce de théâtre du Festival Culturel.

Cette excellente exploitation des personnages ne faiblit jamais. Chaque scène de je m'en foutisme de Hotaru est un régal, chaque crétinerie de Mikan ou de Sumiré fait pleurer de rire, chaque crise de frousse de Tobita amuse, les taquineries du toujours jovial liseur de pensées Kokoroyomi sont parmi ce qu'il y a de plus hilarant... Du principe infini des alices aux personnalités de ses héros, Tachibana Higuchi utilise tout pour nous proposer de nombreuses scènes d'humour idiot, chaleureux et hilarant.



GAKUEN ALICE © 2002 by Tachibana Higuchi / HAKUSENSHA, Inc.

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