Dossier manga - Princess Jellyfish

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Sommaire

Publié le Mercredi, 18 September 2013


L’union fait la force

 
 
Un beau petit monde pour une comédie à la fois touchante et drôle. Point de yaoi à la sauce d’Otaku Girls, point d’exagérations futiles ou de lourdeurs, point non plus de comique de répétition. Un petit monde fermé, qui fonctionne en autarcie sur des maigres revenus et des règles strictes, notamment au sujet de la nourriture, des règles concernant les hommes (qui sont claires : le mot en lui-même est banni de la résidence), ou des questions à ne surtout pas poser ... Ce qu’on adore d’entrée de jeu : les caractères variés, originaux et bien trempés de chaque personnage, leurs particularités et les liens qui se développent entre otakette, ainsi que l’adaptation dont elles font preuve à l’arrivée d’une intruse coquette et féminine, diablement attirante et aimant sortir ... Leur Némésis.

Mais en filigrane de toute cette découverte de l’univers otaku, on va suivre le désastre qui habite tout le petit groupe des Amars : un grand danger guette la résidence Amamizu, menacée par un nouveau projet d’urbanisation ! A leur tête, une humana coquetta dans toute sa splendeur, qui les défie en leur attirant des regards pleins de jugement. Mais Kuranosuke ne va pas laisser ses amies se laisser abattre aussi rapidement ! C’est le branle-bas de combat dans le couvent des jeunes filles, qui se métamorphosent complètement. Leur pension est menacée par le rachat et la destruction. Kuranosuke décide alors de racheter le bâtiment, coûte que coûte ! Il faut éviter que ce petit groupe hétéroclite d’otakus si particulière soit délogé. D’autant plus qu’il trouve dans cette pension un havre de paix et de repos, loin de la complexité de sa vie actuelle. Et s’il est obligé de s’y déguiser, le jeune homme y trouve toujours un bon repas et une petite place confortable auprès de Tsukimi. Racheter la pension, certes, mais avec quel argent ? Les Amars ne travaillent pas et leurs comptes sont vides, autant dire que c’est la panique à bord. Jusqu’à ce que Kuranosuke, qui enchaine les idées, trouve le bon filon. La vente en brocante de toutes les vieilleries entreposées dans le bâtiment ! Et une idée en entrainant une autre, peut être qu’autre chose sera plus efficace... Le jeune homme, passionné par la mode, a su trouver l’inspiration qui lui manquait pour créer des vêtements. Comme ceux de sa mère, qui le faisaient rêver autrefois. Il se voit déjà en tête des affiches des plus grands magazines, et pour ça ... il faut bien commencer par le début. Avec les dessins de Tsukimi, la machine à couture et la participation vague des autres Amars, Kuranosuke n’a plus qu’à apporter sa motivation et son dynamisme à l’ensemble. Les robes de méduse sont donc officiellement lancées !




On apprécie cette avancée progressive des choses, même si parfois on se demande où l’auteur nous emmène tant tout se déroule dans une ambiance cotonneuse, sans réel coup de sang. Cela nous permet de voir l’amour que se porte les filles, et les idéaux et les volontés qui les unissent. Sans Kuranosuke, la chose aurait été difficile puisqu’il est le seul à savoir les galvaniser, à les comprendre, à réussir à utiliser leurs compétences dans un même but. On rencontre d’ailleurs une nouvelle otakette, qui crée les modèles des robes … version miniature. C’est toujours aussi drôle de voir que les demoiselles, quelles qu’elles soient, sont totalement happées par leurs passions et sont incapables d’en sortir. Au final, tout le monde s’y met pour pouvoir réaliser un défilé de la marque Jellyfsih à la résidence Amamizu. C’est vraiment la dernière chance de nos Amars et de Kuranosuke pour promouvoir leurs robes, avec l’aide assez inattendue d’un mannequin de talent qu’on fait marcher aux promesses de récompenses. Mais aussi, grâce au présentateur improvisé, le chauffeur Hanamori. Il s’en sort étonnamment bien malgré les fréquents débordements qu’il ne se gêne pas de faire. Tout le monde s’y met, vraiment. C’est une œuvre collective et un effort global de la part de nos Amars mais aussi de notre héros et du chauffeur de la famille, tout le monde met la main à la patte.  Et ce qu’on croyait une passade, dans un défilé qui, on aurait cru, ne marcherait pas … les choses se font. Les robes se vendent, il ne reste plus qu’à les créer et les faire produire. Les ennuis ne sont pas terminés pour le petit groupe de créatrices stylistes forcées …

Et donc, peu à peu, on avance en même temps que nos Amars préférées, et surtout que Kuranosuke, dans la confection d’une marque de mode. Ce n’est pas vraiment facile, c’est même très compliqué. Mais on plonge dans la réalité de la création d’une entreprise. D’abord, la production en usine. Parce qu’il est déraisonnable de penser qu’un petit groupe de quelques filles, même si elles étaient douées en couture –ce qu’elles ne sont pas forcément- arriverait à créer des tonnes de robes, même sur mesure, pour la vente. En faisant appel à une société délocalisée en Inde, ils auront peut être plus de chance de réaliser leur rêve. Ou peut être pas vu comme c’est parti, et surtout vu leur manque cruel de moyen. Comment investir dans une production sans fonds de réserve, sans économies ? Mais d’un autre côté, comment faire des économies sans une réelle production de masse, professionnelle et rapide ? C’est un cercle vicieux qui emprisonne nos Amars dans une situation ben compliquée, que seul Kuranosuke semble pouvoir gérer. Et encore, à la hauteur de ses moyens et de ses propres problèmes, comme de ne jamais dévoiler son identité, même aux gens un peu plus perspicaces que ses nouvelles amies les Amars. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Au bout d’un moment, la production des robes de la filiale Jellyfish est drastiquement ralentie et les Amars fuient toutes le projet permettant de sauver leur résidence. Kuranosuke se pose alors LA question nécessaire. A savoir, si lui aime porter des vêtements pour la qualité des tissus, des formes … pourquoi les amars porteraient-elles des vêtements ? Quelles sont leurs motivations ? Cela remet en question pas mal de choses dans sa manière de les motiver. Mais Kuranosuke déprime un peu, à pas trop savoir comment accélérer les choses. Au final, lui aussi va beaucoup changer au contact de nos héroïnes. Plus qu’il n’en a conscience. Un aspect de la série inattendu mais très intéressant, donc, pour le côté production, confection, organisation des rôles mais … on perd un peu le quotidien tranquille des Amars et, même si c’est l’idée de l’auteur, on perd en même temps un peu fraicheur dans la narration.
 
 

KURAGE HIME © 2009 Akiko Higashimura / Kodansha Ltd.

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