La Vie de Bouddha - Actualité manga
Dossier manga - La Vie de Bouddha

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Sommaire

Publié le Vendredi, 06 November 2015


Un voyage initiatique



L’Inde ancienne : royaumes, princes et austérités


L’histoire de Bouddha se déroule il y a 2500 ans. L’Inde ancienne est dirigée par des seigneurs, des princes, qui possèdent chacun une province. Tezuka décrit une société antique, lointaine, pour nous autres lecteurs européens, mais aussi pour les Japonais, lectorat de base du manga. À l’instar d’autres récits historiques, le dépaysement est là, et nous plongeons au cœur d’un monde vaste où se mêlent extrême richesse pour les uns et pauvreté totale pour les autres. L’élément le plus notable de l’Inde ancienne est donc, ici, le système de caste, encore en vigueur aujourd’hui, même si le système de castes trouve son équivalence dans toutes sociétés. Car quand Bouddha dénonce le système de castes, il combat les inégalités et les privilèges. La pauvreté est un thème crucial dans le manga. Elle génère par exemple un monceau de haine de certains personnages d’origines modestes, à l’instar de Tatta, et permet de développer des pistes scénaristiques. À l’inverse, le pouvoir monte à la tête des princes qui régissent le pays, et leurs névroses sont tout autant estimées par Bouddha. En effet, lorsqu’un prince perd l’esprit à cause de ses doutes, il est capable de lever une armée qui pille et tue. C’est pourquoi Bouddha a tout intérêt à apaiser leurs tourments.

Les austérités représentent une part importante du manga. Il s’agit de rituels consistant à supporter des douleurs extrêmes en marchant sur des surfaces coupantes, dans des ronces, se brûler, etc. Les moines des temps anciens pensaient ainsi fortifier l’esprit en tentant de résister à la douleur physique. Ils sont largement représentés dans le manga et Bouddha passera quelque temps avec eux. Lui-même s’y essaiera, avant de conclure que les bénéfices sont minimum en comparaison de la souffrance infligée. Mais cet élément est constitutif de l’environnement religieux de l’époque.




À travers la condition sociale et les dogmes


Malgré bien des freins dans son périple, Bouddha traverse son pays, assiste à la douleur du peuple et en revient à la même conclusion : le monde a besoin de paix. Certains princes, eux-mêmes en proie à des angoisses, sont favorables aux enseignements de Bouddha. D’autres au contraire, ne sont pas enclins à mieux servir le peuple, mais plutôt à l’asservir. De même, Bouddha a du mal à faire disparaitre la rancœur de son ami le paria Tatta, qui demeure un tueur bien qu’il a toutes les raisons d’en vouloir au roi du Kosala.

C’est une autre force de ce personnage central, il est révolutionnaire, puisqu’il remet constamment en cause l’ordre établi, mais il a le charisme nécessaire pour convaincre les décideurs réfracteurs de changer. Parfois du premier regard, parfois en les côtoyant longuement et en les affrontant d’abord. Nous en revenons donc au fait que la condition sociale est un point capital du manga, tant dans le fond (le propos) que la forme (les évènements décrit : les batailles, les tueries, les discours des personnages…).




Aux frontières de la fantasy


Si l’histoire de Bouddha puise ses fondements dans l’Histoire, notamment celle de l’Inde, elle est largement agrémentée d’éléments qui n’en font pas un simple récit biographique. D’une part, à l’évidence, Bouddha a des capacités spéciales et surnaturelles, la vision d’êtres supérieurs par exemple. Les divinités et nombre d’évènements relèvent du fantastique. Ensuite, l’allure générale des personnages, leurs tenues vestimentaires, la reconstitution de batailles, rapprochent l’œuvre d’une forme d’heroic fantasy. Tout cela pour dire que Tezuka ne néglige pas le divertissement dans ce récit, même s’il a une portée intellectuelle. Le surnaturel sert autant la fidélité de la légende d’origine que l’entertainment d’un récit de fantasy.


Boucler la boucle


Nous l’évoquions auparavant, le récit est consistant sur de nombreux passages, dans l’optique d’accréditer la force de certaines scènes et ne pas négliger l’impact de l’engagement de Bouddha. Le récit commence donc sans lui, et se termine dans une sorte d’accomplissement. Paradoxalement, c’était la fin la plus prévisible et en ce sens, le lecteur peut se montrer un peu déçu. Mais en tout cas, la boucle est bouclée, et il n’y a plus qu’à relire les tomes pour observer les actes de bravoure de Bouddha et contempler sa vie.
  



  
  

© 2007 by TEZUKA PRODUCTIONS

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