Dossier manga - Mardock Scramble

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Publié le Vendredi, 17 August 2018


Coup de poker

  
Là où Mardock Scramble surprend quelque peu, c’est dans le rythme et le chemin emprunté par son intrigue. C’est peut-être là son plus gros défaut ou, en tout cas, sur ce point-là qu’il rend sceptique. Si l’entrée en matière ne manque pas de peps avec tout ce qui arrive à Rune, on va assez rapidement tomber dans un rythme beaucoup plus lent. Pas mal de dialogues, pas mal de questionnements et pas toujours beaucoup de réponses tendent alors à rendre l’univers présenté quelque peu abscons. Mais surtout, il faut attendre la fin du premier film pour que l’œuvre retrouve un peu de tonus et que l’on parvienne à s’y plonger.
  
Si Mardock Scramble avait pu, par la suite, suivre cette voie et continuer sur cette lancée, tout aurait sans doute été pour le mieux. Malheureusement, le deuxième opus verra le problème se reproduire mais de manière différente. Cette fois-ci, c’est surtout toute sa seconde moitié, réservée à la première partie du passage au casino, qui plombera la narration. Pourtant, pour peu que l’on y fasse attention et que l’on s’y attarde un peu, on se rend également compte que c’est précisément durant ce long passage que Rune évoluera le plus d’un point de vue mental, comme précisé auparavant. Et c’était justement là ce que l’on recherchait. En somme la situation est quelque peu paradoxale.
  
  
  
  
  
Il en va de même avec le démarrage du troisième et dernier opus, relançant les choses sur une interminable partie de blackjack. Longue, bien trop longue, elle vient inutilement saper notre entrain. En fait, on en vient même à oublier que l’on est face à une histoire de vengeance dans un cadre cyberpunk. C’est d’autant plus regrettable que la suite de ce troisième opus sera sans nul doute la plus rythmée et la plus passionnante à suivre. C’est aussi dans ce troisième opus que l’on aura la preuve du potentiel de l’œuvre en termes d’action. La bataille finale, notamment, s’avère superbement réussie à tout point de vue. Qu’il s’agisse de la musique, souvent plaisante mais parfois trop en retrait dans le reste de l’œuvre, de l’animation et du déroulement des choses. Notons par ailleurs que cette séquence, aussi réussie soit-elle, n’est pas sans grandement rappeler l’affrontement de fin de Blade Runner. Mais ce n’est pas gênant pour autant. Au contraire, on appréciera le clin d’œil.
  
L’œuvre souffre donc d’un certain problème de cadence, c’est certain. Mais ce qui rend la chose vraiment dommageable, c’est qu’il faut également tenir compte de la durée de chaque film. Chacun d’entre eux fait entre 60 et 70 minutes. Autrement dit, chacun d’entre eux se révèle particulièrement court. Le fait de ressentir ce genre de problème en devient dès lors d’autant plus regrettable. C’est d’autant plus vrai si l’on tient compte de ce qui a été dit précédemment sur les développements parfois trop légers de l’univers et des personnages et, dans un certain sens, c’est là la plus grosse tare de l’œuvre. Mardock Scramble est trop court que pour pouvoir explorer avec suffisamment de profondeur ses thématiques mais, dans le même temps, parait parfois trop long et lent au spectateur.
  
En définitive, on a le sentiment que, plus qu’au niveau du matériau de base dont la richesse transparait à plus d’une occasion, c’est à celui de la réalisation qu’il faut chercher le problème. Convertir 3 romans en 3 films d’une heure n’est pas chose aisée, et on en ressort avec le sentiment que cette adaptation de Mardock Scramble n’a pas toujours réussi à aller à l’essentiel, nous contant une histoire sans pour autant parvenir à nous convaincre de la densité de l’univers au sein duquel elle prend place.
  
  


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