Cat Street - Actualité manga
Dossier manga - Cat Street

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Publié le Jeudi, 19 December 2013


Des cœurs blessés à cœur ouvert

 
 
L’une des principales particularités de la série est, bien évidemment, de proposer des personnages principaux qui ont tous été marqués d’une manière ou d’une autre par la vie, blessés par des évènements du passé qu’ils ont du mal à oublier. Et cette particularité sera aussi l’une des forces majeures de Cat street, tout comme l’un de ses principaux points d’intérêts. C’est en effet ce que mettra Yoko Kamio en avant dès les premières pages de son récit et c’est précisément le cheminement de ses personnages pour se sortir de la condition dans laquelle ils se trouvent et leur permettre d’aborder le futur sous un autre point de vue qui sera le moteur du récit durant les huit tomes que forment la série. Certes, il y aura bien entendu d’autres aspects de Cat street qui se révéleront fort intéressants, qu’il s’agisse par exemple de la romance qui ne tardera pas à naître entre les différents protagonistes ou encore la critique qui est faite des médias et du grand public. Mais, finalement, tous ces aspects de l’œuvre découlent directement de ce qui a été dit précédemment, à savoir l’évolution de Keito et de ses compagnons. Une évolution qui leur permettra d’entrer dans le monde des adultes, mais aussi de reprendre goût à la vie.

Mais avant d’entrer plus en détail dans ce que va nous proposer la série au travers du parcours de son héroïne, il est nécessaire de parler quelque peu de la situation dans laquelle elle se trouve. Pour faire simple, Keito est devenue ce que l’on peut appeler une « hikikomori ». Par ce terme japonais, on désigne quelqu’un, généralement un adolescent ou un jeune adulte, qui est coupé du monde et qui passe sa vie cloîtrée chez ses parents, dans sa chambre. Et cela peut durer pendant plusieurs mois voire même plusieurs années, ce qui est ici le cas de Keito. Attention, un «hikikomori » n’est pas pour autant déficient mentalement, que du contraire. La situation dans laquelle il se trouve est liée à un sentiment d’accablement par la société. Encore une fois, en ce qui concerne Keito, cela se traduit par son incapacité à réaliser ce que l’on attendait d’elle, et de ne pas avoir supporté la pression que lui ont infligé les médias, le public, et surtout ses parents. Quoi qu’il en soit, le phénomène est particulièrement répandu au Japon et va en s’accroissant. D’ailleurs, de nombreuses œuvres, et notamment un certain nombre de mangas, traitent de près ou du loin du sujet.
 
 
  
  
 
Keito est donc un personnage délicat à traiter, car, outre le fait qu’elle soit particulièrement mal dans sa peau, elle a aussi un vécu qui la force presque à réagir de manière « bizarre » aux yeux des autres. En effet, il faut prendre en compte le fait qu’elle est déscolarisée depuis l’école primaire et qu’elle n’a eu, depuis lors, presque aucune relation sociale avec des étrangers. De ce fait, la jeune fille aura souvent tendance à réagir de manière un peu brusque, ou à être perdue face à ce qui se déroule autour d’elle. Mais elle n’est pas complètement idiote pour autant. Inversement, elle et ses compagnons se montreront souvent tout sauf hypocrites et leur franchise aussi bien dans leurs paroles que dans leurs sentiments les rendront d’autant plus intéressants. Et c’est en voyant Keito évoluer dans le monde qui l’entoure que l’on peut prendre pleinement conscience de la justesse du travail de Yoko Kamio qui fait de son héroïne un personnage tout à fait crédible et attachant. Et au-delà de ça, l’auteur va également prendre un malin plaisir à rendre son personnage principal marquant par des répliques fortes, percutantes, mais souvent splendides. Les derniers mots de Keito à la fin du premier tome en sont d’ailleurs un exemple tout à fait parlant :

"Et moi... j'ai ri pour la première fois depuis sept ans... baignée dans un clair de lune orange."

Bien évidemment, Keito ne sera pas le seul protagoniste du récit qu’il sera intéressant de voir évoluer, que du contraire. Si les raisons de l’isolement des différents personnages ont souvent une cause commune, à savoir un rejet de la part des autres, peu importe sous quelle forme, leur manière d’appréhender la chose et de vivre avec sera différente pour chacun. Et ce sera également cela qui sera intéressant, car là où on aurait pu avoir une ribambelle de pleurnichards qui s’apitoient les uns sur les autres, on a des adolescents qui font front commun et qui sont décidés à faire bouger les choses, chacun avec ses qualités et ses méthodes. Concrètement, alors que l’univers de la série s’y prêtait tout à fait, on ne ressent jamais vraiment un surplus de pathos qui aurait été fort déplaisant, voire même nocif pour la série.
   
  

CAT STREET © 2004 – Yoko Kamio/Leaf Production – Shueisha Inc.

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