Karin Chibi Vampire - Actualité manga
Dossier manga - Karin Chibi Vampire

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Sommaire

Publié le Jeudi, 03 January 2013


Balbutiements amoureux...

 
 
Karin Chibi Vampire, c'est en premier lieu le récit d'une rencontre qui va évoluer vers l'amour entre les deux personnages principaux, Karin et Kenta.

Il y a tout d'abord ce qui déclenche tout, l'attirance de Karin pour Kenta due à son "feeling" pour les personnes pauvres, et l'intérêt du jeune garçon pour cette fille un peu bizarre, un intérêt qui décolle à partir du moment où Karin mord Fumio, précipitant l'enquête de Kenta.

Par la suite, le fait que Kenta connaisse désormais le secret de Karin rapproche inéluctablement les deux adolescents. Puis doucement mais sûrement les sentiments évoluent : de l'intérêt, on passe à une amitié naissante, puis à une amitié solide, et de fil en aiguille, la relation entre Karin et Kenta évolue certes de la plus prévisible des manières, mais reste plutôt bien campée, malgré des raccourcis.

Petit à petit, Karin voit donc ses sentiments pour Kenta évoluer, bien qu'elle refuse encore de l'admettre. Et du haut de sa maladresse et de son côté pas dégourdi, il lui faudra beaucoup de temps pour vraiment prendre conscience de ses sentiments, le problème étant que Kenta n'est pas forcément beaucoup plus malin en ce qui concerne les sentiments. En résulte alors un long moment où nos deux héros ont du mal à faire le point sur leurs sentiments. Chacun étant amoureux de l'autre mais ne remarquant pas les sentiments de l'élu(e) de son coeur. Kenta est aveugle comme pas deux, quant à Karin, elle se questionne toujours. Et même après la déclaration, il leur faudra encore du temps pour assumer leurs sentiments. Au gré de quelques étapes telles que l'anniversaire de Kenta et le cadeau mignon tout plein de Karin, les choses évoluent tranquillement.

Aaaah, les problèmes du premier amour et les maladresses qui vont avec. C'est un fait, Yuna Kagesaki a tendance à étirer un peu les choses, mais quelque part, voir galérer autant deux adolescents découvrant tout juste leur premier amour n'est pas si éloigné que ça d'une certaine réalité.
  
 
  
 
 

... pour un amour impossible ?

 
 
Mais tout n'est pas tout rose : si Karin et Kenta prennent peu à peu conscience des sentiments qu'ils se portent, ils risquent de connaître pas mal de difficultés, car cet amour réputé impossible entre vampire et humain soulève bien des interrogations.

Il y a d'abord le problème de la famille de Karin, qui, dans un premier temps, ne voit pas d'un très bon oeil le fait qu'un humain tourne autour de Karin. Les menaces tombent sur la tête de Kenta, voire pire avec les envies de meurtre d'une Elda qui a bien du mal à cautionner une relation entre vampire et humain. Ce sera alors à Kenta de prouver à cette famille très protectrice qu'il est apte à rendre Karin heureuse, afin de finir par avoir la bienveillance de la famille de la jeune fille.

Mais au-delà de la famille de Karin finissent par arriver des problèmes bien plus graves. Première étape de ses problèmes plus graves : la maladie de Karin, qui ne manque pas de créer des situations qui font parfois réellement mal au coeur et annoncent une suite toujours plus dure pour la pauvre jeune fille. Les problèmes liés à sa maladie ne font que renforcer sa bonne volonté, mais sera-t-elle capable de rendre heureux Kenta sans succomber à la tentation de le mordre ? Rien n'est moins sûr, car à plusieurs reprises, on voit sa santé décliner de manière inquiétante quand elle est aux côtés du jeune garçon... Karin est tiraillée par ses sentiments pour Kenta : maladroite et novice en la matière, elle se demande en plus si un amour entre une vampire et un humain est seulement possible, sa maladie pouvant mettre Kenta en danger, et l'espérance de vie entre les deux êtres étant très différente.

Les choses décollent encore avec l'apparition de Yuriya Tachibana. Que cherche-t-elle en tournant autour de la vie privée de Karin ? Se douterait-elle du statut de vampire de notre héroïne ? Et elle-même, qui est-elle exactement ? Autant de questions venant entretenir le mystère. Certaines réponses à son sujet arrivent rapidement et sont plutôt cousues de fil blanc, mais au fil des pages, de nouvelles interrogations apparaissent autour de l'objectif exact de la jeune fille et, surtout, de son oncle, soulevant de nouveaux problèmes qui risquent de mettre en péril l'idylle naissante de Karin et Kenta. Grâce à Yuriya, une nouvelle piste est ouverte sur les problèmes des sangs-mêlés, des enfants nés de parents vampire et humain. Une cruelle réalité explose aux yeux de Karin et Kenta, qui pourraient voir là leurs perspectives de fonder un foyer ensemble réduites à néant. A moins que l'amour ne soit plus fort.

L'opposition familiale, la menace Elda, la cruelle vérité quant à l'union entre humain et vampire, le spleen de Karin au sujet de sa soeur, celui de Kenta lié à des difficultés familiales, la maladie de refoulement de notre héroïne... Autant d'épreuves qui permettront surtout au jeune couple de se consolider toujours plus.
 
 
  
  
  

Les maladresses de l'histoire

 
 
Élément important des premiers volumes de la série, le "feeling" des vampires qui sont attirés par des types d'humains bien spécifiques finit par passer au second plan, mais si l'on retient de cette idée qu'elle est pour beaucoup dans le début de la relation entre Karin et Kenta.

