Tsubasa RESERVoir CHRoNiCLE Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 19 August 2015

Critique 1


S'il est une œuvre de Clamp qui aura rassemblé tous les publics, c'est bien Tsubasa Reservoir Chronicle, titre comptant pas moins de 28 tomes, grande fresque shonen (car oui ce titre est un shonen) qui se veut être une fenêtre ouverte vers tous les titres précédents des quatre mangakas formant le studio Clamp !

Sakura, princesse du royaume de Clow, est amie depuis toujours avec Shaolan, fils d'un archéologue, et archéologue lui-même. Bien qu'étant jeune tous les deux, leur amitié s'est peu à peu transformée en amour, bien qu'il ne se le soit encore jamais avoué.
Alors que Sakura rejoint Shaolan dans ses fouilles, cette dernière est aspirée par un des vestiges que vient de trouver le jeune homme. Pendant ce temps le royaume est attaqué par d'étranges soldats, repoussés par le roi, le frère de Sakura.
La vie de la princesse est en danger, pour la sauver, le mage du royaume envoie les deux jeunes gens auprès de la « sorcière des dimensions » qui apprendra à Shaolan que les souvenirs de la princesse ont été éparpillés à travers les dimensions, il devra les récupérer au prix du lien qui les unit.
Ils seront accompagnés par Fye, prince de son propre royaume ayant fui son monde, et par Kurogane, samouraï émérite ayant été envoyé loin de son monde afin d'apprendre à canaliser ses pulsions meurtrières… Un long voyage commence !

Un des principaux intérêts de ce titre, et on s'en rend compte dès ce premier tome, c'est qu'il n'est autre qu'un immense cross-over de toutes les séries du studio Clamp : au fil des épisodes, le lecteur sera amené à retrouver des personnages issus de toutes les œuvres précédentes des quatre mangakas (X – Card Captor Sakura – Chobbits – Magic Knight Rayearth...etc), et il ne faudra pas attendre longtemps puisque dès l'ouverture nous retrouvons des avatars de Card Captor Sakura en la personne des deux personnages principaux Sakura et Shaolan, bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler des mêmes personnages.
On croise notamment Soma de RG Veda, en fin de tome on retrouve Sorata et Arashi de X (on aurait préféré voir une fin à ce titre avant que les auteurs nous laissent entrevoir des suites à son hypothétique conclusion) seuls Fye et Kurogane semblent être des personnages inédits.

Ainsi le concept même d'univers parallèles sert l'intrigue et nourrit la série afin de permettre cet immense cross-over. Mais là où cela devient un problème c'est qu'il apparaît que le cross-over lui-même soit la raison d'être du titre et non pas un outil, ainsi pour le moment l'intrigue apparaît futile, précipitée et à la limite sans grand intérêt. La recherche des souvenirs de Sakura (matérialisés par des plumes) ne'est ici qu'un vulgaire prétexte pour voyager de monde en monde.
Les protagonistes se rassemblent sans autre raison que de voyager afin de rencontrer du monde (les fameux personnages issus des différents univers), ils forment immédiatement un groupe avant même d’apprendre à se connaître, ils sont téléportés chez ces fameux personnages « fan service » qui les accueillent sans non plus se poser de questions… Tout va trop vite dans ce premier opus pour être crédible, par conséquent, cela impacte grandement l’intérêt. Il suffit de voir comment Fye et Kurogane se retrouvent face à la « sorcière » en seulement quelques pages sans le moindre lien cohérent. 
Il aurait sans doute été préférable que les auteurs prennent davantage de temps pour planter le décor, présenter les personnages afin d'entamer le premier voyage. Pour le moment, les personnages principaux apparaissent clichés, on ne sait rien d'eux, et clairement, on n'a pas forcément envie d'en apprendre plus tant on sent le titre « fan service ultime ».
On pourrait presque y déceler une pointe d'arrogance de la part des Clamp qui semblent avoir une haute estime d'elles-mêmes et de leur travail pour créer une telle série.

Pourtant on sent bien qu'un effort est fait pour attirer le plus grand nombre, ne serait-ce que dans le découpage des pages, beaucoup plus accessible qu'il ne peut l'être habituellement dans les précédents titres du studio. On perd donc ce côté shojo pour un aspect beaucoup plus shonen ; ainsi le public féminin est attiré par le fan service et le public masculin par ce côté justement shonen.

Malgré ces défauts et une mauvaise raison d'être, ce premier tome se lit facilement, cela passe tout seul, et il arrive même à susciter quelque peu notre curiosité.

Une série qui s'annonce donc clairement destinée aux fans du studio qui s'amuseront à chercher toutes les références, pour les autres, il est tout à fait possible de passer à côté de ce titre.


