Black Bard - Actualité manga
Dossier manga - Black Bard

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Publié le Vendredi, 19 September 2014


Une aventure lyrique et onirique


Durant notre lecture de Black Bard, quelque chose surprend. On est comme envoûtés, happés par le chant du barde tel qu’il nous est présenté dans les pages du manga d’Ichiya Sazanami. De prime abord, le ménestrel noir n’est pas un aventurer maniant le glaive ou l’épée, et ses seuls atouts sont sa harpe et son chant. Manga musical d’un nouveau genre ? Pas tout à fait. En réalité, les débuts de la série se construisent sur les chants du barde, ceux qu’il est amené à chanter au cours de ses premières aventures. Au cours de ses périples, Black Bard est amené à pousser la chansonnette par des airs si divins qu’ils vous en donneraient vertiges et illusions. Et ça ne manque pas puisque les morceaux interprétés par Black Bard ont un véritable enjeu narratif. Lorsque le ménestrel  joue un air, sa voix donne des hallucinations. Ou plutôt des visions en rapport avec les paroles proférées. Le chant est alors une arme pour la mangaka afin de raconter différentes histoires et orchestrer à plusieurs reprises des mises en abîme. Le chant de Black Bard, c’est un peu comme le vieux sage vous contant un périple ou une légende enfouie, mais l’artiste le fait en chantant et donne à ce récit une dimension poétique. Ce schéma est surtout adopté par le tout premier volume de la trilogie et confère à l’œuvre une dimension lyrique. Le lecteur n’entend pas l’air du barde, il se contente d’en lire les paroles, mais est étrangement mené à s’imaginer mentalement la musicalité des propos tenus par le musicien. Ainsi, on se dit qu’avec une version animée, Black Bard aurait pu se révéler comme un titre envoûtant et propice à l’évasion.
  
  
  
  
  
Mais ce n’est pas comme si le titre de Sazanami ne proposait pas un voyage, oh que non. La lecture du tout premier tome suffit à se rendre compte que l’auteure met en place et décortique un univers onirique où la fantaisie est sa carte maîtresse. Un royaume dominé par une reine sans cœur, une virée aux côtés d’un équipage pirate… Pour élaborer les débuts de son manga, la mangaka s’est sans aucun doute référée aux différents contes de fées ou aux récits d’aventures fantastiques. Ainsi, on croit atterrir tout droit dans un conte sur les deux premiers chapitres, avant que le manga nous confirme que Black Bard, c’est surtout un univers dont le maître mot est « imaginaire ».

Certains titres reviennent d’ailleurs régulièrement dans les notes de l’éditeur pour expliquer certaines étymologies au cours des trois volumes. Citons parmi-elles l’Aventure d’Alice au Pays des Merveilles, une référence lorsqu’il s’agit de parler d’un conte à l’imagination débordante.

Au terme des trois opus, il est indéniable que la mangaka a forgé son propre univers de fantaisie en s’inspirant de tous ceux qu’elle connaît. Le monde de Black Bard se renforce en effet à chaque tome et à chaque chapitre en partant d’un royaume purement féodal, en y ajoutant un équipage de pirate, la légende d’un empire disparu, d’une cohabitation entre humains et démons… Dans le domaine de l’imaginaire, Ichiya Sazanami aime mélanger les styles, et sans aucun doute les mythes qui ont su la marquer, enfant ou adulte. Cela se confirme notamment dans la préface du second volet où l’auteure nous confirme son amour pour le Steampunk, autrement dit un mélange de fantaisie et d’histoire marqué par une puissante esthétique, autant d’éléments qu’elle a repris pour écrire son œuvre.
  
  
  
  
  
Ainsi, on peut parfois s’amuser à deviner certaines références de l’histoire de Black Bard. Comme dit précédemment, certains noms et idées renvoient à Alice au Pays des Merveilles, mais il faudra aussi piocher du côté des légendes orientales pour obtenir toutes les sources d’inspiration d’Ichiya Sazanami. Prenons par exemple le personnage de Windy, homme-singe dont la recette est bien connue dans la fiction japonaise d’une manière générale tant elle ramène à Son Goku, héros du Voyage vers l’Ouest, compte populaire chinois, avant d’être le protagoniste de Dragon Ball d’Akira Toriyama.

En résumé, Black Bard est, sur ses débuts, un récit lyrique et prend plus globalement la forme d’un conte onirique, bien que l’univers aurait gagné à se développer sur quelques volumes supplémentaires. Mais avant toute chose, Black Bard est un récit d’aventures de type shônen, et c’est maintenant à l’œuvre en tant qu’épopée que nous allons nous intéresser.
  
  
  

© Ichiya Sazanami/MEDIA FACTORY, INC.

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