Highschool of the Dead - Actualité manga
Dossier manga - Highschool of the Dead

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Sommaire

Publié le Jeudi, 05 July 2012


Zombie Superstar !



Dans Highschool of the Dead, les morts vivants, plus communément appelés "zombies", prennent le pouvoir et envahissent à vitesse grand V le Japon, mais aussi la planète toute entière. Revenus à la mode depuis quelques années, les zombies, que ce soit dans le cinéma, la littérature ou même la bande dessinée, impliquent irrémédiablement (ou presque... les exceptions existent) l'usage de quelques thématiques importantes que nous allons évoquer dans les lignes qui suivent: le gore, la survie dans un monde dorénavant hostile, et l'effet anxiogène du zombie sur l'homme.


Évoquons dans un premier temps la violence, bien évidemment omniprésente dans la série, et pour le plus grand plaisir des amateurs du genre.
D'emblée, les auteurs nous plongent dans une ambiance effroyable, frénétique, qui nous prend aux tripes ! Les premières pages nous font en effet découvrir le lycée (le tout premier environnement de la série) en état de siège: les zombies sont partout, tuent et dévorent les lycéens qui tombent comme des mouches. Il n'y a pas d'introduction, on entre dans le vif du sujet immédiatement ! Cette entrée en matière a pour effet de nous "happer" tout de suite et avec beaucoup de force: on est captivé et on devine alors que la série s'engage dans une ambiance résolument sauvage et gore ! Ce n'est qu'au bout d'une dizaine de pages que l'on quitte temporairement ce chaos pour découvrir les prémices de l'invasion zombie, ou tout du moins la manière dont tout a commencé dans le lycée (comme de nombreux autres films ou séries du même genre, les origines de l'invasion ne seront pas expliquées... Cause divine ou cause humaine: chacun est libre d'élaborer ses théories...
Alors, de quelle manière les zombies envahissent l'établissement de Takashi ? C'est simple: un zombie se présente aux portes du lycée, va mordre un professeur qui se retrouve infecté... et l'horreur commence !

Et cette horreur, elle avant tout graphique. L'aspect des zombies est ce qui choque le plus. La publication de la série ayant été réalisée originellement sur un support en noir et blanc, Shouji Sato ne pouvait pas compter sur la couleur pour appuyer l'ambiance morbide et horrifique de son récit. Un problème de taille pour ce genre d'histoire où le sang (et donc la couleur rouge) est très présent ! C'est pourquoi notre dessinateur s'est surpassé dans le design des zombies. Ces derniers ont des têtes vraiment terrifiantes: leurs yeux sont exorbités, leur bouche ouverte leur donne un air carnassier, et bien souvent ils sont défigurés par des blessures faites de leur vivant.
En observant leur faciès, on peut noter l'importance accordée à la dentition des morts: dans les plans serrés, Shouji Sato met bien souvent en avant les dents des zombies, aux canines saillantes, et parfois un peu plus grandes que la moyenne humaine. Ceci bien évidemment pour accentuer la menace que représente la morsure...

Le gore atteint également son paroxysme lors des attaques, autrement dit les scènes où l'on voit des vivants se faire dévorer par les morts. Dans ce domaine, nos auteurs ne font pas dans la dentelle: c'est bourrin au possible et l'hémoglobine coule à flots ! Chaque scène s'apparente à une effroyable curée où la terreur et la panique des vivants bientôt morts s'ajoute à la voracité des zombies... Face à cela, il est fortement conseillé de ne pas laisser les plus jeunes lire Highschool of the Dead, qui mérite bien son logo "interdit au moins de 13 ans". Un cellophane autour de chaque tome aurait été un plus.


 
 
  
Le deuxième aspect très important dans toute œuvre de zombies, c'est tout ce qui est relatif à la survie. Dans un monde envahi par les morts-vivants, il est absolument nécessaire d'accomplir certaines actions pour survivre. Dans le cadre d'une bande dessinée ou d'un film, ces actions ont une importance capitale car elles sont en quelque sorte le moteur du récit, dans le sens où leur résolution entraîne bien souvent toutes les péripéties des personnages.
Dans les histoires de zombies, la survie nécessite l'accomplissement de plusieurs choses essentielles comme former un groupe, s'armer, trouver un abri, se nourrir... Qu'en est-il dans Highschool of the Dead ?

Tout d'abord, trouver des alliés. Dans H.O.T.D. c'est le premier tome qui va illustrer cette vérité. Face aux morts, on ne peut pas lutter seul, et nos protagonistes l'ont bien compris. C'est ainsi que trois duos vont se former dans les premiers chapitres, l'un étant assez improbable (ceux qui ont lu la série l'auront deviné: il s'agit du duo formé par Saeko Busujima avec l'infirmière Shizuka Marikawa). Mais évoluer en tandem est insuffisant... mieux vaut former un groupe pour assurer une meilleure sécurité... c'est dans cette optique que nos trois duos vont former une alliance: le groupe est né, la promenade en enfer peut commencer... et on en vient à la deuxième condition à la survie: s'armer !

Trouver de armes pour se défendre face aux zombies est essentiel. Deux écoles s'affrontent: celle des armes à feu et celle des armes blanches et / ou contondantes. Ces dernières étant beaucoup plus faciles à dénicher, la plupart des survivants s'armeront d'une batte de base-ball, d'une barre de fer ou encore d'un manche à balai... Mais face à une horde, ça ne sera pas suffisant: les pistolets et autres fusils à pompe deviennent un atout non négligeable ! Dans Highschool of the Dead, les survivants dont nous suivons les aventures peuvent compter sur la dextérité de Saeko et Rei, respectivement maîtres en maniement du katana et de la lance. Plus tard, une fois que nos amis auront trouver un arsenal d'armes à feu, c'est Kôta qui se distinguera pour ses connaissances militaires et ses talents de sniper...

