Dossier manga - Tonkatsu DJ Agetarô
Lecteurs
20/20

Let's Groove – le feel good


En un rien de temps (moins de deux heures d'épisodes), Tonkatsu DJ Agetarô a immédiatement su montrer de nombreuses qualités. Ceci tient à l'immense feel good du ton décalé et de l'ambiance délicieusement positive.


The Bomb! - un pitch accrocheur


L'objectif des scénaristes du manga original et de l'anime est de faire le curieux parallèle entre cuisiner des tonkatsu (c'est-à-dire du porc pané) et mixer en boite. Ce pitch, à la fois simple et délirant, est dans la plus pure tradition de l'humour japonais, et permet de convoquer des éléments typiques du genre, à savoir le héros qui va devoir suivre un genre de quête initiatique, ses mentors, ses amis, et éventuellement des rivaux. Pourtant, tout cet aspect ne restera qu'en surface, pour proposer quelque chose de bien plus accrocheur. Avec l'anime Tonkatsu DJ Agetarô, l'équipe des Studios Deen nous vend une douceur animée, une ambiance, sur un thème peu exploré (le DJing), pour nous offrir au final une jolie petite peinture du Tokyo urbain. Car c'est bien la brièveté de l'anime qui lui confère tous les qualités que nous allons énumérer dans le dossier, d'autant plus que le format 12 épisodes de 9 minutes est assez rare dans le paysage de l'animation japonaise. Selon une interview d'Akitarô Daichi (cf sources), l'auteur original souhaitait faire incarner l'aspect cuisine et l'aspect DJing à travers deux personnages différents. Il aura finalement préféré resserrer le propos sur un seul et unique protagoniste, probablement pour permettre à cette brièveté d'être efficace. En effet, il y a fort à parier que créer un personnage principal pour chaque facette du manga aurait alourdi inévitablement la construction de l'aspect initiatique du manga, qui doit demeurer léger.

Pas besoin de pousser au bout du bout le dépassement de soi : nous ne sommes pas dans un nekketsu. La poursuite d'un objectif dans l’œuvre n'est qu'un prétexte pour que le personnage principal, naïf et profane dans tous les domaines, s'émerveille de tout ce que la vie peut lui offrir. Et c'est funky.





Tenderness – du feel good


La plus grande qualité de l'anime réside dans son côté feel good, chill out comme diraient les personnages. Aucun réel obstacle ne se met en travers de la route d'Agetarô pour devenir DJ alors qu'il n'y connait rien. C'est un parfait débutant que tout le monde va prendre en affection pour son enthousiasme quasi-primaire. Les personnages se posent peu de question, et tout ce joyeux monde va vibrer au rythme des basses des boîtes de nuit. Mieux encore, la célébrité d'Agetarô va le surprendre lui-même ! Les DJs qu'il ne connait pas, mais qu'il va respecter en observant leur mix, vont le reconnaître, grâce à l'article de Raita Fujî. Ça ne paie pas de mine, mais cela renforce le fort capital sympathie que l'on peut avoir les personnages, et donc envers la série. Tous se connaissent, s'apprécient, même Agetarô dont la célébrité n'est que naissante, ce qui nous montre la grande ville n'est finalement qu'un petit microcosme où tout à est notre portée.

Toujours dans l'interview de Daichi que nous mentionnions plus haut, l'auteur original du manga a conçu Agetarô non pas comme un très jeune homme (il aurait pu être lycéen dans un scénario plus classique), mais un p'tit gars dans la vingtaine, déjà dans la vie active. Il est tellement peu emballé par son travail qu'il n'attend pas d'amélioration de sa condition, il s'en contente. Pourtant, par hasard, d'un seul coup, très rapidement, il va être happé par la passion. C'est un message très positif envoyé par la série : l'émerveillement peut nous arriver n'importe quand, même quand on croit que c'est trop tard.





The Band/Let's Dance – une galerie de personnages attachants


Mais que serait le feel good de la série sans ses personnages ? Tous plus éminemment sympathiques les uns que les autres, ils sont tous bienveillants, ils veulent faire la fête, aider leur ami... Cette bande de joyeux lurons hauts-en-couleur illumine la série de toute leur gentillesse. Les auteurs et réalisateurs de la série ont été bien inspirés en peignant cette jeunesse naïve. Bien entendu, Agetarô est le chef de file de cette qualité de la série : jeune mais pas trop, emballé par l'idée de devenir un roi de la nuit, modeste et respectueux pour autant, on peut très facilement s'identifier à lui, et prendre ainsi beaucoup de plaisir à le voir se faire un nom dans le cercle fermé des plus grands DJ de Tokyo. Quand les autres DJ reconnaissent son talent, quand Raita écrit un article sur lui, on sent que tout ce beau monde a les ailes qui poussent.

Les autres personnages ne sont pas en reste, comme Big Master Fry, qu'on ne voit finalement que très peu, mais dont on décèle immédiatement la bonhommie. Même le dégoût des femmes de Monsieur Mizukuro nous paraît drôle au lieu de scandaleux, tant ce trait de caractère est inattendu, brusque et propice à des gags improbables. Et à propos des femmes, Sonoko et les Amalaca apportent une touche de couleur différente à la série, et illuminent les soirées dans lesquelles elles participent.
  
  
  


© by Deen
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