Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 29 Août 2025

Aux prises avec la 4e 10, et plus précisément avec la dangereuse Namatame, Sanda est sauvé in extremis par Fuyumura. La graine de Père Noël a désormais conscience que l’élève criminelle veut sa peau, mais il ne peut renoncer à sa mission la plus élémentaire : honorer les souhaits des enfants. Et, plus que jamais, il se confronte au paradoxe de sa nature. Bien qu’il soit un adolescent, il ne peut s’attacher sentimentalement à quelqu’un de son page à cause de son corps adulte de Père Noël. Dans ces conditions, sa relation avec Nico prend un tournant particulier, d’autant plus qu’approche la très attendue cérémonie de la minorité…

Avec cette introduction de la dangereuse 4e 10, SANDA prend un tournant toujours plus centré sur le thriller, sans pour autant oublier sa dimension scolaire vouée à passer par un inévitable de la tranche de vie : le festival d’été. Paru Itagaki a justement l’habilité de jouer sur le personnage de Namatame pour préparer un arc aux enjeux appuyés, ce qui permet de croire à un futur segment mémorable.

Plus intelligent encore que ça, la mangaka se sert de son scénario pour développer toujours plus profondément son concept revisité du Père Noël ainsi que la nature contradictoire du personnage de Sanda. Les dilemmes intérieurs du héros jouent sur différents tableaux comme sa montée en puissance digne d’un shônen d’action avec un « Black Santa » à l’allure plus que réussie, ainsi que la dimension intime du récit, presque philosophique, consistant en la double nature de Sanda. Dans la fleur de l’âge, l’adolescent n’a pourtant pas le droit d’aimer, faisant de sa facette de Père Noël une figure de sauveur comme une malédiction. Pas question de promouvoir une quelconque pédophilie ou autres rapports déviants puis l’ambiguïté derrière la vraie nature de Sanda devient un véritable enjeu narratif, poussant à questionner le personnage sur qui il est vraiment, et le lecteur à entreprendre ces mêmes interrogations.

Le fond du récit est bien à l’honneur dans ce quatrième tome et se révèle peut-être plus passionnant encore que les événements en eux-mêmes. Pourtant, avec des personnages attachants tels que Yagiuda ou Nico, le tome ne manque pas de nous régaler de ses interactions entre personnages et par sa dimension scolaire un poil excentrique. Mais Paru Itagaki se sert de ces éléments ordinaires pour traiter son idée d’une jeunesse sacralisée au point de devenir l’objet de nouvelles déviances et de drames insolites. C’est bien cette dimension forte, aux nombreux sens de lecture, qui nous emballe de nouveau et qui prouve toute l’intelligence de la mangaka pour sa série.

SANDA confirme de nouveau toutes ses qualités avec un quatrième tome particulièrement riche par ses thèmes, ses réflexions et ses personnages, plus que par l’action elle-même qui reste très modérée dans cette suite. Si certains instants des débuts pouvaient laisser planer un éventuel mauvais goût sur l’œuvre, on a désormais confirmation que la mangaka sait traiter son univers pour un rendu intelligent, et jamais racoleur.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato
17 20
Note de la rédaction