Eden - Actualité manga
Dossier manga - Eden

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Sommaire

Publié le Mardi, 03 September 2013


Iconographie

    

Graphismes

   
Hiroki Endo nous délivre l'histoire d'Eden avec un trait bien à lui, même si l'on ressent par endroits l'influence de Katsuhiro Otomo. En plus de dix ans de publication, sa ligne n'a changé que très faiblement, preuve d'une maitrise graphique précoce du dessinateur qui, rappelons-le, signait là sa première série au long cours.
  
Le dessin se veut assez réaliste, et les déformations à effet comique ou horrifique se montrent bien rares. Si l'on peut regretter un manque de variété dans le design des personnages, en particulier de leurs visages, les protagonistes restent tout de même identifiables immédiatement, malgré les changements d'époque et d'apparence. Les visages sont anguleux et les regards perdus dans le vague, comme si les héros étaient désabusés par tout ce qui leur arrive. Mais le souci du détail s'exprime plus amplement dans la réalisation des décors, qui nous font plonger immédiatement dans les villes et régions représentées. La narration, quant à elle, est servie par un découpage de cases très classique, sans fioritures, même lors des scènes d'action les plus haletantes. Ainsi, tout cela contribue à une impression de froideur générale, mais qui résulte en fait de l'objectivité de l'auteur. Hiroki Endo ne nous prend pas par la main, il expose le récit dans un point de vue neutre, et laisse tout le loisir au lecteur de titrer ses propres conclusions des évènements se déroulant sous ses yeux.
    
    

Édition

  
Lancée en France en 2001, Eden a connu, comme d'autres titres de Génération Comics à l'époque, un passage en sens français, ainsi qu'une adaptation totale des onomatopées, afin de s'ouvrir à un public bédéphile assez large. Au niveau de la traduction, notons que la retranscription des noms diffère des autres versions à l'Internationale. Par exemple, notre héros, Elia Ballade, s'appelle Elijah Ballard dans l'édition américaine. Mais la traduction française étant passée dans plusieurs mains (Sébastien Dallain du tome 1 au 7, Nicole Duclos pour le huitième et Alice Lacroix du 9 au 18), il arrivera parfois que les noms soient modifiés en cours de route (Enoa/Enoia, Meyol/Mayool,...), parfois même au sein d'un même tome !
Outre ces quelques coquilles, le passage en sens français aura parfois été fait avec paresse, avec des pages pleines non inversées, provoquant de fait des incohérences symétriques. L'adaptation des onomatopées par Acrobat reste quant à elle de facture correcte. Au final, nous sommes donc dans les standards de l'époque, avec un format seinen classique et des sur-couvertures assez fines qui accusent le poids des années.
   
 
  
      
   

Jugement Dernier

    
 
Œuvre polymorphe, Eden est une série qui aborde une variété de thématiques d'une richesse inépuisable. Au point que le présent dossier n'en aborde, en réalité, qu'une toute petite partie, selon la déformation qu'en aura fait son auteur. Car, telles les nombreuses interprétations des récits Saints, Eden s'appréhendera d'autant de manières différentes qu'il y aura de lecteurs, en fonction de leur sensibilité, des sujets qui leur tiendront à cœur, des personnages qu'ils choieront en laissant les autres de côté, ou, plus simplement, de leur propre vécu. Hiroki Endô fait un portrait sans concession du genre humain, en présentant ses envies, ses peurs, ses joies, ses haines, ainsi que ses plus vils aspects et les conséquences qu'ils provoquent. La narration se veut objective, distante, froide, malgré la redondance dramatique de meurtres et autres actes barbares. Mais la thèse défendue par l'auteur se retrouve ailleurs, dans la description détaillée de cet univers qu'il a modelé pièce par pièce.
  
Respectant le cahier des charges de tout récit d'anticipation (robotique, cybernétisation, nanomachines,...), la trame d'Eden, qui se projette d'un siècle vers l'avant, nous surprend par sa proximité avec notre réalité. Si les rapports de force ont changé, si des progrès sont remarqués dans des domaines précis, force est de constater qu'au fond, rien n'a changé. Avec cette révolte naturelle (ou sentence divine ?) qu'est le closure virus, l'Homme est arrivé aux portes de son extinction. Et pourtant, cela ne l'empêche pas de continuer à s'auto-détruire, inlassablement, justifiant l'absurdité de ses actes par sa foi d'un idéal qu'il ne pourra jamais atteindre. Jouant sur une double interprétation puisant tant dans les dogmes religieux oubliés que dans les théories scientifiques les plus poussées, l'intrigue d'Eden expose alors un dilemme intérieur résidant en chacun de nous. Mais, même en prenant conscience de cette fatalité, même face à l'Apocalypse, l'Homme continue de répéter les mêmes erreurs, encore et encore, dans ce monde sans fin.
    
    
Dossier mis en ligne le 06/09/2013.
 
 
Fiche de la série : Eden
Fiche de la série vo : Eden vo
Fiche de l'auteur : Hiroki Endô
 
 

Dossier réalisé par Tianjun


© 1998 Hiroki Endo / Kodansha Ltd.

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