King's Game - Actualité manga
Dossier manga - King's Game

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Publié le Vendredi, 25 July 2014


Le massacre « extrême »

    
Si la première saison du manga pouvait se suffire à elle-même et proposer une conclusion intéressante, King’s Game n’avait pas tout dit de son histoire et rempile pour un second acte, au moins aussi long que le précédent. King’s Game – Extreme se déroule sept mois environ après la fin du premier opus et replonge le ou les survivant(s) dans le massacre du jeu du Roi, dans un nouvel établissement, aux côtés de nouveaux camarades. La boucherie peut alors recommencer…
    
Premier point déstabilisant pour cette séquelle : le style graphique. Hitori Renda n’est plus au dessin, et celui-ci a été confié à Renji Kuriyama, auteur doté d’un style graphique très différent. Dès le premier opus (ou le sixième de la saga, au choix), le constat est flagrant : la vision horrifique de l’auteur est nettement différente et si son travail sur le chara-design peut paraître maladroit, au point qu’on ne reconnaisse plus du tout les héros de la première saison, sa maîtrise dans les séquences gore ou pour représenter des faciès particulièrement angoissants est impeccable. King’s Game – Extreme, c’est avant tout de l’horreur visuelle, une angoisse graphique souvent présente, là où la première saison comptait davantage sur son atmosphère et les mystères autour du Roi pour maintenir une tension constante.
    
L’histoire de la saison 2 suit fidèlement la première partie du manga, aussi il est impensable de se lancer dans cette suite sans avoir touché à la série originale, bien que le scénario soit récapitulé à plusieurs reprises au cours de la série. L’intrigue part du principe que le lecteur connaît l’identité du Roi, identité que nous ne dévoilerons pas en ces lignes. Des éléments de réponses supplémentaires étant fortement attendus, King’s Game – Extreme se charge de nous les donner… progressivement. De nouvelles informations sont distillées et si, dans les premiers tomes, elles ajoutent de l’épaisseur au mystère, on peut compter sur Nobuaki Kanazawa (l’auteur, cette fois) pour relier tous les éléments entre eux. L’avantage d’une adaptation d’une série de romans, c’est que le scénario est fourni sur un plateau. Les auteurs connaissent au préalable les informations à traiter, le boulot étant d’effectuer des choix d’adaptation intéressants, percutants et cohérents. Ou alors, la dérive est possible, afin de créer un univers original, chose que nous saurons si la totalité de la saga romancée parvient jusqu’à nos contrées. Dans tous les cas, il est certain que cette saison 2 a des ambitions scénaristiques et n’existe pas uniquement pour prolonger le massacre gratuitement, afin de générer des gros sous.
  
  
  
  
Parlons-en, de ce massacre. Car dans King’s Game – Extreme, le jeu du Roi prend une autre forme, d’une part pour renouveler un peu le récit, mais aussi pour changer la dimension horrifique de l’œuvre. Là où dans la première saison les ordres arrivaient au rythme d’un par jour et permettaient de traiter le récit sous forme d’arcs, le jeu prend une forme plus anarchique ici. Passée une longue introduction pour tenter d’apporter un peu d’optimisme, l’horreur repart de plus belle et en pire puisque ce n’est pas un seul ordre, mais bien plusieurs qui sont donnés en simultanée, tout en rajoutant des conditions apparues en fin de première saison pour accentuer le massacre. Plus taquin que jamais, le Roi est sadique et ne fait aucun cadeau à ses participants. Le rythme de King’s Game – Extreme est alors endiablé. Il ne s’agit plus de déjouer chaque ordre au tour par tour, mais de trouver une issue dans l’urgence. Le chaos est présent, plus que jamais, et c’est ce rythme effréné qui nous permet de lire cette saison 2 sans s’arrêter.
    
Comme pour la première saison, certains personnages nous sont rapidement montrés comme des alliés aux survivants du premier jeu. Nous ressentons alors la continuité dans l’œuvre de Nobuaki Kanazawa tant le schéma est similaire : la partie se scinde en plusieurs clans représentés par les « bons », ces braves camarades qui épauleront le ou les héros à la poursuite du Roi, les « mauvais », à savoir ces pourritures n’hésitant pas à envoyer leurs camarades à la mort, manipulant leurs confrères avec soin et affichant des expressions tout bonnement hideuses, et les « caméos » qui ne sont voués qu’à mourir, sans qu’on ait le temps de les découvrir ou de nous attacher à eux. Concernant le dernier cas, le choix est justifié par la cadence du récit et le fait que cinq tomes ne laissent décidément pas le temps d’exploiter chaque personnage. Quant aux autres, le manichéisme omniprésent peut déranger de prime à bord, d’autant plus qu’une œuvre type survival telle que Battle Royale s’avère plus plaisante avec des personnages plus nuancés. Néanmoins, c’est bel et bien au contact de viles crapules que le sadisme et l’horreur atteignent leurs paroxysmes, tandis que les « gentils » sont là pour donner une faible lueur d’espoir aux héros.
   
King’s Game – Extreme honore ainsi un pari, celui de rester dans la continuité de la première saison tout en se démarquant suffisamment et proposer ainsi une expérience différente. Le massacre prend aux tripes, et le récit n’oublie jamais sa dimension scénaristique, incluant les mystères autour du Roi. Notons que si nous n’avons pas encore le plaisir d’en bénéficier en France, la troisième œuvre, King’s Game – Kigen, devrait lui aussi entrer dans cette optique d’approfondissement du scénario.
  
  

© Hitori Renda, Nobuaki Kanazawa 2010 / Futabasha Publishers Ltd.

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