Dossier manga - Resident Evil - Heavenly Island
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Publié le Vendredi, 22 December 2017


Un spin-off en liens étroits avec la saga


Les épisodes vidéoludiques numérotés de Resident Evil suivent une chronologie, chaque épisode se déroulant forcément quelques temps après le précédent. Mais placer les dérivés au sein de cette chronologie n'est pas toujours simple, tout dépendant des informations données au sein de l'histoire. Le cas de Resident Evil – Marhawa Desire était assez simple, situer le manga dans la grande histoire de la saga étant permis par l'apparition de Piers Nivans, plaçant le récit forcément peu avant Resident Evil 6 étant donné que le personnage disparaît dans celui-ci.

Le cas de Heavenly Island est un peu plus subtil. Sur les premières pages, difficile de savoir exactement quand l'histoire se situe. Une chose est sûre, l'intrigue a lieu après les trois premiers épisodes qui façonnent les fondements de la licence, mais il n'est pas évident d'apporter plus de précisions au départ. Claire Redfield étant à l'honneur dans ce dérivé, c'est elle qui fera lien avec la chronologie officielle des événements, à différents degrés. L'intrigue la concernant fait en effet référence aux événements qui se déroule dans Resident Evil Revelations 2, épisode où elle fut confrontée à Alex Wesker, sœur d'Albert Wesker. Un clin d’œil qui sera totalement assumé par Naoki Serizawa, y compris graphiquement puisque dès lors que Claire attachera ses cheveux dans la deuxième partie du récit, sa ressemblance avec celle qu'elle est dans Revelations 2 sera totale.



Sur le reste de l'histoire, Heavenly Island se contente de référencer le passif de la saga, sans jamais le compléter. En effet, l'histoire du manga n'explique rien de l'intrigue des jeux et se contente de narrer une autre affaire de terrorisme biologique, en s'appuyant sur des éléments scénaristiques connus des joueurs des derniers opus numérotés, et fait donc office de pur divertissement mais pas d'approfondissement. Reste qu'on sent que Capcom est derrière la barre pour les différents éléments présents dans le manga : l'apparition des Hunters, le retour de Parker qu'on n'avait plus vu depuis le premier Revelations, sans oublier la mythique scène de la fin en hélicoptère (notamment reprise dans Resident Evil 7), que Naoki Serizawa s'amuse à déconstruire en la situant juste avant le combat final. Une lecture pleine de références donc, pas indispensables mais qu'il est appréciable de survoler pour en dénicher tous les clins d’œils à la licence... tout comme l'auteur le faisait déjà sur Marhawa Desire.


Naoki Serizawa, graphiquement fidèle à lui-même


Bien avant Resident Evil – Marhawa Desire, on connaissait Naoki Serizawa pour Saru Lock, seinen édité chez nous par Pika et achevé en 22 tomes (ce qui en fait l’œuvre la plus longue du mangaka). Il suffit de quelques chapitres pour comprendre que l'auteur a un goût très prononcé pour les jeunes filles à forte poitrine et les sous-vêtements voire la nudité. Saru Lock n'était pas toujours d'un goût exquis, ce qui a peut-être rebuté certains des lecteurs.

Dans Marhawa Desire, cette patte était assez modérée. Les personnages féminins faisaient office de jolies jeunes filles mais le mangaka parvenait à entretenir un ton sérieux et glaçant par volonté de rester fidèle à l'ambiance globale de la licence. On notait dans ce premier dérivé un grand travail sur l'esthétique et un compromis assez habile dans la manière d'interpréter visuellement le character-design à la sauce Serizawa, tout en les rendant reconnaissables.

Sur Heavenly Island, le pitch de la série permet au mangaka de revenir à l'un de ses amours : les jeunes filles légèrement vêtues. Le principe du jeu télévisé Idol Survival permet à Naoki Serizawa de s'en donner à cœur joie : les demoiselles sont nombreuses, ont des designs variés, et rendent bien un côté sexy au titre. Nombre d'entre-elles sont pourtant des personnages secondaires, n'ayant parfois même pas une ligne de dialogue, mais ça n'empêche pas l'auteur de travailler minutieusement cet aspect du récit. Pourtant, s'il dépeint très bien de belles filles en bikini, l'auteur ne tombe jamais dans la vulgarité. Pas de séquences tendancieuses ni de parties intimes apparentes, Naoki Serizawa s'en tient au minimum pour ne pas sortir son lecteur d'une œuvre qui porte quand même le nom de Resident Evil.



La suite du titre va faire un compromis, celui des héroïnes peu vêtues et de l'aspect zombie de la saga. On sent alors que le mangaka a pris beaucoup de plaisir à casser l'image coquine de son titre en transformant cette bande de jeunes femmes sexy en une armée de zombies, à la fois charmantes mais aussi terriblement écœurantes. Une manière pour l'auteur de ne pas trop se prendre au sérieux et de revenir à la terreur. Pourtant, certaines des héroïnes resteront en bikini jusqu'au bout, Mayu la première, une manière pour l'auteur de continuer à dessiner des femmes peu habillées tout le long de son titre. Tout en sachant que ce choix suit une certaine logique scénaristique : le rythme de Heavenly Island est si effréné qu'il paraissait difficile pour les personnages de trouver un instant pour se changer paisiblement.

Concernant les personnages déjà vus dans les jeux et qu'on retrouve dans le manga, le constat sera similaire à Marhawa Desire. Un temps d'adaptation doit avoir lieu chez le lecteur, Claire n'étant pas forcément identifiable d'entrée de jeu avec ses cheveux détachés. Pourtant, avec du recul, les codes graphiques qui entourent Claire, Parker et Chris sont évidents, et Naoki Serizawa a bien repris le casting de Resident Evil sous son coup de crayon.
  
  
  

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