De manière générale, de nombreux petits arcs prometteurs finissent par laisser un arrière-goût d'inachevé ou de bâclé, à l'image de l'envie qu'a Ren de mordre Fumio, problème finalement résolu en deux temps trois mouvements sans rien apporter de consistant. Alors que les desseins de Ren annonçaient pas mal de rebondissements et étaient bien mis en valeur par l'auteure de manière à nous laisser supposer qu'il s'agirait d'un événement important de la série, on ne retient guère de tout ceci que la particularité de la mère de Kenta. En dehors de ça, cette nouvelle affaire ne sert quasiment à rien.

En fait, expédier la conclusion des arcs semble être une petite spécialité chez Yuna Kagesaki, puisque la mangaka le refait à quelques reprises. On pense notamment à la partie dur le retour du père de Kenta. Son apparition réveille de vieilles blessures, à l'origine des souffrances de Kenta et de sa mère. Karin est bientôt mêlée à la situation et voit se dévoiler sous ses yeux une partie des secrets des Usui. Mais pourra-t-elle seulement aider Kenta et sa mère à surmonter cette nouvelle épreuve ? L'arrivée du père apporte beaucoup, à commencer par des révélations fracassantes sur les souffrances de Kenta et de sa mère, sur leur passé pas toujours rose, et sur la naissance et l'enfance malheureuse du jeune garçon, qui est également l'occasion d'entrevoir tout le courage de sa mère et de dresser une réalité de notre époque. On appréciera l'ambiance mélancolique conservée par l'auteur, car malgré ces révélations venant nuancer le père de Kenta, la situation ne s'arrangera que partiellement. Le pardon est là, mais on ne peut pas revenir sur le passé. Mais une nouvelle fois, le bât blesse sur la conclusion de l'arc, trop rapide, et il faut bien avouer que l'on attendait un plus gros rôle de la part du père de Kenta, qui ne réapparaîtra jamais dans la suite de la série.

Pire, on se demande ce que viennent faire au milieu du récit des problèmes comme celui concernant Harumi, la lycéenne vendant son corps dans le troisième volume, tant Yuna Kagesaki n'en dégage rien et résout le problème sans insister dessus, alors qu'elle aborde là un sujet délicat.
En conséquence, on a parfois l'impression que l'histoire, partagée entre ce genre de petites pistes sous-exploitées, n'avance pas vraiment et, plus embêtant, s'éparpille sur quelques sujets finalement vite expédiés et inutiles. D'autant que par la suite on ne reverra jamais Harumi...

Un point un peu décevant vient également d'Elda, un personnage vraiment intrigant et qui ne manque pas de charme, que l'on pourrait malheureusement trouver sous-exploité. D'abord, il y a l'impression que son évolution vis-à-vis de Karin et de Kenta est trop soudaine pour convaincre, et que le focus sur son amour pour son mari est trop rapide pour émouvoir. Et vers la fin de la série, son rôle est finalement assez moindre alors qu'on en attendait plus.

Enfin, par moments, c'est l'évolution de la relation entre Karin et Kenta qui peut laisser un peu dubitatif, car après des premiers tomes où les choses évoluent assez rapidement de l'amitié à l'amour naissant (voire trop rapidement... c'est on ne peut plus logique, mais il est dommage de voir que l'auteure ne fait pas vraiment d'efforts pour bien amener cet élément. Kagesaki brûle les étapes et a parfois bien du mal à rendre cette évolution crédible), c'est ensuite le ton inverse qui est adopté : pendant quelques tomes les deux amoureux peinent à remarquer, accepter et dévoiler leurs sentiments. C'est mignon, mais au bout d'un moment, ça tend un peu en longueur, et l'on est alors bien heureux de voir par exemple la salvatrice Maki venir pimenter un peu tout ça pour tenter d'éveiller nos deux charmants tourtereaux trop coincés.

Enfin, la dernière ligne droite, qui s'étire grosso modo sur les trois derniers volumes, comporte elle aussi des défauts. On assiste à l'arrivée de révélations attendues au sujet de l'étrange maladie de Karin, tandis que l'oncle de Yuriya intrigue toujours plus quant à ses énigmatiques desseins. Malheureusement, les révélations tant attendues sont rapidement présentées, et de manière pas très claire, si bien que l'on n'en saisit pas immédiatement toute la portée. Puis c'est au tour des révélations sur l'objectif de l'oncle de Yuriya d'arriver, et là aussi l'ensemble aboutit sur une conclusion assez précipitée et convenue. Kenta et les Maaka s'opposent enfin à lui et ses compagnons pour sauver la vie de Karin. De par le plan suicidaire fomenté par Henry et Ren, une certaine tension dramatique s'installe, accentuée par les tourments intérieurs d'une Tachibana tiraillée entre sa loyauté envers son oncle bienfaiteur et son amitié envers notre héroïne. Malheureusement, le soufflé finit par retomber en partie, tant les ultimes rebondissements liés à la séquestration de Karin et à l'opposition contre les Brownlick sont faciles, limite un peu incohérents dans les changements entrevus chez certains personnages après la fin du combat. Néanmoins, toutes les réponses aux interrogations sont là, même si certaines, notamment celles concernant le passé de Psyché et les ancêtres des Maaka, restent un peu floues, confuses.

C'est un fait : Karin Chibi Vampire comporte de nombreux petits défauts et des coups de mous qui peuvent rendre parfois la lecture maussade. Mais enterrer la série serait un grand tort, car en plus du capital-sympathie qu'engrangent facilement les personnages, il y a quelques grandes qualités qui, à elles seules, portent d'excellente manière l'oeuvre.
 
 

KARIN © 2003 YUNA KAGESAKI / Kadokawa shoten publishing Co., Ltd.

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