King's Game - Actualité manga
Dossier manga - King's Game

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Sommaire

Publié le Vendredi, 25 July 2014


Du roman au manga, du roman au film

    
Le roman King’s Game est la base de la saga. Les écrits de Nobuaki Kanazawa ont servi de matériau d’origine à diverses adaptations, dont le manga qui est l’objet majeur de ce dossier. La saga littéraire King’s Game est composée de cinq volumes. Et bien souvent, des différences existent entre un support et ses adaptations, que ce soit par manque de temps et d’espace pour tout retranscrire, ou parce que les scénaristes ont tenu à s’éloigner de l’œuvre première pour proposer une approche différente de l’histoire. Ce deuxième cas de figure caractérise parfaitement King’s Game. Ainsi, même si on connaît l’histoire du manga sur le bout des doigts, la lecture du roman est un plus pour nous permettre de découvrir une vision parallèle de ce récit angoissant.
    
   
   
    
Si le roman démarre de la même manière que le manga et reprend exactement les mêmes personnages, l’expérience est globalement très différente. La narration constitue en effet un excellent outil pour développer certains protagonistes et conter quelques anecdotes. Ainsi, un personnage qui paraît fade dans l’œuvre graphique peut redoubler d’intérêt. Cela a pour effet de nous affecter d’avantage affecté par la mort de ces lycéens, sans toutefois trop en faire, car n’oublions pas que le but de l’œuvre est d’être impactante et maintenir l’angoisse, plutôt que partir dans le dramatique. Un autre exemple qui caractérise le contraste entre les personnages du roman et ceux du manga, c’est bien la liaison entre Nobuaki et Chiemi. Représentée comme idyllique dans la bande dessinée nippone, elle est de base plus authentique, soumise à des hauts et des bas, à des incompréhensions de l’un et de l’autre. En parallèle au scénario horrifique, nous avons donc une intrigue secondaire intéressante et bien menée, octroyant le titre d’une dimension humaine bien plus appuyée.
    
Il serait toutefois réducteur d’applaudir le roman par simple comparaison avec le manga. Car n’oublions pas qu’il s’agit de l’œuvre d’origine et que les talents de l’écrivain donnent lieu à un thriller littéraire vraiment efficace. Comme tout récit, King’s Game se découpe en chapitres, chacun d’entre eux (ou presque) se concentrant sur une période de 24 heures, autrement dit un ordre du Roi. Ce découpage, approprié au format de publication d’origine sur téléphones mobiles, donne lieu à un dynamisme permanent. C’est sans compter que Nobuaki Kanazawa n’aime pas perdre son temps en anecdotes inutiles et se concentre uniquement sur l’essentiel, sans toutefois oublier quelques apartés qui permettront de développer un personnage, ainsi que son expérience humaine au contact des protagonistes, le tout afin de renforcer la psychologie de l’histoire. Au final, le roman de plus de 370 pages se lit très facilement, rapidement, et s’avère très accessible, y compris pour les moins habitués aux œuvres littéraires.
   
     
En 2011, King’s Game est décliné au cinéma, au Japon. Contrairement à certaines adaptations qui ont constitué de véritables sagas du septième art, comme ce fut le cas pour Death Note ou encore 20th Century Boys, le film Osama Game se contente de surfer sur le phénomène en ne proposant qu’un seul long-métrage et en réécrivant partiellement le récit. Pas de grandes ambitions pour cette adaptation donc, mais un divertissement toujours sympathique pour celui qui a apprécié le roman et/ou le manga. Au casting, c’est plutôt la surprise puisque de nombreuses idoles de différents groupes (Passpo, C-ute, Up Up Girls…) composent la classe du pauvre Nobuaki. Un choix impressionnant étant donné le contraste entre l’univers coloré des girls-band et la noirceur du récit. Notons que s’il y a peu de chances de voir le film arriver chez nous, cette adaptation cinématographique confirme l’immense impact de King’s Game au Japon.
   
   
   
  

Graphismes et adaptations

   
Le manga King’s Game accueillant deux dessinateurs différents, le constat graphique se fait en deux temps. Dans la première saison, Hitori Renda nous livre un trait que nous pourrions davantage approprier au shônen. Le dessin paraît gentillet, les personnages d’apparence plutôt jeune, ce qui se ne prêterait pas à une œuvre sombre telle que King’s Game, du moins à première vue. Mais lorsqu’il s’agit de représenter l’horreur, le mangaka est doué et parvient à trancher avec son trait initial pour faire ressortir l’angoisse, notamment par les expressions physiques des personnages vraiment réussis. Dans King’s Game – Extreme, Renji Kuriyama propose un trait nettement différent, si bien que les personnages de la première saison deviennent méconnaissables. Néanmoins, son dessin, s’il paraît plus amateur lorsqu’on ne se fie qu’à la première page, ne manque pas de maturité.
   
D’une part, les élèves paraissent plus âgés, ce qui gomme cette sensation « shônen ». Mais surtout, c’est pour représenter des visages hideux et choquants, ou pour mettre en scène la mort des individus que le mangaka va plus loin que son prédécesseur dans l’horreur graphique. Au final, c’est peut-être bien son trait qui est le plus en phase avec le machiavélisme de King’s Game, même si Hitori Renda possède un grand talent faisant office d’argument artistique.
   
   
   
  
Pour l’édition du manga, Ki-oon nous a livré de très bonnes copies, comme à l’habitude de cet éditeur. Les volumes s’avèrent assez fins et d’un format assez grand, faisant de chaque livre un bel objet. Le seul reproche quant au bouquin lui-même vient du changement de logo d’un volume à un autre. Heureusement, la transition s’étant faite entre le dernier tome de King’s Game et le premier de King’s Game – Extreme, le choix n’est pas des plus dérangeants.
  
La traduction et l’adaptation de la série sont honnêtes, sans réelles coquilles à démontrer. Le texte sonne juste et fluide, rendant la lecture d’autant plus agréable. Notons que l’éditeur a effectué un remarquable travail concernant la traduction et l’adaptation visuelle des SMS, élément omniprésent et indispensable de l’œuvre.
    
   
Quant au roman, les récentes éditions Lumen nous proposent un livre de qualité pour une somme modique étant donné le format de l’œuvre. Saluons la présence d’un relief sur le titre du bouquin, renforçant la beauté du livre. On regrettera peut-être que l’illustration de couverture ne soit pas celle de l’édition nippone, mais un visuel original par l’artiste français Benjamin Carré. Superbe pour son travail d’ombre qui retranscrit l’angoisse de l’œuvre, dommage que le protagoniste représenté ait un faciès purement occidental, ne reflétant pas le côté typiquement japonais du récit.
  
   

© Hitori Renda, Nobuaki Kanazawa 2010 / Futabasha Publishers Ltd.

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