Dossier manga - Séki, mon voisin de classe

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Publié le Vendredi, 29 April 2016


Tonari no Seki-kun, la série animée


Si, depuis août, la publication du manga Séki mon voisin de classe aux éditions Akata fait le bonheur de pas mal d'amateurs de comédie, l'oeuvre imaginée par Takuma Morishige a d'abord été popularisée en France par son adaptation animée.

Composée de 21 épisodes de 7 minutes, la série Tonari no Seki-kun - The Master of Killing Time a été produite par le studio Shin-Ei Animation, plutôt habitué des comédies avec des oeuvres comme le génial Hare+Guu, mais qui a aussi d'autres cordes à son arc, par exemple la colorée série d'aventure Kaitô Joker. A la réalisation, on trouve Yuji Mutoh, un homme qui n'en est pas à son coup d'essai en tant que réalisateur, mais dont les réalisations ne sont pas parmi les plus connues en France (citons certains films de Shin-chan, Haunted Junction en 1997, Ultimate Girls en 2005, ou encore - honte à lui - Green Green en 2003). La direction artistique est assurée par Shinji Kawaii (qui a notamment tenu ce rôle sur Slayers Revolution), tandis que la direction de l'animation et le character sont tenus par Masae Ôtake (entre autres directeur de l'animation sur Glass no Kamen et Kaitô Joker). Enfin, on retrouve à la prestation musicale Akifumi Tada, à qui l'on doit entre autres les musiques de Hare+Guu, Captain Tsubasa: Road to 2002 ou Samurai Gun. En somme, un staff qui, globalement, ne comporte pas de noms ultra connus, mais qui profite d'une expérience déjà longue dans l'animation, notamment dans le registre de la comédie. Nul doute qu'il n'en fallait pas forcément plus pour assurer le résultat sur une comédie en format court et aux épisodes indépendants comme Tonari no Séki-kun.

C'est en 2014 que le public japonais a pu découvrir l'anime, qui fut diffusé sur les chaines TV Tokyo et AT-X du 5 janvier au 25 mai au rythme d'un épisode par semaine. C'est à cette même période que les spectateurs français ont pu la retrouver en simulcast en vostf sur la plateforme Crunchyroll, où elle est toujours disponible gratuitement.



Chaque épisode, indépendant, suit le même schéma où Rumi réagit face aux nouveaux délires de Séki. Là où le manga, au bout de quelques tomes, se permet quelques passages en dehors de l'établissement, le cadre de l'anime, lui, reste exclusivement scolaire, ce qui peut s'expliquer par le fait qu'il ne puise sa source que dans les premiers tomes du manga. Donc ne comptez pas, par exemple, croiser la famille de Séki que l'on découvre dans le manga à partir du tome 3, ou suivre le voyage scolaire.

La réalisation en elle-même est tout à fait honnête et vise avant tout l'efficacité de l'humour. A l'instar du mangaka dans la version papier, le staff de l'anime crée souvent un décalage assez délicieux entre l'exubérance/l'ampleur des jeux de Séki, et le cadre tout à fait ordinaire et réaliste de la salle de classe. Les décors se contentent généralement d'être fonctionnels dans leur aspect normal, basique, plutôt réaliste mais assez coloré, ce qui permet de créer un contraste loufoque saisissant dès que les deux personnages principaux partent dans leurs délires. A partir de là, l'anime n'hésite pas à s'emballer pour porter l'humour, que ce soit grâce à une réalisation qui aime soudainement se débrider (et cela dès l'épisode 1 avec le parcours de dominos, que la mise en scène présente d'une façon grandiloquente assez exquise), où à des protagonistes sublimés par leurs comédiens de doublage.
Ainsi, l'une des grandes particularités de Séki est d'être constamment muet : il ne parle pas, ne fait que grommeler et émettre divers bruits, et l'enjeu principal était sans nul doute de faire ressentir à travers ses "bruitages" ses diverses émotions tout en véhiculant l'humour que cela entraîne. Là-dessus, on peut vraiment saluer la performance de la "voix" de Séki, Hiro Shimono, un comédien bien connu pour de nombreux rôles (Conny dans L'Attaque des Titans, Aoba Kuronuma dans Durarara!!x2, Shibito dans Bobobo-bo Bo-bobo, Yukichi Fukasawa dans Baby Steps, Sôjirô dans Log Horizon, Sasuke Tsubaki dans Sket Dance...)
La palme revient néanmoins à Kana Hanazawa, la seiyû prêtant sa voix à Rumi Yokoi, et que l'on connaît notamment pour ses prestations dans Black Rock Shooter (où elle incarne l'héroïne éponyme), Bakemonogatari (Nadeko Sengoku), Angel Beats! (Kanade Tachibana), Blue Exorcist (Shiemi Moriyama), Deadman Wonderland (Shiro)... bref, une artiste à l'expérience certaine et dont les rôles-phares se comptent par paquet. Sa tâche était importante, puisque Rumi est le personnage central, celui qui n'arrête pas de parler/penser face aux frasques de Séki, et qui a donc la mission d'animer constamment les épisodes. Hé bien, Hanazawa livre une copie parfaite, où elle s'applique à survitaminer les choses quand il le faut, en variant naturellement les tonalités (colère de Rumi quand Séki fait des choses qui l'agacent, passion ou bienveillance quand il fait des choses qui captent son intérêt, interrogations quand il commet des choses impossibles à cerner sur le coup...), tout en parvenant à offrir une pointe de charme à cette jeune fille.



A cela, il faut ajouter les musiques soulignant efficacement l'humour et le dynamisme, ainsi que le design des personnages, assez simple, et dont l'aspect un peu rond apporte également une petite touche plutôt chaleureuse, voire mignonne. Le trait de Takuma Morishige semble, de base, facile à animer, ce qui s'avère donc réussi ici. Notons aussi la pertinence du format court : les chapitres du manga faisant souvent environ 10 pages, la durée de 7 minutes permet au staff de rester fidèle aux gags sans trop s'étirer (ce qui aurait pu devenir lassant), tout en ayant le temps de souvent aller un peu plus loin, de prendre le temps de bien mettre en scène les gags et inventions de Séki. Ainsi, loin de n'être qu'une adaptation toute faite du manga, l'anime parvient à obtenir son propre intérêt en poussant généralement un peu plus loin les choses. Notons aussi que si l'on a aimé l'anime alors qu'on ne connaît pas encore le manga, prolonger le plaisir en lisant ce dernier est conseillé, puisque l'anime n'adapte pas tous les chapitres des premiers tomes (en plus de ne pas forcément les adapter dans le même ordre), et que le manga se poursuit en enrichissant peu à peu son petit univers.
  
  
  


© TAKUMA MORISHIGE / KADOKAWA CORPORATION MEDIA FACTORY

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