Dossier manga - Mamoru Hosoda - partie 2
Sommaire

Publié le Vendredi, 04 January 2019


Des thématiques récurrentes et toujours bien traitées


N'importe qui ayant vu ne serait-ce que deux films du réalisateur comprendra rapidement quelles sont ses thématiques fétiches. On parle bien évidemment ici de la famille et du fait de grandir. La famille est souvent le centre de ses long-métrages, dans toutes ses formes. On a la famille soudée de « Summer Wars », la famille éclatée du « Garçon et la Bête », la famille qui traverse les races des « Enfants loups, Ame et Yuki »  ou encore  celle qui se construit dans « Miraï, ma petite soeur ». « La Traversée du temps » est un peu à part dans cette série de film, car le réalisateur aura préféré y privilégier l'autre thématique (grandir) et l'amitié pour mettre la famille en second plan. Oui, la tante est importante dans ce contexte, étant une sorte de guide pour Makoto, mais à aucun moment elle n'est primordiale. En revanche, la relation entre Kyuta et Kumatetsu, entre tous les membres de la famille Jinnouichi, celles ci sont primordiales dans les films dans lesquels elles sont traitées.
Comment oublier la formidable relation entre Hana et ses deux enfants loups ? Elle qui avait déjà accepter un homme-luop comme conjoint, qui s'était résigné à accoucher naturellement de ses enfants pour ne pas effrayer un corps médical incrédule. Elle qui, une fois veuve, élèvera ses deux enfants si différents des autres en complète autarcie, jusqu'à aller s’installer en pleine montagne, pour qu'ils puissent y grandir librement. Elle qui sacrifiera tout son univers pour le bonheur de ses enfants... Cette mère courage aura toucher bon nombre d'entre nous et nous aura donner de sacré leçons de vie. Tout comme ses enfants, si différents l'un de l'autre, qui n'auront pas toujours eu la vie facile mais qui auront su se confronter au monde malgré leur particularité.  Et tout cela, ils auront pu le faire grâce au soutien et à l'amour indéfectible de leur mère.
Comment oublier cette relation fusionnelle entre Kyuta et Kumatetsu ? Deux personnages au caractère bien trempé qui apprendront pourtant l'un de l'autre. Qui évolueront l'un à côté de l'autre, qui se feront confiance. Malgré les disputes, malgré l'incompréhension parfois, chacun aime l'autre profondément. Une relation qui ressemblerait à s'y méprendre à celle d'un père et de son fils. Et c'est à la fin du film, dans le sacrifice de Kumatetsu que ce lien prendra véritablement tout son sens. Ce lien invisible et pourtant indéfectible qui comblera la part vide du cœur de Kyuta.
Comment oublier cette famille Jinnouichi et ses membres totalement hétéroclites et pourtant si soudés autour de la figure de la grand mère, cette héroïne dont la mort ne fera que renforcer ce lien. Un lien familial remontant à des temps très anciens et qui saura vaincre de nombreuses épreuves et permettra de transcender le temps et l'espace.
Comment oublier le début de la vie de cette petite Miraï qui va voir son frère avoir du mal à l'accepter et à partager ses parents, qui va voir son père devenir un homme au foyer, bon gré mal gré, et sa mère culpabilisée de ne pas être là pour s'occuper de ses enfants ? Cette famille qui va vivre de nombreuses premières expériences en ressortira grandit et plus soudée. Et si ce ne sont que de petits tracas du quotidien, ce sont de petits problèmes qui travaillent quasiment toutes les familles un jour ou l'autre, et qui rend « Miraï, ma petite soeur » si universel au fond, bien plus que ses précédents films. Et c'est pour ça que je vois dans ce film l'aboutissement d'une réflexion pour Mamoru Hosoda.
  
  
  
  
Pour ce qui est de la seconde thématique, les films où elle est particulièrement mise en avant, ce sont bien évidemment « La Traversée du Temps », « Les Enfants loups, Ame et Yuki »,  « Le Garçon et la bête » et enfin « Miraï, ma petite soeur ». On se souviendra de la prise de conscience de Makoto sur son avenir et sur sa relation avec ses amis. Rien n'est éternel et il faut savoir accepter le changement pour avancer dans la vie et trouver sa voie. Pour ce qui est d'Ame et Yuki, on suit deux enfants qui grandissent de manière totalement différente. L'un va mûrir d'un coup et faire corps avec sa partie de loup et la nature tandis que l'autre suivra sa partie humaine, malgré les difficultés qui se dresseront sur sa route. Celle qui aura finalement le plus de mal à voir grandir ses enfants et à l’accepter, ce sera leur mère, Hana  Pour ce qui est de Ren/Kyuta, c'est en prenant exemple sur son maître, Kumatetsu, en faisant de lui son modèle qu'il évoluera. C'est auprès de cet ours bourru qu'il trouvera une place alors qu'il rejetait le monde qui l'entourait. Enfin, dans le dernier film du réalisateur, le passage qui illustre vraiment cette thématique est très certainement celui du vélo. Kun va au parc avec son père pour apprendre à faire du vélo, mais ce dernier sera accaparer par Miraï et n'arrivera pas à l'aider comme l'enfant le voudrait. Puis, Kun fera la rencontre de son arrière grand père. Celui-ci le fera réfléchir sur lui même et lui permettra de trouver le courage de persévérer, même seul, même si son père ne le regarde pas.

Malgré la redondance de ces thématiques, aucun des films ne se ressemble. Mamoru Hosoda a su les adapter à chaque fois à des problématiques différentes, à des univers différents et surtout à des personnages très différents. Cela permet à chaque fois de renouveler son propos.
Il n'empêche que « Miraï, ma petite soeur » représente pour moi un certain aboutissement et que j'aimerais voir le réalisateur traiter d'autres thématiques. J'aimerais le voir prendre de nouveaux risques pour son prochain film et nous montrer qu'il a encore de très, TRES nombreuses choses sous le pied.
  
  


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