L'Académie Alice - Actualité manga
Dossier manga - L'Académie Alice

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Sommaire

Publié le Jeudi, 17 November 2011


Une histoire maîtrisée

 
 

Des éléments annonciateurs


Dès le départ, la mangaka instaure juste ce qu'il faut de mystère, notamment autour de Natsume, pour donner envie de connaître la suite au plus vite. Par exemple, on devine que les mystères de l'Académie Alice sont nombreux et que la découverte du moindre de ses recoins va être longue et riche, on s'interroge sur les différents pouvoirs des élèves, on devine que certains personnages, à commencer par Hotaru, pourraient jouer un rôle crucial, et l'on attend de découvrir les facettes les plus sombres de Natsume. Dans tous les cas, on sent bien que la comédie fantastico-scolaire de Higuchi Tachibana pourrait devenir un peu plus sombre par la suite.

Dès les premiers volumes, Tachibana Higuchi multiplie les interrogations, dont les réponses arriveront dans la suite, parfois après quelques tomes, parfois beaucoup plus loin. A la fin des volumes 2 et 3, par exemple, les interrogations sont déjà nombreuses. Peut-on réellement faire confiance aux adultes qui semblent n'avoir que peu de considération pour leurs élèves ? Le si gentil professeur Narumi fait-il exception ? Quel est donc le secret de l'alice d'annulation de Mikan ? Quels malheurs a donc pu provoquer la seule personne de l'académie qui, avant elle, a possédé cet alice ? Et quelle est donc la nature de Natsume, dont le rang étoilé spécial et l'intégration dans la classe dangereuse ne laissent aucun doute quant à sa nature particulière ? Qu'est exactement l'organisation anti-alice Z ?

Puis au fil des tomes, via, par exemple, une conversation entre professeurs, Higuchi ne manque pas de créer un mystère de plus en plus fort autour de certains éléments, à commencer par l'identité exacte de Mikan. Rapidement dans la série, on comprend que la jeune fille possède sans qu'elle le sache un statut particulier, et l'auteure ne manque pas une occasion pour nous intriguer de plus en plus à ce sujet. Il en est de même pour de nombreux autres éléments, comme, par exemple, le rôle exact de Persona ou le chantage qui pousse Natsume à lui obéir.

En somme, les interrogations se font rapidement nombreuses, certaines amènent de nouvelles questions lorsqu'elles sont résolues, et les éléments annonçant une histoire bien plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord sont présents dès le début et savent se faire de plus en plus pressants au fil des tomes.



Aucun oubli, une cohérence où tout le monde trouve sa place


Dès lors, difficile de ne pas rester admiratifs devant le talent de l'auteure, qui, face à toutes les pistes qu'elle présente, n'oublie rien. Les mystères liés à Natsume, le chantage de Persona, le passé de ce même Persona, le secret de la classe dangereuse, l'identité de Yuka Azumi, le rôle de Mikan, les mystères de sa naissance, les mystérieux agissements des différents directeurs, l'objectif de l'organisation Z, celui de Luna Koizumi, etc, etc... Rien, absolument rien, n'est oublié. Tout, au fil des volumes, trouve une réponse logique, certaines d'entre elles venant éclaircir d'autres mystères de manière habile. Tout s'emboîte parfaitement. Tout a été pensé dès le départ, même le plus petit détail, à l'image de certains faits en apparence anecdotiques. Comme le fait que Nodachi possède un élément lui permettant de contrôler son alice instable, ou le fait que le dénommé Shiki possède plusieurs pouvoirs, des éléments remis sur le devant plusieurs tomes après leur simple évocation, et possédant finalement une réelle importance.

Tachibana Higuchi apporte dans chaque volume un petit lot d'informations et d'évolutions complexifiant le fond de l'oeuvre et les liens entre les personnages. Et il est impressionnant de voir avec quelle maestria l'auteure, au fil des tomes, des révélations, des avancées, parvient à offrir un ensemble totalement cohérent, où chaque élément vient expliquer le caractère de tel ou tel protagoniste, où chacun des personnages finit par trouver son rôle à jouer. A l'image de Shuichi Sakurano et Subaru Imai, en apparence simples élèves secondaires ayant toutefois un rôle à jouer, qui révèleront lors du flashback les plus douloureux souvenirs de leur enfance, directement en lien avec les événements dramatiques des derniers tomes parus. A l'image de Persona, dont nous comprendrons tout le caractère en découvrant la triste vie. A l'image de Shiki, finalement loin d'être secondaire. A l'image du grand-père de Mikan, car lui non plus n'est pas oublié. A l'image de beaucoup d'autres protagonistes, et surtout à l'image de Yuka Azumi, au coeur de tout lors du plus incroyable flashback vu dans un shôjo, en toute objectivité, tant tout y coule de source, tout y trouve une cohérence exemplaire, permet de comprendre bien des choses sur le caractère ou les agissements de tel ou tel personnage, avec à la clé un nombre incalculable d'émotions.

Vraiment, de ce côté-là, tout est parfait.
 
 
  
 
 

Quand le ton change...


Hilarant, L'Académie Alice l'est, à n'en pas douter. Sur ses premiers volumes, le manga de Tachibana Higuchi est avant tout un grand bol d'air frais, même si certains faits sont déjà annonciateurs d'une trame destinée à être beaucoup moins joyeuse par la suite.

