Cat Street - Actualité manga
Dossier manga - Cat Street

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Sommaire

Publié le Jeudi, 19 December 2013


Une romance intelligente

 
 
Comme l’on pouvait assez logiquement s’en douter, la réunion de quatre personnages, deux filles et deux garçons, entraînera assez inévitablement le début d’une romance entre une partie de ceux-ci. Si Momoji sera à ce niveau-là écartée du quatuor, elle aura néanmoins à faire avec un autre personnage plus secondaire et l’on reviendra sur cette relation un peu plus tard. Pour l’heure, c’est bien entendu le triangle amoureux composé par Keito, Koichi et Rei qui va nous intéresser. D’ailleurs, on peut d’ores et déjà souligner avec plaisir que Yoko Kamio ne s’est pas contentée de jouer sur son quatuor principal en faisant tourner les relations entre ceux-ci comme on aurait pu le penser au départ. C’aurait été céder à la facilité, et l’auteur va au contraire se montrer un peu plus original, même si, en définitive, le tout restera relativement prévisible. Et en réalité, tout cela se complexifie encore davantage puisqu’à côté de Koichi et de Rei, il serait dommage de négliger Taiyo, l’ami d’enfance de Keito qui jouera lui aussi un rôle très important pour elle et qui sera également le premier pour qui la jeune femme éprouvera des sentiments.

Et justement, dans le même ordre d’idée, on note avec plaisir que l’auteur évite aussi de tomber dans les amourettes faciles où Keito tombe sur l’élu de son coeur, celui qui est destiné à vivre avec elle et tout le tralala, dès les premiers instants. L’idée naïve par excellence qui entraîne souvent une ribambelle de passages tirés en longueur ou farfelus histoire de retarder l’échéance. Non, ici on est face à quelque chose de beaucoup plus réaliste où les sentiments de l’adolescente vont évoluer et changer à force de s’intégrer au monde qui l’entoure. Et le mieux dans tout ça, c’est que, finalement, pour le lecteur, même si Keito devait ne pas finir avec la personne qu’il préférait, ce n’est pas vraiment frustrant pour autant, car chaque piste abordée par Yoko Kamio se tient. Et aucun de ses protagonistes ne se révèle être imbuvable non plus.


En définitive, les relations, principalement romantiques, entre les différents protagonistes de Cat street sont intelligentes et réussies, car, au final, il n’y a jamais eu une possibilité fixe et claire qui se dégageait dès le départ et l’auteur n’a pas passé huit volumes à tourner autour du pot en faisant nier l’évidence à ses personnages comme c’est parfois le cas dans d’autres shojos, leur causant au passage beaucoup de tort. Bref, dans le cas présent, l’évolution des sentiments de Keito et des autres personnes qui l’entourent sera parfaitement logique à aucun moment on a le désagréable sentiment que Yoko Kamio joue avec nos pieds. Et au-delà de ça, on se félicitera également des réactions des uns et des autres qui, malgré leur apprentissage de la vie délicat et leurs manquements en terme de relation humaine, ne paraissent jamais stupides ou énervants. Ils sont parfaitement bien inscrits dans la logique de leur vécu, tout simplement. Ca fait toute la différence, et rien que pour ça, on peut déjà féliciter le travail que l’auteur a accompli au niveau des rapports qu’entretiennent les multiples figures de proue de son récit.
  
   
  
  
   

La rançon de la gloire

 
 
Comme on a déjà pu le remarquer précédemment, Yoko Kamio n’est donc pas particulièrement tendre envers le monde du showbiz, les journalistes, ou même le grand public, tous étant souvent assassins envers leurs victimes sans défense. En l’occurrence, la victime est bien entendu Keito. Et dès les premières pages de la série, le ton est donné. La jeune femme accuse tout le monde ou presque, souvent à raison, mais parfois à tort aussi. Et c’est là un autre point particulièrement intéressant dans Cat Street. En effet, même s’il est évident que certaines personnes ont provoqué la situation dans laquelle se trouve Keito au début de Cat Street, l’héroïne de la série se rend bien vite compte qu’elle est aussi pour quelque chose dans tout ça, qu’elle à sa part de responsabilité. C’est d’ailleurs aussi ça qui fait que le personnage se montre très attachant. Elle reste logique et ne cherche pas forcément à se cacher derrière un masque. Lorsqu’elle est en faute, elle s’en rend compte et ne se contente pas d’agir en bête blessée tout du long. Bref, malgré un côté lâche qui transparaît de temps en temps, elle est capable de se remettre elle-même en cause et cela change par rapport à bon nombre d’autres héroïnes autrement plus bornées.

Ceci étant dit, on appréciera la manière avec laquelle l’auteur décrit la chute de Keito et la réaction des personnes qui l’entouraient à ce moment-là et qui l’entourent encore aujourd’hui. Bien entendu, il y a son amie (ou plutôt rivale) de l’époque qui trahira de manière éhontée la jeune fille qu’elle était alors tout en ayant ses raisons, tristes, qui seront développées par après. Ensuite, il y a le public et les médias, qui ne se sont pas privés de mettre au bûcher une petite fille qui a été depuis presque toujours soumise à une pression énorme tout en constatant avec regret qu’il était impossible de se réfugier auprès de quelqu’un. En effet, ses « camarades » de classe ne voyant que les « bons côtés » de son métier d’actrice, la rejetaient en bloc, tandis que les parents de Keito, sa mère surtout, le père restant très en retrait, ne lui demandaient même pas son avis lorsqu’il s’agissait pour elle d’effectuer un nouveau travail. Bref, Keito était dans une situation où elle était complètement prisonnière de la volonté de sa mère, sans la moindre échappatoire possible. Et encore aujourd’hui, sa famille se comporte avec elle de manière peu enviable. Mais là, c’est par l’intermédiaire de sa sœur que cela se voit. Cette dernière n’hésite pas à traiter Keito comme un chien tout en étant à peine remise à sa place par ses parents. Ceci étant dit, le traitement qui est fait de la famille de Keito, s’il est fort intéressant au départ, se révélera, sur le long terme, comme un peu trop léger. En effet, alors qu’ils sont forts présents dans les premiers opus, ses proches se feront par la suite de plus en plus discrets, exception faite de l’une ou l’autre apparition très sommaire. C’est d’autant plus dommage qu’il aurait été fort à propos de montrer un peu plus en détail leurs réactions par rapport aux changements opérés chez Keito.
 
 

CAT STREET © 2004 – Yoko Kamio/Leaf Production – Shueisha Inc.

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