3 grammes - Actualité manga
Dossier manga - 3 grammes

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Sommaire

Publié le Vendredi, 22 Febuary 2013


La découverte d'un nouveau monde

     
La solitude est bien entendu un thème central de 3 grammes. C'est seule que Jisue Shin se rend compte que quelque chose a changé en elle. La jeune femme ne rentre plus dans ses vêtements, elle a le ventre rond, des douleurs après les rapports sexuels. Les questions qu'elle se pose sont personnelles, bien trop pour oser en parler à qui que ce soit. La solitude commence déjà : Jisue Shin se rend seule chez un spécialiste, afin d'éclairer ce problème qui prend de plus en plus de place dans son quotidien. Les difficultés s'enchaînent : à qui faut-il s'adresser ? Que faut-il faire ? Comment entreprendre les démarches ? Quelles démarches entreprendre ? Elle va même jusqu'à se demander si son problème est réellement grave. Le premier médecin à qui la jeune femme s'adresse n'est pas assez équipé. Les suivants ne la prennent pas au sérieux et vont jusqu'à la ridiculiser. Jisue Shin montre au lecteur les difficultés auxquelles elle a été confrontée pour avoir une vraie réponse à ses questions. De ce fait, elle passe par plusieurs états d'âme, dont la honte, provoquée par ces médecins qui ne trouvent rien de mieux que de lui dire d'aller aux toilettes plus souvent, pour vider ses intestins remplis d'excréments. L'histoire se passe en Corée, mais malheureusement, personne n'est à l'abri de rencontrer ce genre de médecins, qui, par la multitude de patients reçus chaque jour, le nombre incalculable de cas non graves et sans doute d'autres raisons, prennent parfois les choses à la légère et ne prennent pas la peine de creuser davantage une question qui pourtant le mériterait amplement. À cause de ces évènement, Jisue Shin est dans l'impasse. Seule, elle ne sait quoi faire. Tandis que le temps passe, la tumeur grossit... Ce fossé entre le corps médical et le patient ne manque pas d'apparaître, et ce à plusieurs reprises lors de notre lecture. Le cabinet du spécialiste dans lequel se trouve Jisue lors de l'annonce fatidique déborde de vide et de tristesse. Le blanc domine, une absence totale de personnalité et une froideur à en faire pâlir plus d'un règnent en maître dans ces lieux où le patient a toujours du mal à trouver sa place. Le médecin qui annonce à Jisue que des cellules cancéreuses ont été trouvées ne passe pas par quatre chemins. Son annonce est claire, très brève et le verdict sans appel. À cet instant, l'état d'esprit de l'héroïne est décrit grâce au parcours sinueux et sans sens que font ses yeux. Ils passent d'un endroit à un autre, ne parvenant pas à fixer le spécialiste du regard. Tandis que lui, parle tout en écrivant, et donc, on peut supposer qu'il ne regarde même pas sa patiente, elle, essaie de déchiffrer ce qu'il est en train de griffonner, puis regarde la plaque sur laquelle son nom est inscrit, un cadre à l'envers, contenant certainement une photo de ses enfants, ses diplômes fièrement accrochés au mur, qui lui ont donné toutes les compétences d'un scientifique, en omettant la chaleur humaine, sans oublier cet homme triste accroché au mur, qui n'est qu'une coupe bien triste d'un corps humain, incompréhensible, mais pourtant accroché à la vue de Jisue. Même la plante verte, paradoxalement le seul témoin de la vie dans un lieu qui est censé inspirer confiance, semble fatiguée, voire mourante. L'auteure réussit, à l'aide de peu de moyens, de nous faire goûter à cet amer qui lui reste dans la bouche. Avec les images, des sons : les paroles du médecin sont concises, donnant l'impression d'être tout juste pesées pour ne pas parler trop, et laisser Jisue dans le flou.
      
   
   
          
La distance entre les médecins et le patient est de nouveaux mise en avant, le lendemain de l'opération. Jisue est allongée dans son lit, et trois médecins la félicitent pour son courage. Mais ces derniers se tiennent à une distance bien trop éloignée de leur patiente pour que celle-ci puisse les croire avec sincérité. Attroupés, ils griffonnent leur bloc-note sans relâche, profitant de chaque instant, dégustant ce moment qui ne se représentera peut-être plus jamais dans leur carrière : le cancer des ovaires à vingt-six ans. Et la mère de Jisue, si contente, n'a de cesse de les remercier.
      
Bien heureusement, le manque d'humanité ne touche pas tout le corps médical. Jisue nous montre aussi la petite partie qui lui donne du réconfort dans les moments difficiles passés à l'hôpital : cette infirmière qui lui propose de changer de chambre, pour une chambre individuelle, avec le sourire. La jeune femme va d'elle-même vers Jisue, sans attendre le moindre appel au secours et décide de son propre chef de lui faire plaisir, à elle, cette jeune femme qui n'a pas sa place au milieu des malades plus vieilles qu'elle. Ce petit réconfort dure le temps d'un instant très court, mais est assez vrai et intense pour mettre du baume au cœur de la jeune femme.
       
Dans 3 grammes, l'ennui est mis en avant par les activités à l'hôpital. Trop peu nombreuses, c'est comme la plupart des patients, que le cœur de Jisue penche pour la télévision. Elle raconte, avec une touche de mélancolie, ces moments passés devant l'écran, entourée des autres patients de sa chambre. Ces instants passés à regarder des séries télévisées faisaient partie des seuls moments de distraction, grâce auxquels elle pouvait penser à autre chose qu'à sa maladie, lorsque ses proches n'étaient pas auprès d'elle. 
   
    

© by JISUE Shin /

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