Dossier manga - Kongoh bancho

Reader Rating 19 /20

Sommaire

Publié le Vendredi, 02 May 2014


La quintessence du nekketsu

 

Si Kongoh Bancho apparait dans un premier temps comme un shonen assez bancal ne payant pas forcément de mine, la réalité est en fait tout autre. Comme on le dit, l’habit ne fait pas le moine et cette expression se vérifiera ici bien vite. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, si la série va effectivement piocher énormément d’idées à droite et à gauche et n’invente elle-même pas grand-chose, tout ce qu’elle fait, elle le fait avec une maitrise de tous les instants. Nakaba Suzuki n’a jamais prétendu et ne va jamais essayer de renouveler le genre. Par contre, il est tout simplement excellent lorsqu’il s’agit de tirer le meilleur du shonen et plus particulièrement du nekketsu pour créer un univers dénué pratiquement de toutes les tares habituelles et inhérentes aux récits de ce type. Prenons un exemple tout simple. Dans bon nombre de shonens jouant dans le même registre, le héros va rapidement faire la rencontre d’une jolie demoiselle qui sait tirer son épingle du jeu et, un peu plus tard, de la cruche de service secrètement amoureuse de lui ou de quelque chose qui s’en rapproche fortement. Et bien évidemment, on doit faire, tout du long de la série, avec la désagréable impression que notre héros bien aimé va finir avec la seconde. Bref, le genre de frustration typiquement inutile mais pourtant bien présente. Ici, il n’est pas question de cela. Akira rencontre Hinako et puis voilà. Ce ne sera pas vraiment spoiler que vous laissez imaginer la suite. Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ? Pourquoi devoir sans cesse nous frustrer et chercher milles et unes astuces pour nous pousser à vouloir connaitre la suite ? Avec Nakaba Suzuki, ces questions n’ont pas lieu d’être. Il va droit au but, ne s’enlise pas avec des complications inutiles et nous propose du fun à tous les niveaux, à tous les instants. Ni plus, ni moins. Un autre exemple valable étant les éternelles séances d’entrainement entre deux combats, toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Là non plus, le mangaka ne nous prend pas pour des idiots. Ses personnages deviennent plus forts, point barre. Il n’y a pas de raison à cela si ce n’est qu’ils sont encore plus énervés et qu’ils ont encore plus envie d’en découdre qu’auparavant ? Qu’importe ! Il joue franc jeu et ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis finis qui doivent forcément chercher de la cohérence là où elle est inutile. Pour faire simple, l’auteur ne nous contrarie jamais, ne rajoute aucun passage inutile juste là pour allonger un peu l’ensemble. Comme déjà mentionné auparavant, chaque tome fera preuve d’une densité impressionnante et on a en permanence l’impression de suivre une histoire qui avance à un très bon rythme.
  
  
  
  
 
Il sera également fort satisfaisant de constater que malgré un nombre tout simplement massif et impressionnant de personnages pour une série qui ne compte que 12 volumes, Nakaba Suzuki va systématiquement prendre le temps d’approfondir ne serait-ce qu’un minimum la grande majorité d’entre eux. Ce ne sont pas nécessairement de longs passages expliquant tout en détails, mais c’est néanmoins suffisamment conséquent que pour nous pousser à nous attacher un minimum à chacun. Dans le même ordre d’idée, l’auteur ne va pas non plus mettre systématiquement en scène Akira mais va donner à chacun de ses compagnons l’opportunité d’aller sur le devant de la scène et de se montrer à son avantage. Chacun d’entre eux pourra dès lors exploiter pleinement son potentiel et sera mis en avant de bien belle manière tant et si bien qu’au final, on a réellement l’impressionner de suivre les aventures d’un groupe soudé et complémentaire. Et il est nécessaire de préciser que ce ne sera pas une seule et unique fois, histoire de dire que voilà, c’est bon, untel a été mis en scène on peut l’oublier pour la suite. Que de contraire, cet état de fait sera vrai tout au long de la série. Là où d’autres auteurs ont tendance à toujours en revenir à leur héros principal pour venir conclure des affrontements interminables, Suzuki nous délivre des combats plus courts mais aussi beaucoup plus diversifié et nous montre une fois de plus qu’il a parfaitement compris comment gérer l’intégralité de ses protagonistes.
Bref, Kongoh Bancho ne cherche pas l’originalité au point d’en devenir trop abscons ou tout simplement ridicule. Il reste dans les sentiers battus mais, par contre, suit la route tracée avec une rigueur totale, ne se perdant pas en route, ne cherchant pas les complications inutiles. Mais ça ne veut pas dire pour autant que tout ce qui s’y trouve est déjà vu. Bien sûr que non. Cependant, tout est ici une question de dosage. L’auteur sait à tout moment jusqu’où il peut aller, que ce soit en termes d’humour, d’action, de retournements de situation ou de révélations fracassantes. Et il sait également jusqu’où il peut laisser vagabonder son imagination sans nous laisser en bord de chemin à un moment ou un autre. Du coup, il ne nous perd jamais mais nous satisfait pratiquement toujours parce qu’on sait ce qu’on est en droit d’attendre de lui et qu’il nous le délivre à chaque fois.
 
 

KONGOH BANCHO © 2008 Nakaba SUZUKI / Shogakukan Inc.

Suivre les commentaires du dossier

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News