Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE - Actualité manga

Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE

Critique de la série manga

Publiée le Mardi, 26 May 2015

Dans le pays de Clow vit une famille royale dont la princesse, Sakura, s’est liée d’amitié avec le fils adoptif d’un archéologue. Shaolan, puisque c’est ainsi qu’il s’appelle, accompagne donc son père dans les fouilles archéologiques faites au-delà de la ville, dans des ruines qui vont dévoiler un étrange secret ... Lorsque Sakura s’en approche, la jeune princesse semble comme aspirée par une force immense, tandis que d’étranges ennemis attaquent les membres de la famille royale en visite sur le terrain. Malheureusement, les souvenirs et l’âme de Sakura ont été brisés en des dizaines de plumes qui s’envolent à travers les mondes et les différentes dimensions qui peuplent l’univers. Le seul moyen de la sauver est de rapidement retrouver ces plumes chargées de magie et d’essence vitale. Pour cela, il faudra voyager entre les dimensions, et c’est seulement en allant chez la sorcière des dimensions, Yuko, grâce à la magie du prêtre du pays de Clow, que Sakura y parviendra. Pour l’aider, Shaolan l’accompagne sans hésiter et c’est le début d’un long périple qui se crée. Ainsi, les deux adolescents feront la rencontre d’autres compagnons de voyage, indispensables à leurs recherches bien que ceux-ci n’aient pas pour but principal de retrouver les plumes. Unis par un vœu commun à différents buts, Kurogané, Fye, Shaolan et Sakura vont partir à la recherche des fragments de la mémoire de cette dernière afin de la sauver et de découvrir ce qu’il se trame derrière tout cela.

Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE est la série phare des CLAMP, hautement appréciée des fans et des néophytes pour son univers si particulier, ses codes insérés çà et là pour faire plaisir aux lecteurs et ses concepts abordables ... C’est toutefois un titre qui tire malgré tout son épingle du jeu, avec des idées plus poussées qu’on ne le pense à la première lecture, des personnages nuancés par certains aspects qu’on ne découvre qu’à la fin et une intrigue alambiquée construite dès le début de la série. On regrettera sans doute cette volonté de tout cacher avant de déballer les révélations en bloc, mais on appréciera la lecture à plusieurs niveaux de compréhension. Il faudra accepter de lire une série en deux parties pour apprécier pleinement Tsubasa, un titre qui se nuance, qui se contredit, qui se construit autour de la compréhension qu’on en a. Au final présenté comme une série un peu trop commerciale et axée sur le fan service, dans les sentiments comme chez les personnages, Tsubasa se révèle bien plus intéressant que prévu. Il ne faut pas toujours sous-estimer l’avis qu’on a d’un manga sous prétexte que les premiers tomes ont quelque chose d’enfantin et de redondant... Surtout qu’il sera nécessaire de beaucoup de concentration, de relectures et de passion pour tout comprendre de cet univers hautement travaillé. Et tout cela, tant d’efforts, tant de promesses et de douleurs, pour ... une fin en queue de poisson. Sans la dévoiler, simplement en la critiquant, on peut dire qu’après tout ce que les héros ont pu endurer sous le régime de Fei Wan, avec l’aide de Yuko, dans le dépassement de soi et dans la résignation la plus totale à un égoïsme assumé et entier, on pourra seulement se demander de quel droit finir ainsi. Le studio CLAMP s’offre une conclusion un peu légère, des images finales très épurées et débarrassées de l’action incessante qui survenait un peu plus tôt. Oubliés, la mort imminente, la douleur de perdre un être cher, le plaisir d’être ensemble. Tout ce qu’il en ressort, c’est un crescendo qui redescend assez brutalement, sans prévenir et sans avoir pitié de nos héros. Mais encore une fois, il n’y a pas de hasard et tout cela était prévu de longue date, grâce à l’intervention et aux actes ou paroles de chacun ...

Beaucoup diront que Tsubasa, c’est du CLAMP. Et le CLAMP, c’est beau. Un peu réducteur, surtout que le studio de mangakas change de style aussi facilement que de série, selon l’âge du titre ou de la dessinatrice principale. D’autant plus que Tsubasa est un shonen à large public, et que les auteurs l’ont bien compris. Ainsi, le style est moins particulier, moins personnel que dans certaines œuvres très travaillées, que ce soit dans la surcharge ou au contraire l’épuration. On est alors dans un univers graphique bien moins fermé que quelque chose comme Tokyo Babylon ou X : pas de cacophonie esthétique dans la maitrise du trait et dans la foultitude de détails, de traits, de décors. Pas non plus de vide serein et reposant, presque dénudé. Si l’aspect brouillon et peu clair existe, c’est uniquement dans l’action. En effet, le style de Tsubasa est un trait classique, grossier et adapté à tout lecteur. Loin de la souplesse habituelle et du génie qui se glisse souvent dans un décor qui nous échappe totalement, on peut dire au revoir aux beaux dégradés, aux jolies nuances et aux contrastes poignants. On reste alors dans l’ordinaire, dans l’accessible, dans l’anodin, et ce pour satisfaire un maximum d’exigences, exceptées peut-être les plus difficiles. Au début, on s’attardera beaucoup plus sur les tenues des différents mondes, sur le fan service vestimentaire qui s’impose comme un invariant à l’importance démesurée pour les mangakas. Ainsi, c’est le coup de crayon qui accroche sans efforts, qui plaira à beaucoup et qui se renouvelle peu mais charme rapidement. Il manque cette petite touche de n’importe quoi, de folie que l’on aime tant dans les meilleurs titres du studio. Les vingt-huit tomes de Tsubasa sortis chez Pika bénéficient d’un soin assez particulier et particulier. En effet, et ce durant tous les volumes sans mauvaise surprise dans la fin de la série, l’éditeur fait l’effort de conserver ses acquis. Ainsi, les onomatopées sont traduites mais surtout adaptées ! Un grand plaisir de plus en plus rare actuellement, mais qui était indispensable à la bonne compréhension de la narration assez brouillonne et au dessin très dynamique des CLAMP. De même pour le grain du papier, pas du tout transparent même s’il n’est pas d’une blancheur immaculée. De plus, notons que Pika propose le guide book pour seulement un euro de plus que les autres tomes de la série.

A noter que cette histoire, point d’orgue de toutes celles des CLAMP, se lit en parallèle proche de XXX Holic, seule véritable série accolée de près à l’histoire de Tsubasa. Les personnages de chacun des titres communiquent en effet directement. Toutefois, il n’est pas nécessaire de les lire en simultané, mais l’une est indispensable pour comprendre totalement l’autre.


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.57/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

13.00,14.00,15.00,14.00,16.00,16.00,15.00,14.00,15.00,13.00,12.00,13.00,16.00,15.00,16.00,17.00,17.00,12.00,18.00,16.00,14.00,16.00,14.00,15.00,15.00,16.00,15.00,16.00

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