Reiko the zombie Shop - Actualité manga

Dossier

actualité manga - Reiko the zombie Shop

Note des lecteurs: 16 /20

Prêt pour un joyeux délire gore ?


Depuis quelques temps, force est de constater que les manga horrifiques ont la côte auprès d'un public français de plus en plus friand de bandes dessinées nippones. Le shonen, quant à lui, ne s'est jamais aussi bien porté et reste toujours le genre numéro un dans nos contrées.
"Reiko the zombie shop" se révèle être un manga qui concilie à la perfection horreur et shonen.
Il était temps de vous présenter ce hit incontournable!


Présentation


Fiche signalétique

Dans la petite ville de Shiraike, une jeune lycéenne nommée Reiko exerce un métier bien original, celui de marchande de zombies. Maîtrisant un pouvoir ancestral transmis par sa famille, elle est capable de réveiller les morts, moyennant rémunération. Mais attention, les réactions de ces derniers sont imprévisibles et souvent rien ne se passe comme prévu!

"Reiko the Zombie shop" a été publié au Japon d’octobre 1999 à juin 2004 par l’éditeur Bunkasha dans le magazine de prépublication Horror M. La série est terminée en onze volumes.
C’est Doki Doki qui publie cette série en France, depuis mai 2007.



L’auteur

Nous en savons très peu sur Mikamoto Rei (三家本 礼). Il est né un 31 octobre à Hiroshima. Il débute sa carrière à Compile, une société de jeux vidéos. "Reiko the zombie shop" est son premier manga. Cette série a rencontré un certain succès au Japon tant et si bien qu’elle a été adaptée en série télévisée.


La série télévisée Reiko the zombie shop.

Notre auteur a ensuite réalisé le one shot "Kyônyû Dragon" puis la série "Satanista", qui se situent toujours dans le domaine de prédilection de l’auteur, à savoir l’ésotérisme.


Le retour des morts-vivants



Un mélange d'hémoglobine, d'action et d'humour noir

Dès les premières pages, le ton est donné, l'univers de Reiko est emprunt de surnaturel et promet des scènes horrifiques comme vous n'en avez jamais vues! La rancune des défunts revenus à la vie s'exprime souvent par des scènes particulièrement sanglantes, dans lesquelles démembrements, décapitations et autres réjouissances deviennent monnaie courante. Reiko the zombie shop est une oeuvre clairement violente destinée à un public averti.



L'action est également au rendez-vous, pour le plus grand plaisir des amateurs de shonen. En effet notre héroïne mène souvent l'enquête pour résoudre des affaires à caractère surnaturel. Elle n'hésite d'ailleurs pas à combattre lorsque la situation l'exige, nous promettant ainsi des duels d'une rare intensité.
Enfin, il faut noter la présence d'un humour noir particulièrement appréciable. Les situations dans lesquelles se retrouve Reiko sont parfois cocasses, et le sang froid dont elle fait preuve en toute circonstance lui permet parfois de nous sortir des répliques ironiques inoubliables.


Un personnage principal charismatique

Au premier abord, Reiko est une lycéenne tout à fait normale: uniforme bien propre, cheveux bien coiffés... mais ne vous-y fiez pas! Notre héroïne fait preuve d'un sang froid à toute épreuve, devant toutes les circonstances qui se présentent. Elle incarne également une certaine "coolitude" qui s'exprime par un détachement constant et une distanciation hautaine et ironique vis à vis des personnages qu’elle trouve sur son chemin.
Mais derrière cet air froid se cache l’âme d’une justicière: Reiko n’a de cesse de résoudre des enquêtes à caractère paranormal, au service d’un particulier, voire même de la police si la situation l’exige.
Cette beauté froide est également une brillante chef d’entreprise qui mène avec intelligence sa barque, à grand renfort de calculatrice pour être sure et certaine de facturer correctement ses services. En plus d’être l’atout charme du titre, elle en devient un élément humoristique essentiel et donne une petite touche de légèreté dans tout cet univers macabre. C’est un anti-héroïne parfaite, qui s’éloigne des standards féminins que l’on retrouve dans beaucoup d’autres manga, qu’ils soient du même style ou d’un autre registre.


