Tonkatsu DJ Agetarô - Actualité manga
Dossier manga - Tonkatsu DJ Agetarô
Lecteurs
20/20

In the court of the King - les qualités des choix de réalisation


Aerodynamic - design alternatif


Le petit truc qui interpelle lorsqu'on aperçoit les premiers visuels de la série, c'est le design de l'animé. De prime abord simple, rond, voire peu travaillé, il s'agit en fait d'une véritable volonté des designers de faire référence aux mangas alternatifs. Loin du moe, des grands yeux humides, du semi-réalisme, le design de Tonkatsu DJ évoque un sous-genre de la pop-culture, qu'on peut retrouver dans en dehors du circuit classique de diffusion des mangas : les comic-strips dans les journaux, dans les revues spécialisées, le dessin de presse, voire les flyers... C'est en quelque sorte le cas du manga d'origine, car bien qu'appartenant à la famille du Shônen Jump, il est prépublié en physique dans des revues spécialisées.

Dans tous les cas, ce design est très rare dans le monde de l'animation, et il ne fait pas y voir un manque de moyens ou un bâclage. Il est totalement voulu et maitrisé, minimaliste et coloré, à l'image du propos de la série, qui est de proposer un divertissement petit mais puissant.





Supersonic – la musique, l'élément majeur


L'anime a été réalisé suite au succès du manga. Le manga a donc trouvé son public sans inclure d'éléments sonores. C'est toujours la question que l'on se pose dans ces cas : comment produire un manga qui touche de près ou de loin au sujet de la musique ? Le succès de Beck a prouvé que les thématiques qui entourent la musique sont assez riches pour se passer d'aspects sonores. Toutefois, lorsque la décision d'adapter un tel manga est prise, la musique devient la vraie plus-value du support.

Dans le cas de Tonkatsu DJ, c'est un nouveau bon point que nous accordons à l'équipe. Techniquement, il y a peu de pistes musicales, les mêmes thèmes sont souvent repris. Mais comme cela correspond au caractère bref de la série, ce n'est pas un problème (nous en discutons dans le paragraphe suivant). Pour le reste, le travail du compositeur Daisuke Fujiwara est parfait. Loin des musiques de David Guetta ou Daft Punk, les morceaux possèdent le groove de Mark Ronson et surtout, une sensibilité qui se rapproche du regretté Nujabes, DJ et compositeur légendaire de l'OST de Samurai Champloo. A la fois douce et dansante, la musique est totalement à propos. On ne peut s'empêcher d'offrir une mention spéciale au morceau Rainy Lenny.


Tempovision - réalisation minimaliste mais efficace


On peut lire ça et là que l'anime a une réalisation faible. Ceci est sans doute une fausse impression due à l'aspect bref de l'anime, combiné à un design peu ordinaire et un thème qui ne se prête pas nécessairement au sensationnel. Dans les faits, l'anime est correctement animé, la musique groove comme il le faut et le design est volontairement bizarre, car faisant référence à une certaine sous-culture. En vrai, tout est donc de qualité, mais peut paraître l'inverse en raison de son minimalisme. L'animation n'est pas grandiloquente mais colle parfaitement au comportement comique des personnages. Le minimalisme de la réalisation est ce qui donne une fausse impression de bâclé en surface, mais dans le même temps qui montre tout l'intérêt de l'anime si on creuse en profondeur.

Le doublage est en revanche dans le cheminement des séries comiques. Il fait très bien son office, mais ne paraît pas spécialement alternatif en comparaison des autres caractéristiques de l'anime.





Fantasy – la narration adéquate


Le minimalisme n'est donc pas censé occulter la valeur, de l'anime, puisqu'il est une sensation. Ce n'est pas une longue quête initiatique pour devenir le meilleur de DJ de Tokyo. Ce n'est pas non plus un portrait critique et réaliste du milieu de la nuit dans une des plus grandes mégalopoles du monde. C'est une sensation, une petite vague de bien-être, qui émane de l'aspect furtif de la réalisation et du format. Mais comme tout est parfaitement dosé, de la colorimétrie au le sound design, en passant par le capital sympathie des personnages et l’aspect peinture faite-main des décors, l'anime ne manque pas d'une certaine puissance. Tonkatsu DJ Agetarô, c'est un petit sachet de bonbons : un plaisir bref mais extrême, dû à son fort taux de sucre. Mais à l'inverse des sucreries, ce genre d'anime est trop rare, et il fait un bien fou autant pour ses choix artistiques que l'absence totale d'éléments négatifs (aucun échec ou frustration de la part des personnages).
  
  
  


© by Deen
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