Spirale - Actualité manga
Dossier manga - Spirale

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Sommaire

Publié le Vendredi, 16 January 2015


Graphismes et découpage


Au moment de la création de Spirale, le trait de Junji Itô est déjà parfaitement maîtrisé. Les dessins sont réalistes, fins, détaillés, les personnages la plupart du temps très élancés. Comme évoqué plus haut, l'auteur est capable de représenter la douceur et l'horreur avec brio, de tracer les proportions à la perfection, même quand elles sont absolument surréalistes, et le découpage est efficace, sachant se faire dynamique, lent ou percutant selon le besoin.
  
  
  
  
  

Uzumaki


Une adaptation cinématographique sort le 11 Février 2000 en salle au Japon (toujours pas localisée en France), réalisée par un certain Higushinsky.

Le point de départ du film est le même que celui du manga, mais l'adaptation fait le choix d'entremêler différents arcs du manga plutôt que t'enchaîner les chapitres indépendants. De prime abord, le choix est intelligent, l'intrigue décousue de Spirale étant plus adaptée au format série (on imagine bien une adaptation où un épisode correspondrait à un arc du manga), mais si le fait que toutes les parties du manga ne soient pas présentes est absolument compréhensible, on déplore le fait que le film n'achève malheureusement pas toutes les intrigues qu'il débute. Si les arcs du père et de la mère de Shuichi, qui forment l'introduction du manga, sont très bien transposés, celui des cheveux bouclés, celui des limmaç'hommes et celui du père de Kirié sont ébauchés sans vraiment aboutir sur grand-chose. La palme revient à l'arc de « boîte à surprise », où le jeune Yamaguchi s'amuse effectivement à effrayer notre héroïne, et où il se fait effectivement renverser par une automobile... et c'est tout. Sauf que du coup, ça n'a absolument rien à voir avec la malédiction de la Spirale, qui n'est visible dans cette partie que grâce à la suspension présente dans le corps de Yamaguchi lorsqu'il se change en mort-vivant. Enfin, le film ne s'achève pas sur le règne de la Spirale après moult péripéties de plus en plus dramatiques, mais sur une série de traveling sur des photos/illustrations (j'ai du mal à le déterminer avec exactitude), et on a finalement l'impression d'avoir assisté à une série de faits divers très étranges, mais pas beaucoup plus. Autre incompréhension, le rajout d'un détective nommé Tamura, qui enquête sur le phénomène de la Spirale, semble découvrir quelque chose d'essentiel... et meurt.
Dans l'ensemble, et malgré quelques passages assez dérangeants, le fil peine également à effrayer. Déjà au niveau de l'ambiance générale, très sombre dans le manga, due à la fois au noir et blanc et au trait naturellement inquiétant de Junji Ito, à sa façon de représenter la folie. Les acteurs du film, sans être mauvais, ont des visages d'individus réels, et le côté surréaliste et angoissant s'en retrouve amoindri. Contrairement au manga, où Kurouzu semble particulièrement isolée du reste du monde, la ville du film reste reliée à la civilisation (le passage le plus révélateur est celui avec la présentatrice qui filme les événements en direct), et cette autarcie amoindrie affecte le côté effrayant de l’œuvre.

Pourtant, tout n'est pas à jeter dans cette adaptation. L'introduction pour commencer, très fidèle au manga, nous présente une ville paisible ou il fait bon vivre, peut-être plus encore que dans le manga. Certaines scènes vont dans ce sens et poussent le côté idyllique à l'extrême, on pense en particulier à la scène de la bicyclette, où Shuichi et Kirié se baladent paisiblement sur fond de musique à l'eau de rose, de même pour la scène de l'album photo, où Kirié se rappelle les bons moments de son enfance passés en compagnie de son meilleur ami. On retrouve aussi le côté décalé, représenté entre autres par des personnages semblant accepter très facilement les événements, aussi bizarres soient-ils.
Certaines scènes emblématiques du manga sont également très bien transposées sur écran, comme la scène où le père de Shuichi est complètement absorbé par son amas d'objets en forme de spirale, dans cette pièce à l'allure surchargée, le passage où le il fait rouler ses yeux dans ses orbites (vraiment saisissant, au moins autant que dans l’œuvre originale), ou encore la scène du crématorium, après la mort de la première victime de la malédiction. Faute de moyens, certains passages ont également été occultés (actions hors chant, suggérées par des bruitages), un parti pris compréhensible et finalement efficace. L'une des dernières séquences, le dernier passage avec Kirié et Shuichi, est également très amusante à regarder, kitch à souhait, inédite par rapport au manga, mais diablement efficace. Petite anecdote amusante, on aperçoit au début du film un avis de recherche dans le poste de police, sur lequel est placardée une photo de Junji Ito lui-même (encore faut-il connaître le visage de ce dernier).
  
  
  
  
  
En terme de mise en scène, on observe pas mal d'effets de style plus ou moins inspirés. Si les mouvements circulaires de la caméra allant de soi sont bien rendus, on est un peu plus dubitatif face à l'apparition de Spirale en transparence au milieu de l'écran pour signifier les sources de la malédiction (très efficace dans le manga, beaucoup moins en film), où devant les passages où l'image passe subitement en négatif (probablement pour signifier l'angoisse, mais on ne peut s'empêcher de trouver cela peu inspiré).
  
  
  

© 1998 by Junji ITO/SHOGAKUKAN Inc.

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