Slam Dunk - Actualité manga
Dossier manga - Slam Dunk

Reader Rating 20 /20

Sommaire

Publié le Mercredi, 27 March 2013


Tout pour le basket !

 
 
On l'a vu précédemment, le basket-ball occupe une place essentielle dans l'univers de Slam Dunk. Mais Takehiko Inoue traite-t-il ce sport de façon réaliste ? A quel milieu le rattache-t-il et pourquoi ? Ces questions vont trouver leurs réponses dans cette seconde partie.

Dans Slam Dunk, l'auteur ne met pas en scène des joueurs professionnels mais des adolescents, et la jeunesse des protagonistes va devenir l'une des caractéristiques de la série car par ce biais, Inoue va pouvoir se servir de son propre vécu. Il a en effet joué de façon très régulière au basket lorsqu'il était au lycée (il a même été capitaine de son équipe), et peut donc aisément nous dépeindre aussi bien les matches de basket que l'univers des clubs, qui occupent une large place dans la vie des lycéens japonais. Pour commencer, intéressons-nous aux clubs.

Tout au long de leur scolarité, en plus de l'enseignement de base et des juku (cours du soir privés qui ne sont pas obligatoires mais très courants au Japon), les adolescents japonais vont s'inscrire et s'investir dans un club. Les activités sont diverses et variées. Les clubs principaux sont souvent les clubs de sport (base-ball, arts martiaux...) mais il y en a aussi à vocation artistique (clubs de musique, de calligraphie...) ou scientifique (club d'astronomie, club de botanique...). A la rentrée scolaire, qui a lieu en avril au Japon, les nouveaux arrivants des collèges, lycées ou universités sont très sollicités par les recruteurs des différents clubs, qui distribuent des tracts et plantent des affiches dans l'établissement. Une fois le club choisi, l'étudiant doit alors remplir un formulaire et le remettre au club. Les nouveaux seront accueillis lors d'une cérémonie officielle par les membres plus anciens.
Dans Slam Dunk, souvenez-vous, on assiste à cela dans les premiers tomes. Bien qu'inscrit et accueilli par le club de basket (il se fera d'ailleurs beaucoup remarqué lors de la cérémonie de présentation des nouveaux), Sakuragi va être la victime d'une tentative de recrutement sauvage, opérée par les membres du club de judo qui vont tenter de l'intimider. Bien évidemment, la situation dépeinte ici est un peu surréaliste, mais pourtant, il est connu que certains clubs, pour recruter de bons éléments, peuvent utiliser des méthodes musclées !

Pour les nouveaux venus d'un club, les premiers mois; voire même la première année; ne sont pas toujours faciles. En effet, l'organisation des clubs dépend d'une règle simple qu'on retrouve d'ailleurs à tous les niveaux de la société japonaise (famille, entreprise...) : le "ué / shita", ce qui veut littéralement dire "au-dessus / au-dessous". Concrètement, cela veut dire que les éléments plus anciens et plus âgés du club vont encadrer voire même diriger les nouveaux arrivants. En quelque sorte, même si le talent et les compétences sont importantes, c'est avant tout l'âge qui permet à chacun de se positionner dans un club, et ainsi, les senpai ou aînés vont encadrer les kôhai ou cadets. Il suffit d'observer Akagi pour constater cet état de fait.
En effet, le capitaine de Shohoku, en terminale et donc le plus âgé du groupe, organise les entrainements, encadre les nouveaux, les remet à leur place lorsque ces derniers dépassent les bornes (Sakuragi récolte souvent des coups sur la tête après ses bêtises et provocations). Finalement, sa position pourrait presque être comparée à celle d'un tuteur.

Il faut également savoir que les nouveaux éléments d'un club ne jouent quasiment jamais lors de leur première année. En plus des entrainements quotidiens, ils s'occupent beaucoup des tâches ingrates, comme le nettoyage de la salle et des vestiaires du club, ce qui est difficile et démotivant et provoque le départ de quelques nouveaux qui ne s'imaginent que les choses sont ainsi. Cela aussi, nous le voyons beaucoup dans les premiers tomes de Slam Dunk.
Des personnages comme Sakuragi, Rukawa ou encore Nobunaga du lycée Kainan, qui sont titulaires de leur équipe alors qu'ils ne sont qu'en seconde, est quelque chose de très rare dans la réalité. D'ailleurs, à plusieurs reprises dans le manga, des spectateurs sont étonnés de leur place dans l'équipe alors même qu'ils sont encore jeunes...
 
 
  
  
 
Après ces quelques lignes sur les clubs, abordons maintenant le traitement réaliste du basket dans Slam Dunk.

