Excel Saga - Actualité manga
Dossier manga - Excel Saga

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Publié le Jeudi, 27 December 2012


La conquête du monde, mais surtout du spectateur

   
   
Au Japon comme en France, la série a connu un certain succès, au moins d’estime. Il faut dire que les réalisateurs manient à merveille un certain type d’humour, référencé mais intelligent.
     
     

De la façon de caricaturer la subculture nippone…

     
L’animé d’Excel Saga est un condensé de culture populaire nipponne. Les références au manga, à l’animation sont typiques. La jeune fille japonaise est mise en avant à travers Excel, que ce soit dans son uniforme de lycéenne du premier épisode, ou sa tenue d’agent d’Across. Les mascottes toutes mignonnes sont bien évidemment présentes, ici en la personne des Puchuu, des extraterrestres absolument adorables mais qui deviennent très moches dès qu’on les tabasse. On croise aussi des allusions à d’autres mangas (notamment Dragon Ball, Hokuto no Ken, Albator). On parle également de jeux de dating, des jeux qu’on ne rencontre pas dans le reste du monde… Il fait même allusion au manga dont il est dérivé, dès le premier épisode, une sorte de cassure du quatrième mur, montrant les coulisses de la série. N’oublions pas la présence des androïdes qui se questionnent sur leurs sentiments et des super-sentai.
  
Mais l’humour ne se résume pas à la seule présence de ses références à l’état brut. Chaque épisode part généralement de la salle du trône d’Il Palazzo, qui donne les ordres de mission à une Excel constamment enjouée et à Hyatt. Ces missions les mèneront dans des endroits improbables, à croiser des personnages bizarres ainsi que ces fameuses références. Des situations incongrues donc. Et c’est dans l’exubérance absolue qu’une grosse partie du comique réside. L’héroïne prend énormément de place quand elle se met à parler. C’est elle qui donne le tempo la plupart du temps. Son caractère est à l’image de l’animé : il emmène le spectateur toujours plus loin dans le délire.
  
En fait, le comique d’Excel Saga repose principalement sur deux axes humoristiques : l’humour absurde et l’humour noir, les deux étant généralement liés. Les aventures de Menchi se catégorisent plutôt dans le second registre. À l’inverse, lorsque les trois voisins d’Excel, Sumiyoshi, Iwata et Watanabe parlent de devenir fonctionnaires pour obtenir la sécurité de l’emploi, et au final, finissent par devenir des super-sentais au service de la mairie, on est bel et bien dans une situation totalement absurde. Tout comme les gags mettant en scène Nabeshin, caméo du directeur Shinichi Watanabe super-cool et caricature du culte de la personnalité du patron, ou Pedro, dont les histoires qui le mettent en scène sont totalement invraisemblables, dans le sens positif du terme.
  
Mais même si ces protagonistes ont leur heure de gloire, c’est les personnages d’Across, et plus particulièrement Excel, qui prennent une place de premier plan, et qui incarnent ces deux types d’humour. Excel est à la fois délirante et sadique, Hyatt sort de nulle part, mais on rit de la possibilité qu’elle puisse mourir à chaque instant, et Il Palazzo n’est pas crédible une seule seconde dans le rôle du révolutionnaire charismatique, mais peut se montrer inquiétant par moment. L’humour est donc bien double, au travers de chaque personnage et des histoires qui en découlent.
   
   
   

… pour en tirer le meilleur jus.

    
Dit comme cela, on pourrait croire que la série se contente d’être une tambouille de références avec des évènements sans queue ni tête. Mais bien évidemment, le souhait des réalisateurs, c’est de se servir de ces références et de ces situations improbables pour provoquer l’hilarité. Pour cela, ils ont construit un univers absurde, où le politiquement correct n’existe pas. Chaque personnage – et ils sont nombreux - incarne une part de cet univers, mais c’est l’héroïne, Excel qui le représente le mieux. Surtout, son caractère est le comique japonais poussé à l’extrême : incapable de se taire, parlant de tout et de rien dans une même phrase, gesticulant dans les sens, avec toute une panoplie d’expressions typées manga qui défile à grande vitesse sur son visage. Une sorte de Louis de Funès du manga en quelque sorte. En plus amorale aussi.
   
L’hilarité ne nait pas uniquement du bazar généralisé : si beaucoup de références sont associées à la culture geek, certains gags portent sur les dérives culturelles ou philosophiques de la profession de mangaka ou de personnel de l’animation, ou même plus généralement de la société. Les réalisateurs n’ont pas la prétention de faire de la politique, mais c’est juste un moyen de faire rire différemment, qui peut viser d’ailleurs des spectateurs plus mûrs. Ce n’est pas pour rien que l’animé évoque souvent l’administration et les fonctionnaires, la sexualité et met en scène un scientifique pédophile. Le summum de ce type d’humour étant dans le dernier épisode où les scénaristes se sont complètement lâchés.
   
Mais malgré le fait que le ton de l’animé ne soit pas gentillet, voire vulgaire par moment, il en résulte une sorte de bonne humeur. Excel Saga, c’est comme un bonbon acidulé : plein de couleurs et explosif. Malgré les situations quasi-guerrières de certains épisodes, les protagonistes sont au service du rire. Tout ce qu’ils disent, ce qu’ils font, ce qu’ils subissent, n’est pas destiné à servir un scénario d’exception, mais juste à mettre en scène une succession de gags, des gags plutôt originaux comparés à ce qu’on peut voir dans le milieu, grâce à ces personnages mêmes. Du fun en barre, en fin de compte.
   
Avec donc plusieurs niveaux de références et de types de comique, l’humour d’Excel Saga peut plaire à un public large, en quête d’un divertissement à l’état pur, et qui n’est pas bloqué par les barrières d’une certaine logique. La série va loin dans le n’importe quoi, dans le délire, dans le politiquement incorrect, en prenant toutefois une distance avec des sujets épineux. Jamais la série ne se moque directement de quelque chose de dramatique. Elle permet ainsi de rire un bon coup, sans arrière-pensée, à condition d’aimer l’humour décalé.
  
En plus de cela, la série tire sa singularité grâce à un tout autre élément…
  
     
      

© 1999 Koshi Rikdo / Shonen Gahosha - FlyingDog

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