Au fil des volumes, les indices allant dans cette direction sont de plus en plus nombreux. Dès sa première apparition, Persona fait froid dans le dos. Lors de l'affaire Z, des élèves se font voler leur alice, d'autres en ressortent grièvement blessés, et Tachibana Higuchi n'hésite pas à y tuer avec émotion un personnage secondaire. Pour protéger Mikan, Narumi se retrouve en grand danger de mort. Pendant l'arc du jardin floral, nous avons un bel aperçu de jusqu'où est capable d'aller l'académie, n'hésitant pas à séquestrer une élève pour en faire chanter un autre. On devine que les missions mystérieuses confiées à Natsume n'ont rien de réjouissant tant le jeune garçon en revient meurtri et toujours plus sombre. De toutes parts, les manipulations se font ressentir, les évocations d'un passé dramatique de l'académie et de certains décès tragiques deviennent de plus en plus pressantes.

Un premier vrai tournant a lieu dans le volume 14, avec l'arrivée de Luna Koizumi, une nouvelle élève qui a vite fait de devenir profondément détestable, ne cherchant qu'à pourrir la vie de Mikan par tous les moyens, à retourner tous ses amis contre elle pour l'isoler... Mais dans quel but ?  Si l'humour est encore présent par bribes, les pressions sur Mikan se font plus présentes que jamais avec l'arrivée de cette énigmatique demoiselle, et le terrain est plus que jamais préparé pour la suite.

Quelques moments de positivisme et d'humour délirant sont encore présents, mais plus pour longtemps. Le changement radical arrive à partir du tome 17. Le danger est à présent clairement au-dessus de la tête de Mikan, le drame et l'émotion dominent, et l'heure de l'un des plus incroyables flashbacks jamais vus dans un shôjo est venue, dévoilant toute une facette dramatique du passé de l'académie, avec pleurs et morts à la clé, pour les volumes les plus tristes de la série.

Les plus tristes ? Pas si sûr... Car une fois de retour dans le présent, pas question pour l'auteure de changer de ton. Les séparations fusent, une ambiance de mort plane, et au vu de la fin du tome 23, on se dit que Tachibana Higuchi n'hésitera pas à faire disparaître certains protagonistes de première importance par la suite avec une cruauté sans égal, peut-être même dès le volume suivant. Vous voilà prévenus.

En tout cas, voici une mangaka qui ne fait pas semblant. On ne compte plus le nombre de shôjo cherchant à développer un propos dramatique en restant finalement dans le conventionnel. Ici, Tachibana Higuchi, après une première moitié de série surtout basée sur l'humour et le scolaire, a su habilement, via de nombreux indices de plus en plus persistants, préparer le terrain pour une suite beaucoup plus sombre, cruelle et adulte, et on a le sentiment qu'elle n'a pas fini de nous plonger dans une ambiance tragique de plus en plus profonde.
   
   
  
 
 

La patte de Tachibana Higuchi


Dès le départ, la mangaka s'impose un rythme sans temps mort, nous plongeant de la plus immersive des manières dans son histoire. Le rythme est sans cesse très soutenu. Les rebondissements s'enchaînent, et ce dès le tome 1: prise en test dans l'Académie, Mikan doit passer un test pour être définitivement acceptée, ce qui va lui permettre de faire rapidement la connaissance de certains lieux du campus et, surtout, de rencontrer celles et ceux qui seront, peut-être, ses futurs camarades de classe.

S'en suivent, entre humour et avancées scénaristique, de nombreux portraits de personnages, et la plus grosse qualité de l'auteure étant là : tous les protagonistes sont délicieux, attachants, différents, aisément reconnaissables, hauts en couleur.

Visuellement, on est encore loin d'avoir affaire à un coup de crayon parfaitement maîtrisé au tout début, les inégalités au niveau des visages étant régulièrement visibles, mais le tout fait preuve d'une personnalité indéniable. Plutôt mignon, le design général tend à s'affiner au fil des volumes, ce qui risque de partager les foules, car il n'est pas rare, sur les derniers tomes parus, d'avoir l'impression que Mikan, entre autres, fait plus que ses dix ans. Autre point qui pourrait décontenancer certains : l'aspect très jeune de certains adultes, comme le professeur Narumi, que l'on pourrait aisément faire passer pour un lycéen.

Comme déjà dit, tous les personnages, pourtant très nombreux, sont facilement reconnaissables et s'avèrent être très expressifs. De manière générale, c'est l'ensemble du travail de l'auteure qui dégage une expressivité et un charme certains, les nombreux petits blablas et notes d'humour en fond offrant également une certaine richesse au background, contribuant à apporter un aspect chaleureux et donnant l'impression que l'on connait tout ce petit monde depuis longtemps, en plus d'apporter une lecture assez longue si l'on fait attention à tout.

Sur la première moitié de la série, il semble difficile de décrocher tant les évènements s'enchaînent et l'humour est bien dosé. Par la suite, on ne décroche plus face à la gestion parfaite des interrogations et des révélations qui vont avec. Malgré le changement de ton, difficile de ne pas adhérer tant la richesse et la maîtrise sont là, et tant on s'est attaché aux personnages.

Si l'on ne devait émettre qu'un seul vrai petit bémol, il concernerait l'aspect un peu confus du découpage dès que le récit devient plus propice à l'action. Ce n'est clairement pas le point fort de l'auteure.

 

GAKUEN ALICE © 2002 by Tachibana Higuchi / HAKUSENSHA, Inc.

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