Black Bard - Actualité manga
Dossier manga - Black Bard

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Publié le Vendredi, 19 September 2014


Le ménestrel noir, héros de fantaisie


Ichiya Sazanami a écrit les débuts de Black Bard de manière poétique, en faisant prévaloir un côté lyrique dans son œuvre. Mais au fil des chapitres, le récit évolue et change quelque peu de direction, ce qui pourra déstabiliser le lecteur qui s’attendait à trouver une suite d’histoires et de chants du ménestrel solitaire. Alors que dans le premier tome Black Bard illustre ses aventures par des chants envoûtants permettant de conclure la situation exposée, la suite se cadre davantage du point de vue de l’action. Une histoire s’installe progressivement et pour la traiter, la mangaka n’a pas vraiment hésité à changer l’intonation de son intrigue. La transition peut surprendre, mais si le nouveau parti-pris est bien traité, alors le titre peut s’en tirer avec les honneurs. Mais qu’en est-il vraiment ?

Tonkam a classé Black Bard dans son catalogue « shônen girl », ce qui sous-entend que la série reprend les codes du shônen d’action, mais en garantissant un attrait permettant de séduire une gente plus féminine. C’est un peu la politique du Gekkan Comic Gere, magazine de l’éditeur Media Factory a qui l’on doit en outre Servamp, Malicious Code ou encore Docteur Mephisto, lui aussi publié chez Tonkam dans la collection « shônen girl ». Ce n’est donc pas un hasard, car si l’esthétique générale et certains choix scénaristiques de ces titres permettent de cibler un lectorat féminin, par exemple la présence de nombreux héros masculins très « bishônen » et androgynes ou encore, parfois, le trait gothique très marqué, ces séries n’en restent pas moins des shônen, correspondant à un style et à des codes.
  
  
  
  
  
Black Bard présente ainsi un protagoniste mystérieux, solitaire, dont on ne sait rien jusqu’à ce que le second opus décide de nous en dire plus. Ici, nous retrouvons l’archétype du héros dont on veut en savoir davantage, qui va se retrouver mêlé à toute une conspiration et dont, bien entendu, la vraie nature fait de lui quelqu’un de relativement exceptionnel. Les autres personnages constituent « l’équipe » de ce protagoniste, élément classique du shônen d’aventure, caractérisé par Windy, rival du héros, et Snow Snow, demoiselle amoureuse du barde, sauvée par ce dernier des années avant le début du récit. Et les antagonistes ne sont pas en reste : des méchants très méchants quand ils ne sont pas en fait des gentils incompris, une dualité transcendant les âges et les décennies… La palette de personnages permet d’affirmer à elle seule le statut de shônen d’aventure de Black Bard.

Dès le tome 2, la série laisse place à davantage d’action qui introduit le récit clef de Black Bard, autrement dit la lutte contre la société MB et le mystère de l’empire disparu de Crismon. La véritable quête du protagoniste est alors toute trouvée, et le titre s’apparente dès lors à un voyage initiatique, comme de nombreux titres ciblant le lectorat adolescent, symbolisant le passage en bonne et due forme de l’enfance à l’âge adulte. Dans Black Bard, la recette est gérée tantôt habilement, puis parfois un peu moins. Ponctuée de flash-back et de séquences d’action pour mener à bien le combat principal de la série, l’intrigue suit un cheminement somme toute correct, jusqu’à la fin. Quoi ? Des combats ? Cela ne tranche pas avec la dimension poétique de l’œuvre présentée précédemment ? Voilà donc cette transition que certains trouveront quelque peu houleuse tant l’orientation de la série change nettement. Le dernier opus parle d’ailleurs de lui-même, car fait la belle part aux combats dantesques, aux montées de puissance à tout va et aux discours sur l’amitié. « Encore un shônen classique, alors ? », oui et non.
  
  
  
 
  
Évidemment, s’émanciper de l’orientation lyrique de la série peut représenter en soi une déception, mais la recette de Black Bard est avant tout le moyen pour Ichiya Sazanami de développer un univers fantaisiste au possible. Finalement, n’est-ce pas à cause d’un simple manque de temps que le récit peut laisser un goût amer en bouche ? Car si de nombreuses ficelles classiques du shônen sont empruntées, l’univers fait montre de l’imagination de la mangaka, de ses inspirations pas si ordinaires que ça, afin de marquer un monde hybride dont on aurait réellement aimé en découvrir plus. Avec un poil plus d’ambition, Black Bard aurait pu être le genre de titre à l’univers dément et capable de se réinventer sans arrêter pour construire une épopée onirique sur le long terme. Rappelons-nous alors que Malicious Code, série prépubliée dans le même magazine, fut arrêté de manière quelque peu prématurée. Il devient alors véritablement frustrant de supposer que Black Bard aurait pu être tellement plus que ça, si l’auteur en avait eu les moyens éditoriaux.

Finalement, Black Bard est un titre d’aventure plus qu’un récit poétique. Et comme tout récit d’action qui se respecte, la patte graphique a une importance capitale. Et nous avons justement de la chance, la trilogie d’Ichiya Sazanami ne manque pas de qualités visuelles !
  
  
  

© Ichiya Sazanami/MEDIA FACTORY, INC.

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