Black Bard - Actualité manga
Dossier manga - Black Bard

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Publié le Vendredi, 19 September 2014


Un graphisme envoûtant


Lorsque l’on tient entre ses mains le premier volume de Black Bard, quelque chose saute aux yeux, et c’est bien le style graphique opéré par Ichiya Sazanami. Son style est très anguleux et joue avec les teintes de noir, le sombre étant la nuance dominante des couvertures, bien que colorées. Pour anecdote, votre serviteur a même cru avoir affaire à un nouveau manga de Yôichiro Ono, auteur de la trilogie Amnesia dont le style est marqué par beaucoup de reliefs et une faculté à jouer avec les angles. Mais il n’en est rien, et Sazanami nous offre ici un art graphique bien à elle, empreint d’une personnalité. Le chara-design opéré est très polygonal et rarement arrondi, mais ce qui fait son charme est l’abondance de nuance de noir avec lesquelles joue la mangaka. Ainsi, le noir se confond avec les ombres ce qui inclut beaucoup de relief dans le titre. A cause de cela, on a du mal à distinguer la délimitation entre plusieurs éléments graphiques de l’œuvre, mais on l'accepte volontiers puisque ce style rend chaque page très attrayante et donne à cette courte histoire une vraie dimension artistique. A ceci s’ajoute un sens de la mise en scène où l’auteure fait prévaloir la dimension fantaisiste de son œuvre en jouant avec les plans et les nuances quand il ne s’agit pas de dépeindre une créature de noir dessinée, la rendant suggestive, mais diablement effrayante.
  
  
  
  
  
Pour tous ces éléments, le coup de crayon d’Ichiya Sazanami est envoûtant, et son choix stylistique s’avère cohérent lorsque l’on prend l’ambiance développée dans le premier opus du récit. Nous l’avons déjà dit, les premiers chapitres tentent de dépeindre un conte, un univers onirique marqué des par éléments propices au récit enchanteur : un royaume dominé par une reine diabolique, un équipage de pirates prônant la fête… Le premier opus renvoie souvent à toutes ces histoires imaginaires que l’on entendait et lisait étant enfant, et le style de la mangaka retranscrit à merveille cet univers tant il lui permet de présenter des décors et des personnages sublimant l’imaginaire et la fantaisie. Sur les quelques pages couleur du titre, l’art de l’auteure apporte encore de la densité à cette interprétation et la toute première page colorée de l’histoire donne au royaume de la Reine-sorcière une aura mystérieuse, fascinante et envoûtante.

Néanmoins, le style graphique évolue au fil du temps et en même temps que le scénario. Nous sommes déjà revenus dessus, mais plus l’histoire se développe et plus le conte est abandonné au profit d’un scénario d’action et d’aventure, développant les divers concepts de la série. A ce titre, il convenait aussi au coup de crayon d’évoluer afin de coller à ce nouveau parti-pris. D’une manière générale, le graphisme reste le même, car marque par ce style très angulé et ce goût dans les jeux de noirs et de blancs, mais quelques changements différencient l’avant et l’après volume 1. Le dessin s’affine, chose normale dans l’évolution d’une série, mais marque moins la fantaisie que pouvait le faire le tout premier tome du récit. Le noir n’a plus une place si dominante, à part pour marquer le design des personnages, faisant que l’univers perd un peu en identité. Mais ce qui impacte encore plus, c’est la mise en scène plus convenue de la série afin de faire ressortir le côté action du manga. Le combat final, bien que détaillé, joue volontiers sur l’exagération et la saturation afin de faire ressortir le dynamisme et la surenchère de l’ultime affrontement. Pour un shônen, l’idée est cohérente, mais il est dommage que la mangaka ait formaté ainsi son style.
  
  
  
  
  
A première vue, le design des personnages de Black Bard est réussi et en phase avec l’univers de fantaisie dépeint. Mais plus en avance et plus, là aussi, le trait d’Ichiya Sazanami se conforme aux exigences actuelles, à savoir une féminisation constante des personnages afin qu’ils plaisent au public féminin. La tendance est moderne et Black Bard surfe sur ce mouvement, mais une fois encore, on redoute que la mangaka ait perdu un peu de son propre style pour formater son dessin.

Il y a donc beaucoup à dire du coup de crayon de l’auteur, notamment sur ses intentions et son évolution. Qu’à cela ne tienne, le style est teinté de personnalité et le fait qu’il fonctionne en permanence sur les nuances de noir atteste une esthétique artistique qui joue en la faveur de Black Bard. Il ne fait ainsi nul doute que les plus pointilleux sur le coup de crayon d’un auteur apprécieront le style.
  
  
  

© Ichiya Sazanami/MEDIA FACTORY, INC.

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