Mardock Scramble - Actualité manga
Dossier manga - Mardock Scramble

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Publié le Vendredi, 17 August 2018


Cyberpunk et décadence

  
Mardock Scramble nous est présenté comme évoluant dans le genre cyberpunk et, à peine les premières images défilant, on comprend pourquoi cette trilogie a hérité d’une telle dénomination. D’une part, les références et les emprunts à quelques classiques du genre, on pense par exemple à Blade Runner ou Ghost in the Shell, sont nombreux. D’autre part, parce que l’esthétique générale, plutôt réussie, nous immerge clairement dans un monde comme les amateurs du genre pourront l’apprécier. Les amateurs apprécieront, c’est certain, mais ils ne seront pas non plus face à quelque chose de totalement novateur. En effet, si Mardock Scramble nous dépeint un monde réussi, il ne révolutionne pas non plus le genre, restant dans la veine de ce que l’on connait déjà, à l’une ou l’autre petite exception près. Mais ce n’est pas forcément un mal pour autant.
  
D’entrée de jeu, on se retrouve donc face à une énorme cité futuriste mais pas trop. Les néons illuminent la ville, la couleur prédominante est un vert qui semble hanter chaque coin de rue, chaque paysage. L’endroit parait à la fois glauque et malfamé. Il fait nuit presque tout le temps. Enfin, c’est l’impression que l’on a, en tout cas. Bref, le tableau est posé. L’esthétique est présente et réussie. Graphiquement, cet univers donne envie d’être parcouru. Et dans celui-ci, viennent se greffer différentes composantes qui, à défaut de renouveler le genre, font aisément mouche. Prostitution, meurtres, institutions mystérieuses, riches excentriques… On a tout ce qu’il faut pour pouvoir lancer les choses.
  
  
  
  
  
L’intrigue de Mardock Scramble est indéniablement intéressante. Rune Balot, jeune prostituée, est brulée vive par un richissime tueur en série mais est ramenée à la vie sous forme de cyborg par le professeur Easter. A partir de là, elle fait la rencontre d’Oeufcoque, une entité qu’il est difficile de définir avec exactitude, mais qui est doté d’une intelligence artificielle et qui peut prendre à peu près n’importe qu’elle forme. Rune l’utilisera aussi bien comme une arme à feu que comme une paire de gants ou une tunique. Et en marge de tout cela, on se retrouve avec un tueur dans la nature, un étrange personnage répondant au nom de Boiled (oui, les œufs sont une thématique récurrente de l’œuvre) qui cherche visiblement à (re)mettre la main sur Oeufcoque. En résumé, on retrouve donc tous les éléments qui permettent de mettre en place un scénario prometteur. D’autant plus qu’il faut ajouter le côté décadent de Mardock City. Clairement, ce n’est pas un lieu où il fait bon vivre si l’on est une jeune femme.
  
On remarquera en effet assez rapidement l’accent prononcé donné à la thématique sexuelle de l’œuvre. On se retrouve régulièrement à contempler Rune nue, sans raison vraiment évidente. De même, les thèmes de la prostitution et du viol sont au centre même de Mardock Scramble. Mais cela ne va pas s’arrêter là, et cela évoluera même vers quelque chose de plus étrange et fantasque, voire douteux, lorsque l’on découvrira les ennemis auxquels Rune devra faire face. L’un d’entre eux, par exemple, a pour lubie de se greffer des organes génitaux féminins au niveau de la paume de ses mains. Oui, pourquoi pas… C’est surprenant et sans doute pas vraiment pertinent. L’œuvre n’avait en tout cas pas besoin de cela pour réussir à aborder ces sujets de façon assez sordide et glauque que pour convaincre, ça c’est certain.
    
Pourtant, à côté de tout ça, on aura également l’occasion de se retrouver face à d’autres aspects de Mardock City. Des aspects et des paysages parfois plus contemplatifs, tels que lors du passage au « Paradis », centre au sein duquel Rune sera soignée. C’est dans ces moments-là que l’œuvre s’affiche avec davantage de personnalité, et met en avant des idées peut-être saugrenues, mais néanmoins intrigantes et nous donnant envie d’en découvrir plus. Hélas, nous n’aurons pas toujours l’occasion de le faire, la faute au fait que condenser 3 romans en 3 films d’une heure oblige inéluctablement à certaines concessions.
 
  


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