Parasite - Actualité manga
Dossier manga - Parasite

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Publié le Vendredi, 04 December 2009


Qui est le parasite?

  
Avec Parasite, notre auteur aborde une multitude de thématiques: l'amour, les problèmes adolescents, la peur des hommes face à l'inconnu, la tolérance... mais il semble attacher plus d'importance à un thème en particulier: l'environnement. Cela fait-il de Parasite une œuvre engagée?
   
Dans le premier tome, l'auteur annonce avec force la plus importante thématique de son œuvre: l'environnement, et plus particulièrement le respect de l'environnement. Tout au long de la série, Hitoshi Iwaaki ne cessera d'aborder ce thème, via des scènes ou des paroles bien pensées. C'est ainsi que le premier volume commence sur ces paroles, prononcées par un narrateur énigmatique:
Au-dessus de la Terre, quelqu'un songeait: "Si la moitié de l'humanité venait à disparaître, combien de forêts pourraient être sauvées? Si 99% de la population venait à disparaître, les rejets de pollution diminueraient-ils de 99%? Si l'on protégeait la vie..."

 
Vous en conviendrez, ces quelques phrases sont assez mystérieuses, d'autant plus qu'elles sont directement suivies d'un plan montrant l'arrivée des parasites sur Terre. Le message véhiculé est ainsi très fort et on ne peut plus accusateur à l'encontre de l'espèce humaine. On finit par penser que l'homme est un fléau, et que les parasites sont une sorte de remède envoyé par une puissance inconnue (Dieu?).
 
Très rapidement, Shin'Ichi nous offre une vision très négative des parasites: ce sont des meurtriers anthropophages qui ne méritent que l'extermination. Pourtant, l'analyse de Migy concernant cette question est différente. Pour ce dernier, ces compagnons ne font que se nourrir à l'instar de toutes les autres espèces. A partir de là, peut-on leur en vouloir? Dans le fond, on se demande si le point de vue de l'auteur n'est pas similaire à celui de l'extra-terrestre, comme en atteste la présence de certains passages aussi ironiques qu'accablants. On se souvient notamment de la séquence où un passant jette à la poubelle la moitié de son hamburger parce qu'il n'a plus très faim... Tout comme l'homme, les parasites tuent pour se nourrir, mais eux au moins ne font pas ou très peu de gaspillage!
      
                               
Plus loin dans le récit, c'est le maire Takeshi Hirokawa (il sera élu durant l'histoire), qui va offrir une nouvelle piste d'analyse concernant le comportement des parasites. Hirokawa va ainsi chercher à socialiser ses compagnons, afin qu'ils s'insèrent dans la société au lieu de s'y tenir à l'écart. Dans cette optique, les parasites devront adopter un comportement qui se veut le plus humain possible et devront limiter les actions à risque: le temps des boucheries et des cadavres découverts au coin d'une rue doit disparaître et faire place à des cantines "homologuées", qui permettront aux extra-terrestres de continuer leurs massacres sans être découverts. Le but est bien évidemment de détourner le regard de l'opinion publique sur "les boucheries", qui vont alors se transformer en "disparitions".

On a ainsi l'impression que les parasites cherchent à devenir comme les hommes: ils ne renient pas ce qu'ils sont, mais souhaitent se "civiliser", car ils comprennent que les carnages risquent à terme de les mener à leur perte. Dans cette tâche, Hirokawa est aidé par Tamura Reiko, un parasite occupant le corps d'une enseignante. Tamura est l'exemple même du parasite qui perd presque son statut de "parasite": elle s'intègre dans la société, occupe une profession et a en charge un enfant. Elle va même jusqu'à arrêter l'anthropophagie, préférant prendre des repas plus "conventionnels".

A l'instar de Migy, Tamura est un parasite atypique: si Migy se caractérise par sa curiosité insatiable, Tamura brille par son intelligence et ses introspections permanentes. A ce sujet, on se souviendra d'un dialogue troublant entre notre héros et Tamura, durant lequel elle lui expliqua que lors de son arrivée sur Terre, elle avait reçu l'ordre de dévorer les humains jusqu'au dernier...
Encore une fois, on retrouve ce spectre d'une puissance supérieure et omnipotente. Et une fois de plus, de manière sous-jacente l'homme est perçu comme un fléau qu'il serait bon d'éliminer. Le parasite étant quant à lui un sauveur. Cette idée perdurera jusqu'à la toute fin du manga, elle en deviendra même le socle constitutif, l'idée fondatrice: Si les parasites sont considérés comme tels parce qu'ils dépendent de leur hôte humain, qu'en est-il de l'homme, qui par ses excès détruit peu à peu la Terre dont il dépend?

Avec brio, Hitoshi Iwwaki parvient avec son récit à brouiller les pistes et nous fait prendre conscience d'une chose fondamentale: Ne sommes-nous pas nous-mêmes des parasites?
              
                                   
                             
           
KISEIJU © 1990 Hitoshi Iwaaki / KODANSHA Ltd.

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