Quand on lit Slam Dunk, c'est une évidence : Takehiko Inoue a joué au basket et adore ce sport. En conséquence, la manière dont il met en scène les entrainements et les matches est très réaliste.
Lorsque Sakuragi commence à pratiquer le basket dans les premiers opus, ses entrainements sont fidèles et respectueux de ce qui est fait dans la réalité. Notre héros va commencer par apprendre les bases (dribbles, prise en main du ballon, lay up appelés "paniers de paysan", passes...), avant d'aborder des actions un peu plus techniques. Et oui, avant de dunker, il faut savoir dribbler, et chaque étape de l'apprentissage du basket est abordée avec soin dans l’œuvre !

On peut également souligner les petites apparitions de l'auteur pour expliquer les règles du basket. Ces apparitions sont très présentes dans les premiers tomes et tendent à se raréfier par la suite, mais elles demeureront jusqu'au bout très utiles pour tout ceux qui ne sont pas au fait des règles de ce sport.

Enfin, parlons des matches. Dans certains shonen sportifs, comme Eye Shield 21 (football américain) ou Captain Tsubasa (football) par exemple, les affrontements entre deux équipes sont mis en scène de façon totalement surréaliste. Les performances des joueurs ne sont pas crédibles, les phases de jeu ne respectent pas la réalité. Cela n'empêche pas ces œuvres d'être de qualité, mais ici c'est bel et bien le divertissement du lecteur qui prime, et les auteurs n'hésitent à nous en mettre plein les yeux sans songer à la vraisemblance.

Dans Slam Dunk, Inoue nous met aussi plein les yeux, c'est indéniable. Mais presque tout est crédible.

Déjà, le réalisme passe par les graphismes. Au début de la série, le style d'Inoue était encore un peu maladroit, notamment au niveau des visages. Mais une amélioration très nette s'est opérée au fil des volumes ! Pour le constater, il suffit d'ouvrir les tomes 1 et 31 et de comparer... Avec son trait fin et dynamique, et après des heures de visionnage et d'étude de matches professionnels, Inoue a engrangé une immense expérience qui lui permet de dépeindre avec brio aussi bien les joueurs que leurs actions. Les muscles, les maillots, les visages déformés par l'effort... tout est beau durant les phases de matches. Et le beau se transforme en sublime dans les derniers opus, qui approchent de la perfection. Une perfection graphique qu'on retrouvera d'ailleurs dans Vagabond, la série qui succèdera à Slam Dunk.

Et les actions de jeu ne sont pas en reste ! Parfois, Inoue "accompagne" une action en la décomposant, comme par exemple les shoot à trois points de Mitsui ou les dribbles vifs et insaisissables de Miyagi. Le mouvement est tellement bien retranscrit qu'on arrive presque à avoir autant d'émotion que face à un vrai match... bref, vous l'aurez compris, on en a plein les yeux !

Dans les stratégies sportives, là aussi, Inoue colle à la réalité. Chaque joueur a un poste et accomplit des actions en rapport avec celui-ci. Dans l'équipe de Shohoku par exemple, Akagi est pivot (c'est un joueur robuste qui défend et marque près du panier), Sakuragi est ailier fort (poste plus mobile que le pivot, il marque et s'occupe des rebonds), Rukawa est small forward (c'est un poste polyvalent), Miyagi est arrière meneur (poste qui requiert beaucoup de vivacité et une bonne analyse du jeu pour faire des passes efficaces) et enfin Mitsui est arrière shooter (capacité de marquer des shoots, et notamment des shoots à 3 points). Tout ceci participe également à la bonne réception des matches par les lecteurs. A aucun moment on ne perd le fil de la rencontre, et on a jamais l'impression que l'affrontement vire au grand n'importe quoi. Tout est maîtrisé !

Enfin, là où Slam Dunk brille par dessus tout, c'est par la tension narrative qu'il dégage pendant certains matches, et notamment le dernier de la série. On a parlé des graphismes précédemment, mais on peut aussi évoquer la gestion du temps, qui permet au lecteur de s'immerger totalement ! En effet lors de certains moments, le temps du récit va ralentir et un tome de la série va contenir des éléments qui se déroulent dans un laps de temps très très court. Ainsi quelques minutes de match peuvent prendre tout un tome !
Certains lecteurs risqueront peut être de trouver cela un peu indigeste, mais vu sous une perspective sportive, ce traitement va ravir les amateurs du genre : si le fond est réaliste, la forme l'est aussi, et c'est bien cette alchimie qui permet à Slam Dunk de rentrer dans le panthéon des shonen sportifs !
    
   

© 1993 by Takehiko Inoue and I.T. Planning, Inc. All rights reserved

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News