Savoir se défendre, c'est bien, mais encore faut-il être suffisamment en forme pour éclater la tête des zombies, le seul moyen rapide de les tuer ! Il faut donc trouver rapidement une zone de repli, qui sera utilisée pour se reposer et se cacher... Dans H.O.T.D., nos héros comprennent rapidement que le lycée ne sera jamais une zone sûre car trop de zombies y évoluent... Ils décideront alors de se réfugier dans un bus: lieu de sécurité mais aussi de déplacement. Mais des circonstances particulières, que je tairai pour ne gâcher votre future lecture de la série, vont provoquer le départ de nos amis de ce petit havre de paix... Trouver un nouveau lieu deviendra une priorité, ainsi Takashi et le groupe se fixeront sur plusieurs endroits, assez longuement pour certains lieux, ce qui provoquera un grand nombre de rencontres et de péripéties...

Enfin, le dernier point: se nourrir. Dans H.O.T.D., l'histoire démarre au tout début de l'épidémie et il ne s'écoule que peu de temps entre chaque volume. En conséquence, il est encore facile pour nos héros de trouver de la nourriture. La question du rationnement n'est que brièvement évoquée dans le récit: aucun des personnages ne s'est plaint de la faim. On peut quand même souligner qu'à la fin du quatrième tome, nos amis ont l'excellente idée de se réfugier dans un centre commercial, un lieu qui ne manque pas de nourriture. On notera bien évidemment le clin d’œil au film Dawn of the Dead du talentueux George Romero.
  
 
 
 
 
Il est temps d'aborder la dernière composante essentielle de toute œuvre de zombie: les effets de l'invasion sur les hommes... Quand tout s'effondre autour de nous, il faut avoir les nerfs solides pour faire face efficacement à la menace et garder les idées claires. Ne surtout pas céder à la panique. Il faut garder son humanité, ne pas abandonner un certain nombre de valeurs qui nous distinguent des animaux mais aussi des zombies, qui ne pensent qu'à tout dévorer.

Dans Highschool of the Dead, le scénariste Daisuke Sato aborde avec une certaine intelligence cette thématique, lors de plusieurs moments clé de son récit. L'un des plus saisissants est celui qui décrit la réaction des lycéens alors qu'ils comprennent que "des monstres" sont en train de tuer des gens dans leur lycée... C'est la panique, et la règle du chacun pour soi devient un dogme absolu! On s'insulte, on se pousse, on se frappe, on se piétine... toutes les méthodes sont valables pour fuir au plus vite la menace... Même les amitiés sincères n'y résistent pas: votre camarade d'hier peut en effet se transformer en un énorme boulet qui risque de vous entraîner dans sa chute... Première critique acerbe: dans un état de crise, l'homme n'est point solidaire mais sombre dans un profond individualisme, presque instinctif !

Le deuxième tome est lui aussi révélateur de ce que peut devenir l'humain sans repères sociaux. On peut tout d'abord évoquer la scène de pillage et d'émeute, où des adultes qui ont "pété les plombs" détruisent tout, et vont même jusqu'à s'entre-tuer. Dans cet exemple, nos auteurs prennent plaisir à affiner la frontière séparant l'homme du zombie, en mettant en avant l'idée que ces deux espèces sont capables des pires atrocités... mais à l'inverse du mort vivant, l'homme a une conscience, ce qui rend ses actions impardonnables. Dans le même ordre d'idée, on peut aborder l'épisode de la station essence, où un survivant va agresser Rei uniquement par plaisir, ne cachant pas sa volonté de la violer. Dépeint avec les yeux exorbités et la bave aux lèvres, l'agresseur a une allure qui s'apparente un peu à celle des zombies... Là encore, preuve est faite que le zombie n'est pas le seul danger dans le récit... l'homme en est un aussi !

L'exemple le plus frappant et traumatisant intervient dans la seconde moitié du tome 2. C'est la scène où nous faisons la rencontre d'Alice et de son père. Ce dernier, qui souhaite protéger sa fille, va tambouriner aux portes d'une maison où se cachent une famille de survivants. Ces derniers ouvrent, mais pas pour offrir l'hospitalité... Le père d'Alice est poignardé par surprise, par un autre père de famille qui est prêt à tout pour défendre ses proches. Ici encore, l'horreur est totale, et la scène est caractéristique de la règle du "chacun pour soi". La séquence est encore plus dérangeante de ce qu'on a pu voir précédemment car ici, le meurtrier ne cède pas à une pulsion, et il n'est pas fou, il a a contrario conscience de la cruauté de son geste, mais le fait quand même, considérant que c'est un acte nécessaire...

D'autres exemples pourraient être évoqués ici, je pense notamment au groupe formé par le professeur Shidô et des élèves du lycée, qui succombent à la débauche et n'hésitent à se débarrasser des éléments contestataires ou perturbateurs... Mais je n'en ferai rien, car ce groupe a une certaine importance dans le récit, et je ne souhaite pas vous révéler des informations qui pourraient atténuer le plaisir de votre lecture...


On retiendra que le manga Highschool of the Dead utilise sans retenue les thèmes majeurs du genre zombie, à savoir la violence, la survie et le comportement de l'homme face au danger. Mais d'autres thématiques, beaucoup plus légères et dont je vais vous parler ci-après, sont de la partie et font de H.O.T.D. un récit un peu plus léger que nous ne l'aurions cru de prime abord.
  
    

GAKUENMOKUSHIROKU HIGHSCHOOL OF THE DEAD © 2007 Daisuke Sato / Shouji Sato / FUJIMISHOBO Co., Ltd.

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