Un scénario riche et psychédélique

Au delà d’avoir imaginé un scénario si inattendu, Mikamoto Rei nous montre tout son génie créatif dans la manière dont il gère son récit... avec une inconstance tellement systématique que je la pense délibérée!
L’auteur commence son manga en utilisant un format épisodique. Des petites histoires d’un ou deux chapitres, totalement indépendantes les unes des autres, s’enchaînent donc sur tout le premier volume. Mais à partir du second tome, un virage à 180 degrés s’opère. Un grand ennemi apparaît, et un combat titanesque s’engage alors entre forces du bien et puissances du mal, le tout orchestré par un schéma narratif linéaire, c’est à dire l’opposé de ce que nous avons pu voir précédemment.
Au niveau des genres, certains codes du shonen (manichéisme primaire, personnages qui gravitent autour de Reiko pour former une bande) se mêlent avec des subtilités typiquement propres ou tout du moins destinées au seinen: Une anti-héroïne comme on en voit peu, des scènes ultra gores, une ironie et des références difficilement perceptibles pour les plus jeunes.
La dernière caractéristique qui rend le scénario de Reiko the Zombie shop complètement déjanté est la manière dont l’auteur distille des rebondissements dans son récit. Ces derniers surviennent toujours de façon inattendue et sont imprévisibles. Ils surprennent le lecteur tout en redonnant un coup de fouet au récit, déjà très nerveux à la base. Lorsqu’ils arrivent en fin de volume, ils maintiennent bien évidemment l’intérêt du lecteur au plus haut niveau possible et rendent l’attente du tome suivant interminable!


Un graphisme particulier

Le style graphique s’inscrit lui aussi dans cet esprit d’inconstance propre à Mikamoto Rei. Ce dernier dessine à la perfection son héroïne plantureuse et les autres intervenants réguliers, mais a tendance au contraire à délaisser les personnages secondaires, qui finissent parfois par avoir la même tête (seule la coupe de cheveux permet de les différencier).
Néanmoins, notre auteur sait retranscrire à la perfection le dynamisme propre aux scènes d’action et fait preuve de beaucoup de soins lorsqu’il dessine les zombies ou autres monstres répugnants qui apparaissent dans son oeuvre.



De multiples références

On peut dire que notre auteur aime les références, tant son récit s’inspire parfois d’oeuvres cinématographiques ou d’autres manga.
Ainsi le fait d’introduire des zombies sous fond d’humour noir nous rappelle les films de George Roméro, réalisateur mondialement connu pour ses films mettant en scène des morts-vivants.


Qu’ils soient issus des films de Roméro ou du manga de Mikamoto, les zombies sont terrifiants!

A partir du deuxième volume, l’histoire prend une nouvelle tournure. Nous apprenons que Reiko n’est pas l’unique zombiste. D’autres détiennent un pouvoir similaire et sont capables d’invoquer un seul et unique zombie qui va se battre pour eux. Ce traitement nous fait bien évidemment penser à Jojo’s bizarre adventure et ses stands.


Un petit air de ressemblance avec Jojo’s bizarre adventure?

Enfin, l’auteur glisse de temps à autres des petits clins d’oeil qui se réfèrent à des films, des manga ou des jeux vidéos qu’il a apprécié.



Un clin d’oeil évident au film « Orange mécanique » de Kubrick.


Conclusion


Reiko the zombie shop fait partie de ces quelques rares ovnis inclassables. Il comblera sans nul doute les amateurs de shonen pour ses scènes d’action uniques. Les amateurs d’horreur ne seront pas en reste, en voyant les nombreuses séquences sanglantes qui ponctuent ce récit complètement barré, mais maîtrisé.
On sent que l’auteur s’est fait plaisir en réalisant ce titre complètement en marge de ce que l’on peut trouver actuellement en France, tant il aime à surprendre ses lecteurs, notamment en introduisant des rebondissements et autres cliffhanger de manière complètement inattendue.
A l’heure où les passionnés de manga doivent faire attention à leur porte-monnaie devant tout ce flot de nouvelles séries, Reiko the zombie shop s’annonce comme un bon compromis: la série est courte (11 volumes) et le prix unitaire de chaque volume est bas (6,5 euros).
Un titre à découvrir d’urgence!!

Dossier réalisé par Shinob

© MIKAMOTO Rei / Bunkasha / DOKI-DOKI

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