 


 


Critique 2


Sachez que le hasard n'appartient pas à ce monde. Tout n'est que fatalité, et le fait que vous vous soyez rencontrés était inéluctable.

Clamp, Clamp ! Que de séries nous viennent à l’esprit sur ce simple mot. Mais la plus connue et dont la renommée est la plus étendue est sans aucun doute Tsubasa. Longue série, proche de la fin, elle a quelques particularités qui auront pour conséquence de plaire à un large public. L’histoire est celle de Sakura et Shaolan, que l’on connaît par un Card Captor Sakura tonitruant. Vivant tous les deux dans le pays de Clow, l’une en tant que princesse l’autre en tant que fils adoptif d’un grand archéologue et passionné de vieilles ruines, ils lient une amitié plus proche de la tendresse que de la relation entre deux enfants. S’aimant en secret, les deux amis n’auront toutefois pas l’occasion de se déclarer puisque suite à la découverte des runes du pays de Clow, Sakura découvre un étrange blason qui l’entraîne elle et son compagnon dans une quête incroyable. Leur but : voyager de dimension en dimension pour retrouver les plumes égarées de la mémoire de Sakura, et sauver sa vie par la même occasion. Le prix à payer pour Shaolan : son lien avec Sakura. Sa chère et tendre princesse ne pourra jamais retrouver le souvenir qu’elle avait de lui, et ne se rappellera ni de son amour pour lui ni des instants partagés précédemment. Malédiction incontournable pour nos deux jeunes gens, Shaolan décide toutefois de se lancer dans ce combat contre lui-même et contre les dimensions, afin de sauver sa princesse. Le tout accompagné de Fye et Kurogané, deux bien étranges gardes du corps.

Grand public donc qui est visé. En effet, Tsubasa n’est pas un shojo, mais un shonen. En plus, il ciblera aussi bien les jeunes lectrices avides de fan service masculin que les plus avancés à la recherche d’une quête épique mêlant grands combats et sentiments. Enfin, Tsubasa plaira également aux plus âgés, les incontestablement fans de Clamp et de leurs chefs d’œuvre précédents. De par la construction même de sa narration, il est diablement intéressant de se plonger dans la lecture quand on connaît bien les autres œuvres du studio. Juste histoire d’en retrouver certains avec un passé extrêmement agréable à voir : des personnages de X auraient trouvé le bonheur, par exemple. Et ce dès la fin de ce premier tome. Un recyclage qui semble donc incontournable et permanent des précédents personnages et séries. Une idée originale qui se base entièrement sur le succès d’un cross over délirant, mais qui permet également de ne pas être aussi imaginatif que cela sur les protagonistes … Ce premier tome ne se foule d’ailleurs pas trop sur le scénario, et l’on sent que ce shonen va mettre un peu de temps pour se mettre en place. Pour l’instant, pas de réel attachements sur nos deux héros un peu fades et beaucoup stéréotypés, comme leurs compagnons dont on ne sait encore rien. La mise en route est donc assez laborieuse quand on en attend plus qu’un simple divertissement banal. Toutefois, chercher les références aux diverses autres œuvres de Clamp sera extrêmement agréable pour les initiés ! Montée de toutes pièces à partir de personnages recyclés, l’intrigue est loin d’avoir décollé et nous laisse donc sur un premier tome pas décevant, on s’y attendait vu la série, mais pas encore totalement prometteur. Wait and see.

On sent malgré tout que ce manga est beaucoup moins fermé que quelque chose comme X ou Tokyo Babylon : plus de dessin particulier et typé, plus de cacophonie maîtrisée ou au contraire inégalée ni de calme vide et serein. Un style beaucoup plus classique, un trait bien plus grossier … C’est un peu ce que l’on ressent ici, loin de la souplesse habituelle et du génie qui se glisse souvent dans un décor qui nous échappe totalement. Plus de beaux dégradés, de jolies nuances et de contrastes poignants, mais des graphismes bien plus accessibles et ordinaires, pour satisfaire un maximum d’exigences, exceptées les plus difficiles. Les Clamp, par contre, s’amusent bien sur les tenues des différents mondes, à première vue. A confirmer, mais le fan service et les détails vestimentaires se présentent comme des constantes très importantes pour les mangakas. Bref, il manque cette petite touche de n’importe quoi, de folie que l’on aime tant dans les meilleurs titres du studio. Tsubasa s’impose alors comme un manga pas trop prise de risque, certain de plaire à plusieurs populations et de s’acquérir un public fidèle. Cependant, les plus exigeants regretteront le temps d’X … L’édition de Pika est de qualité avec la traduction des onomatopées, des pages bien blanches, bref ce premier tome n’a rien de transcendant, mais rien de véritablement répréhensible si ce n’est sa banalité …


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

13 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

13 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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