Dossier manga - Kongoh bancho

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Publié le Vendredi, 02 May 2014


Un hommage aux banchos



Pour comprendre et apprécier la série à sa juste valeur, il est nécessaire de se rendre compte qu’elle part d’un hommage aux « banchos ». La description qui en est faite au sein de la série veut tout dire : Il s’agit d’hommes qui ne sont au jour d’aujourd’hui plus qu’un mythe. Des hommes qui venaient au secours des faibles, qui se battaient sans relâche jusqu’au bout, qu’importe s’ils devaient en mourir. Et seuls, ils étaient prêt à faire face à des hordes entières d’adversaires, qu’ils soient cent ou mille. Ils n’hésitaient pas à donner leur vie pour leurs amis, s’imposaient comme de véritables leaders charismatiques. Tout un programme donc, qui a au moins le mérite de donner directement le ton quant à la personnalité d’Akira Kongoh !
 
Historiquement, le terme « bancho » représentait en réalité un grade au sein de la garde impériale dans le Japon médiéval. Il peut également être considéré comme un dérivé de « tobancho », représentant là encore grade au sein de l’armée japonaise. Quoi qu’il en soit, dans le Japon du XXème siècle, le mot sera reprit pour désigner le chef d’un groupe de jeunes voyous. Ces leaders se veulent doués d’un énorme sens de l’honneur et peuvent régner sur un territoire assez large, couvrant plusieurs écoles. Mais les banchos se firent néanmoins de plus en plus rares et disparurent progressivement dans les années 70-80. Le terme va alors devenir un titre honorifique pour des personnes semblables à Akira Kongoh, et la connotation négative de celui-ci va être atténuée. En parallèle, le terme va également trouver sa place dans le monde du manga où ce genre de héros charismatique et imposant va se multiplier. Et c’est précisément à ce type d’œuvre que Nakaba Suzuki entend rendre hommage à travers sa série. Et comme nous ne tarderons pas à le voir, ce sera fait avec une franche réussite !
 
 
 
  
 
L’auteur va dès lors nous proposer une intrigue en apparence assez simple. Un mystérieux groupe d’ennemis, une organisation secrète, met en place le « projet des 23 arrondissements ». En effet, un bancho a été assigné à chaque arrondissement de Tokyo et, dès lors que celui-ci a pris le contrôle des lieux, il doit se battre en duel avec les autres banchos. Le tout, dans le but de créer un nouveau gouvernement et rebâtir le Japon à sa façon. Pour les arrêter, il n’y aura alors que notre héros, Akira Kongoh, et les amis qu’il se fera au fil de ses rencontres. Rien de bien original donc, mais de nombreuses surprises viendront cependant enrichir ce scenario de base au fil des tomes. Et au final, même si tout reste assez convenu, on est face à quelque chose qui sera l’air de rien assez solide et intéressant. Mais bien entendu, cette trame sera avant tout un prétexte de l’auteur pour mettre en scène une multitude combats rocambolesques et de plus en plus grandiloquents, souvent concis mais bien fichus. C’est bien cela qui sera la base même de l’œuvre et qui fera une bonne partie de son intérêt. Globalement, si la série s’avère donc assez prévisible, c’est surtout la manière avec laquelle le mangaka arrive à son but et les petits délires qu’il nous convie à partager avec lui qui viennent rendre l’œuvre aussi prenante et addictive. 
 
Cela dit, soyons clairs. Pour apprécier au mieux Kongoh Bancho, il ne faudra pas être rebuté par le parti-pris de l’auteur qui consiste à nous proposer une histoire assez kitsch et des personnages qui le sont parfois aussi. De même, il faudra adhérer au fait qu’il ne faille pas chercher une logique totale derrière chaque évènement qui se passe.  Mais ça, en soi, ce n’est vraiment pas un problème dans la mesure où, dès le départ, le côté improbable de l’œuvre est bien présent. Et Nakaba Suzuki ne va jamais perdre son temps à donner de longues et fastidieuses explications sur tout ce qu’il se passe. Du début à la fin, il ira droit au but, se contentant de nous donner l’utile et l’essentiel, et ne se sentant pas obligé de justifier tout et n’importe quoi. Et ça importe bien peu car, tout compte fait, ce que l’on cherche avant tout avec la série c’est du divertissement pur et dur, du grand spectacle et quelques moments de franche rigolade. Et là aussi, l’auteur fait tout ce que l’on pouvait espérer de lui. Et pour ne rien gâcher, il le fait avec un nombre de tomes relativement réduit. Chaque volume est dense et riche mais jamais indigeste pour autant. Et les raisons à cela seront justement évoquées dans la partie suivante du dossier.
 
 

KONGOH BANCHO © 2008 Nakaba SUZUKI / Shogakukan Inc.

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